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Damien Touya, le zorro en or
Jamais le sabre par équipe n'avait encore offert à la France une médaille d'or olympique. Jamais un tireur n'était monté sur la première marche du podium de l'escrime après avoir eu la main transpercée par l'arme d'un adversaire le matin même. Damien Touya a donc fait coup double jeudi à Athènes, sa dernière touche victorieuse face à Luigi Tarantino ayant permis à son équipe de battre l'Italie 45-42 en finale, lors d'une compétition du sabre forte en émotions.
Le matin en demi-finale, l'aîné des Touya avait eu la main transpercée par l'arme de l'Américain Keeth Smart. A un moment crucial, alors que les deux équipes, à égalité 44-44, allaient se départager sur l'assaut décisif. Après de longues minutes de soins sur la piste, Damien reprenait le combat, et portait magistralement l'estocade à Smart et aux Américains.
Quelques heures et plusieurs points de suture plus tard, il remettait le couvert face aux Italiens. A la dernière rotation, Julien Pillet lui avait laissé un point de retard, l'Italie menant 40-39.
Sa main droite « anesthésiée, recousue, collée » selon Christian Peeters, l'entraîneur des sabreurs, alignait alors quatre touches successives face à Tarantino. La France menait 43-40. Elle l'emportait 45-42.
« Il y a un an, on était au fond du trou. On a su se ressourcer, travailler. C'est une magnifique récompense pour tous les mois de galères traversés », a déclaré Damien Touya, qui à 29 ans touche enfin l'or olympique, après le bronze en individuel à Atlanta en 1996 et le bronze par équipe en 2000 à Sydney.
« Cette blessure m'a inquiété, je ne savais pas si je serais à 100 % en finale. Au fur et à mesure des touches, j'ai vu que ça tenait, je suis allé au bout de mes rêves », a-t-il ajouté.
Sa blessure, « effarante » selon Peeters l'entraîneur des sabreurs, a donc été traitée dans l'urgence. « Après les soins, reçus dans une maison proche réservée aux remplaçants, Damien a fait un entraînement. Il a eu mal à la première touche, puis a dit OK. C'est à trois-quarts d'heure de la finale que la décision de sa participation a été prise », explique Peeters.
Si Damien Touya n'avait pas tiré, le dernier assaut aurait été disputé par le remplaçant Boris Sanson. Il n'est finalement jamais monté sur la piste.
Dans la foulée de l'historique médaille d'or olympique par équipes du sabre français, Damien Touya songe déjà à se retirer des pistes.
Entré en équipe de France en 1995, Damien Touya avait été médaillé olympique de bronze en individuel en 1996 et champion du monde en 1999. « Nous venons d'écrire une belle histoire avec enfin un mot 'fin' à toutes nos galères vécues depuis deux ans. Je ne voulais pas finir ma carrière sur une fausse note.
« Il vaut mieux s'arrêter quand on est au sommet plutôt que quand on est en train de dégringoler, donc j'y songe sérieusement », avoue le pilier de l'équipe de France de sabre.
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