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Zalok : à la conquête de son âme d?enfant
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Zalok : à la conquête de son âme d?enfant
Un léger sourire. Des dents bien blanches qui se découvrent de plus en plus. Jusqu?à devenir un rictus. Un sourire carnassier. Assoiffé de chair fraîche. De viande humaine. ?Nou viv dan enn sosiete ki manz dimoun. Pas moi ki dir sa, bann zenfan ki dir sa?, soutient Henri Favory.
Nous serions donc des cannibales. Non, ne soyez pas étonnés. Pour s?en convaincre davantage, petit coup d??il au répertoire des savoureuses expressions en créole : ?Manz ar li?, dit-on pour être in, sans compter ?Sakenn manz so kamarad ?.
Autant de matière vive que le metteur en scène reprendra dans sa nouvelle pièce, Zalok, qui sera jouée à 20 heures ce soir au théâtre de Port-Louis. ?Pa dimann moi ki Zalok ve dir,? prévenait Henri Favory lors de la présentation du Festival de théâtre de Port-Louis. Pourquoi tenter de donner un sens à ces mots bizarres, parfois tronqués et de prime abord farfelus, des enfants ?
Henri Favory a décidé de s?y prendre autrement. De canaliser le loufoque pour en faire un tout signifiant non dénué de poésie. La dernière pièce du festival de théâtre, qui s?achève dimanche, est donc une invitation à retrouver son âme d?enfant. Une manière tour à tour émouvante, douce et feutrée, avec sa dose d?acidité, de pousser la porte d?un univers dont les adultes ont perdu la clé. Un monde à la naïveté qui devient assassine à force de déconstruire la réalité.
Une démarche initiée au cours des 30 ans qu?Henri Favory a passés dans l?enseignement. Trois décennies à inculquer les maths, la géographie, mais aussi à donner à ce métier les dimensions d?un pédagogue de la vie. A tendre l?oreille. Rester à l?affût des trouvailles fleurissant sans contrainte au cours des ateliers d?improvisation où ?mo pa impose okenn tem?, pour éviter les blocages.
Ainsi libérés des carcans, de cette compétition qui tue la créativité ? ?moi mo bann zenfan zame partisip dan konkour teat? ? les élèves du primaire et du secondaire ont laissé s?épanouir leur sensibilité. Elle a été canalisée par Henri Favory en 15 courtes pièces regroupées sous le titre de Zalok. La plus brève : Pomme, met en scène, l?espace de 40 secondes, un couple inquiétant.
Dans le garage qui sert de local de répétition à la Troupe Favory, Virginie Sénèque, qui joue la mère, berce un nouveau-né imaginaire. Sur ce, arrive Jean-Noël Lefou. Il est l?image du jeune père fier de sa descendance. Une candeur qui en quelques secondes bascule dans l?horreur quand on comprend que ces parents à la démarche anodine s?apprêtent à manger cet enfant. Idem pour Kari masala, autre courte pièce où deux collégiennes se chamaillent d?abord à cause d?un garçon puis à cause d?un plat. Les parents excédés les feront taire de la manière forte. Une brutalité que parents et enfants reconnaîtront car Zalok se veut aussi ?une amorce de dialogue entre les jeunes de 10 à 17 ans avec les parents, éducateurs et décideurs?.
Zalok sera jouée pour la seconde fois dimanche au théâtre de Port Louis à 14 heures. Prix des billets : Rs 100. Ils sont en vente au guichet du théâtre de Port-Louis et chez Immedia, agence qui assure l?organisation du festival.
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