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Deepak fait son cinéma

21 août 2004, 20:00

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Il a le sourire facile et les yeux qui brillent. Son visage exprime ses émotions, ses coups de cœur et sa passion du cinéma. À 24 ans, Deepak Leelumber a joué dans deux court-métrages qui ont été nominés au Festival éponyme.

La première fois en l’an 2000, dans Le meurtrier à la rose, et la deuxième en 2001 dans Le couloir de la vie à la mort.

Tout commence quelques mois avant le Festival de court métrage organisé en l’an 2000 par la Mauritius Film Development Corporation. Deepak, Khema Miguel, Bruno Miguel et quelques amis décident de monter un groupe pour s’adonner à leur passion pour le cinéma. « Le Majuscule » prend forme.

Des amis se réunissent après le boulot pour mettre en place des sketchs. Sous la houlette de Khema et Bruno, qui ont fait leurs premières armes sur les planches dans une troupe de théâtre, Deepak et ses amis apprennent les ficelles du métier.

Puis, l’idée leur vient de présenter un court métrage, Le meurtrier à la rose, au festival. Khema s’attelle au scénario et Bruno distribue les rôles. Deepak est Howard, l’un des trois policiers dans le film : « Ce n’est pas évident d’interpréter un rôle, surtout qu’on n’a jamais pris de cours d’art dramatique. Bruno m’a aidé à me mettre dans la peau d’un flic. J’ai vu beaucoup de polars et j’ai observé les policiers. Puis, je suis entré dans mon rôle. »

Pendant un mois, le groupe met les bouchées doubles, répétant et tournant après le travail, pendant le week-end et la nuit. Deepak s’investit à fond et aide également aux prises de vue. Résultat, Le meurtrier à la rose est nominé au festival.

Un début prometteur qui pousse « Le Majuscule » à enchaîner des sketchs. L’année suivante, ils se présentent au festival avec un court-métrage sur le sida.

« Nous voulions à travers Le couloir de la vie à la mort sensibiliser les jeunes au sida, les mettre en garde contre un style de vie qui pourrait les amener à contracter cette maladie, et surtout sensibiliser les parents », explique Deepak.

Le tournage est difficile, car le sujet est très délicat. Le personnage principal, Kelly, une jeune droguée, échoue dans un centre après avoir été rejetée par ses parents qui ont appris sa séropositivité. Le père, homme influent, et la mère, complètement sous la coupe de son mari, passent le plus clair de leur temps dans des dîners et cocktails, délaissant leur fille qui finit par tomber dans la drogue. Par peur d’être montrés du doigt, ils préfèrent renier leur enfant malade. Mais alors que Kelly est sur le point de mourir, les parents, sur l’insistance du directeur du centre, décident de renouer avec elle. Mais ils arrivent trop tard…

Le scénario est classique, mais l’on retient avant tout le message qui clôt cette oeuvre : « Réagissez avant qu’il ne soit trop tard ». Un avertissement dédié aux parents mais aussi à la société et aux décideurs.

« Je joue l’un des sidéens du centre. J’écoute Kelly raconter son histoire, comment elle a basculé. Mais en même temps, j’ai pris conscience de la mort, de la souffrance qui accompagne chaque jour les malades du sida. Je les vois maintenant autrement », raconte Deepak. Chaque personnage qu’il interprète – il a également mis en scène le court métrage – lui donne un peu plus envie de faire carrière dans le cinéma.

Sa prochaine étape, prendre des cours d’art dramatique, ici ou ailleurs. Pour étoffer ses connaissances. En attendant, il regarde en moyenne dix films par semaine, parfois plus. « Je suis un boulimique de films, européens et indiens. L’œuvre qui m’a le plus marqué, La ligne verte. Le personnage de John Coffee est inégalable. J’aime aussi Louis de Funès pour ses mimiques que j’imite de temps en temps », confie Deepak.

Travaillant à la conciergerie de l’hôtel Hilton, le jeune homme s’est fait des amis venant des quatre coins du monde. « J’aime rencontrer des gens différents ; à travers eux, je découvre des univers divers et passionnants. C’est une façon de s’ouvrir aux autres. »

Deepak Leelumber a tourné dans deux court-métrages : Le meurtrier à la rose et Le couloir de la vie à la mort.

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