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L’incroyable Griffith

19 août 2004, 20:00

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Florence Griffith commence à courir à l’âge de sept ans, mais est contrainte d’abandonner le sport à 19 ans pour soutenir sa famille. Elle est employée de banque lorsque l’entraîneur Bob Kersee la découvre. Et, c’est la grande aventure qui débute pour “Flojo”.

Elle fait ses débuts en 1978. Sa progression est lente. Elle participe à la Coupe du monde 1981 à Rome comme membre de l’équipe américaine du 4x100m. Au Championnat du monde de 1983, elle ne termine qu’à la quatrième place du 200m avec un chrono de 22’’23.

En 1984, elle passe à 10’’99 au 100m et 22’’04 au 200m et termine 2e des Jeux de Los Angeles. Elle régresse en 1985 – 11’ au 100m et 21’’96 au 200m –, prend du poids en 86 et parle d’abandonner la compétition ne réussissant, cette année-là, que 11’’42 et 23’’51.

Elle revient en 1987 à 10’’96 et 21’’96, obtenant une nouvelle médaille d’argent au Championnat du monde à Rome.

Le 16 juillet 1988, aux épreuves de qualification américaines pour les JO, Flojo fait sensation en courant le 100m en 10’’49, effaçant ainsi le précédent record de 10’’79 établi par Evelyn Ashford. Son temps est même meilleur que certains hommes dans plusieurs pays, dont l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège et la Turquie.

Aux Jeux de Séoul, elle devient l’incarnation de la vitesse. Elle améliore à deux reprises le record olympique du 100m et remporte aisément la finale en 10’’54, aidée par le vent.

Trois jours plus tard, dans les demi-finales, elle bat le record du monde du 200m – établi neuf ans auparavant – puis, 100 minutes plus tard, elle établit un autre record du monde dans la finale, avec un temps de 21’’34. Ses records dans les épreuves du 100m et 200m restent à battre !

Elle remporta deux autres médailles soit l’or au 4x100m et l’argent au 4x400m.

Mais coup dur pour l’athlétisme mondial en 89. Devenue brusquement un symbole troublant, voir inquiétant, à la suite d’une spectaculaire transformation morphologique, , elle se retirera tout aussi mystérieusement qu’elle était parvenue au sommet.

Y a-t-il eu une recette derrière cette hallucinante réussite ?

Les protéines à haute dose, les acides aminés auraient été l’unique cause de sa progression. On veut bien mais…

Certes, aucun des tests antidopage dont elle fut l’objet, n’a prouvé le contraire. La reine des abeilles du sprint ne s’est d’ailleurs pas privée de donner des coups d’aiguillon à ceux qui, tels que Carl Lewis, avaient douté de la légitimité de sa réussite.

Sa mort subite dans son sommeil en septembre 1998, avait, cependant, suscité bon nombre de questions. Etait-elle décédée d’un arrêt cardiaque ou d’un accident cérébral ? Plus de cinq ans plus tard, le mystère est toujours intact.

Florence Griffith, qui était mère d’une petite fille, a emporté son secret avec elle. Quant à ses adversaires, faute de potion miracle, elles peuvent miser sur une passion magique pour tenter de la rejoindre.

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