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SADC : quelles perspectives pour le Protocole sur le commerce

21 août 2004, 20:00

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Si la récente réunion de la Sadc a mis l’accent sur le combat pour la démocratie et les droits de l’homme, le commerce a une importance tout aussi capitale pour les pays membres de cette organisation. En effet, le Protocole sur le commerce est en vigueur depuis quatre ans avec pour résultat que plus de 47 % des produits commercialisés dans la région ont été complètement détaxés.

L’engagement des membres de la SADC vise l’exemption de la taxe sur 85 % du commerce en 2008. Les 15 % restants sont des produits sensibles. Ils seront graduellement détaxés à partir de 2008 pour arriver à une exemption totale de la taxe sur tous les produits en 2012.

« Il y aura certainement de sérieuses difficultés pour certains pays de la SADC en termes d’ajustement car il faudra prendre en ligne de compte les pertes de revenus pour les États, sans oublier les possibilités de pertes d’emplois et les fermetures d’usines », déclare Assad Buglah, directeur du Trade Policy Department au ministère des Affaires étrangères et de la coopération régionale. Il a fallu cinq ans de négociations pour arriver à un accord sur les 15 % relatifs aux produits sensibles. « Si le calendrier sur les produits sensibles est maintenu pour 2012, nous serons toujours en conformité avec les dispositions de L’OMC car une part substantielle du commerce intra-Sadec (85 %) sera effectuée dans une zone de libre-échange en 2008 », explique Assad Buglah.

Tout est mis en œuvre actuellement afin que ce Protocole connaisse une croissance accélérée après une période de rodage. Les pays membres de la SADC ont passé en revue les objectifs de cet accord afin de mesurer son impact sur leurs économies. Ils analyseront les difficultés rencontrées lors de cette période d’application transitoire.

Il est important de souligner que la Sadc constitue un marché de 240 millions d’habitants. Ce marché donnera la possibilité aux opérateurs mauriciens qui sont contraints à un petit marché domestique de prendre avantage de ce gigantesque marché. « Le marché sera désormais ouvert à tous les pays de la région. J’espère que le gouvernement est conscient des dangers qui nous guettent. Il faut les identifier. Nous devons toutefois être réalistes », déclare Jacques Li Wan Po, le président de L’Association of Mauritian Manufacturers.

Si du côté des opérateurs économiques il y a une appréhension sur la capacité à faire face à la compétition découlant du démantèlement des barrières tarifaires, certains sont convaincus qu’avec l’ouverture d’un si vaste marché des opportunités réelles se présenteront.

La crainte est que l’Afrique du Sud avec son potentiel immense et son vaste marché intérieur représente une menace. Cette appréhension est d’autant plus grande que ce pays est perçu comme une puissance économique régionale.

« Il faudra redéfinir ce qu’on appelle le level playing field. Et cela à chaque fois que nos intérêts seront en danger. Il ne faudra pas attendre le dernier moment pour réagir », déclare avec force Jacques Li Wan Po.

Les dispositions de ce Protocole sur le commerce favoriseraient-elles l’intensification du commerce intra-Sadc ou est-ce un cul-de-sac pour certains pays de cette région ?

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