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Quand le combat des Verts irrite le gouvernement...
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Quand le combat des Verts irrite le gouvernement...
Les Verts n?en démordent pas. Le parti du ministre Sylvio Michel accentue la pression sur le gouvernement. Dans son combat pour qu?une compensation soit payée aux descendants d?esclaves, ce parti organise une marche de protestation ce matin dans les rues de la capitale.
« Notre combat est légitime et notre revendication faisait partie d?un accord électoral. Bisin respecté sa l?accord là », insiste Elie Michel, le frère du ministre. C?est justement ce point qui crée la division entre les Verts et les autres partenaires du gouvernement. A sa conférence de presse d?hier, le Premier ministre a rappelé, une fois encore, qu?il « n?a jamais été question de payer une quelconque compensation aux descendants d?esclaves ou de coolies ».
Pas dans le programme electoral
Paul Bérenger a essayé, il y a trois semaines, de ramener son « vieil ami » Sylvio Michel à la raison. Les deux hommes ont eu un long tête-à-tête au cours duquel ils ont passé en revue la question de compensation. « Je lui ai expliqué que le gouvernement a respecté tout ce qui était convenu dans le programme électoral. Et que la question d?une compensation financière n?y figurait pas », nous a confié Paul Bérenger.
Mais cette explication n?a pas calmé les ardeurs des Verts, bien au contraire. « Nous ne voyons aucun signe que les choses vont évoluer », laisse échapper Elie Michel. C?est ainsi qu?outre la manifestation d?aujourd?hui, les Verts ont approché un légiste britannique, Me Stephen Cross, pour qu?il étudie le dossier en vue d?explorer les recours juridiques. « On ne va pas baisser les bras. Nous n?acceptons pas d?être des laissés-pour-compte. »
Au gouvernement, cette manifestation n?est pas vue d?un bon ?il. « Le gouvernement n?a pas besoin de cela, d?autant que cette action provient d?un partenaire de notre alliance », confie un ministre MMM. Le Premier ministre, lui, ne veut pas s?aventurer à d?autres commentaires. Manifestement, à l?approche des prochaines législatives il ne veut pas froisser une section de la population : « On verra ce qui se passera demain (ndlr : aujourd?hui) et après-demain, on verra. De toute façon, je souhaite que les verts demeurent notre allié aux élections. Et s?il nous faut discuter de la question de compensation dans notre prochain manifeste électoral, on le fera? »
Le litige entre les Verts et le MSM-MMM remonte en l?an 2000, avant la conclusion de l?accord de Medpoint. Les Verts de Sylvio Michel avaient conclu un arrangement électoral avec Sir Anerood Jugnauth, alors leader du MSM. Par la suite, ce dernier s?est allié au MMM de Paul Bérenger. Finalement, après d?âpres discussions, le parti de Sylvio Michel a sauvegardé deux tickets : un pour le leader lui-même et l?autre pour Jean-Claude Armance.
Pas de symbole sur les affiches
Malgré cela, le parti ne s?est jamais senti tout à fait à l?aise au sein du gouvernement selon plusieurs membres des Verts. Pour cause : leur couleur et leur symbole n?ont jamais figuré sur les affiches de l?alliance. Ce qui avait provoqué cette déclaration de Sylvio Michel, faite à l?express dimanche en avril 2004, à quelques jours du meeting du 1er mai : « Nous avons l?impression d?être accessoirement des partenaires et notre rôle est confiné à celui de spectateurs. »
Et aujourd?hui, à Port-Louis, les Verts ne veulent plus être des spectateurs. Ils descendent dans la rue pour crier leur ras-le-bol?
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