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Criminalité : pas de quoi s?affoler mais...

20 août 2004, 20:00

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Pas de panique : si le taux de criminalité a augmenté à Maurice ? il a doublé pendant les trois dernières années ? il reste bas par rapport aux autres pays. Toutefois, le gouvernement et la police restent vigilants : une hausse soutenue de ce taux dans le moyen terme pourrait mettre en péril la survie économique du pays.

«Si nous n?arrivons pas à contenir ou réduire l?impact du crime, ceci aura un impact négatif sur le tourisme», a prévenu Paul Béren-ger, le Premier ministre, hier. Il présentait l?étude sur la criminalité à Maurice réalisée par la police et Safer Africa.

Ce sondage indique qu?il y a eu une augmentation régulière et considérable de crimes depuis l?an 2000. L?an dernier, plus de 15 Mauriciens sur 100 ont été concernés par un crime. La criminalité, selon Safer Africa, comprend trois catégories d?infractions: crimes, délits et contraventions.

Les contraventions représentent 78,9 % des crimes. La catégorie «crime» (qui comprend meurtres, assassinats et viols entre autres) représente seulement 3,9 % des infractions commises en 2003. La tendance est stable.

Le murder rate pour Maurice est de 2 pour chaque 100 000 habitants, ce qui se compare favorablement aux pays comme les Seychelles (7 sur 100 000) ou la Jamaïque (32 sur 100 000). Le rapport note que le taux de crimes violents à Maurice est faible, ce qui indique que la violence n?y est pas endémique.

Neuf contraventions sur dix sont liées à la circulation automobile à Maurice. Près de 140 000 procès-verbaux ont été dressés à l?encontre d?automobilistes, principalement pour excès de vitesse, conduite dangereuse et insouciante et la conduite sous l?influence de l?alcool. Le nombre d?infractions routières est passé de 86 772 en 2001 à 139 280 en 2003.

Autre infraction courante : celle qui vise la propriété individuelle. Le vol d?accessoires automobiles a doublé entre 2001 et 2003. Celui de téléphones portables a triplé et celui d?automobiles a plus que doublé. La hausse de ces types d?infraction est une source d?inquiétude, et le rapport souligne que des mesures doivent être prises. Le point commun entre ces infractions sont des biens de forte valeur pouvant être facilement transportés, dissimulés et écoulés.

Le vol de téléphones portables a été identifié comme une nouvelle tendance criminelle. Et malgré des mesures prises (enregistrement de la carte SIM), le rapport souligne qu?un travail supplémentaire est nécessaire. Les vols avec circonstances aggravantes ont passé de 273 à 68 incidents. Les simples tentatives de vol ont également baissé.

Les cas de violence domestique sont passés de 12 051 en 2001 à 12 425 en 2003. L?étude montre que la violence domestique a été historiquement sous-estimée et sous-enregistrée, mais il existe aujourd?hui une plus grande conscience des victimes, ce qui les pousse à porter plainte.

Pour ce qui est de la moralité il y a aussi plus de crimes. Les actes d?indécence en public sont passés de 58 cas en 2001 à 105 en 2003, ce qui représente une augmentation de 44,8 %. Dans le cas de la sodomie, l?augmentation affiche 12,1 %, et le viol 18 %. Les relations sexuelles avec mineures de moins de 16 ans ont augmenté de 27,8 % passant de 83 incidents en 2001 à 115 incidents en 2003. Aucun cas de bestialité n?a été enregistré l?an dernier.

Concernant les infractions liées à la fraude, l?émission de chèques sans provision est en hausse avec une augmentation de 196 cas en 2003 par rapport à 2001. L?escroquerie a baissé, passant de 577 cas en 2001 à 324 en 2003. Les infractions relatives à la monnaie ont aussi baissé, passant de 67 en 2001 à 31 en 2003.

Les contraventions comprises dans la loi sur les drogues dangereuses ont pris l?ascenseur. Cette hausse dans les chiffres est attribuée à un traitement efficace (saisies de drogue etc...). L?efficacité améliorée des saisies peut-être attribuée aux actions de l?ADSU et de la Flying Squad.

« L?augmentation détectée doit être cause d?inquiétude. Puisque davantage de drogues sont saisies, davantage de substances arrivent sur l?île », note le rapport. L?étude sur la criminalité servira d?outil à la police pour mieux gérer la cri-minalité. Un atelier de travail national aura lieu en octobre pour analyser le contenu et les recommandations du rapport.

«Nous voulons développer des stratégies qui nous permettront de mieux répondre aux nouvelles tendances de la criminalité à Maurice », explique Ramanooj Gopalsingh, le commissaire de police.

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