Publicité
Douche froide pour Sharon au sein de son parti
Par
Partager cet article
Douche froide pour Sharon au sein de son parti
Le Likoud d?Ariel Sharon a infligé au Premier ministre israélien un cinglant revers en s?opposant par un vote à la constitution d?une coalition avec les travaillistes, étape importante pour la promotion de son plan de désengagement de la bande de Gaza.
Les 3 000 membres du Comité central du Likoud ont soutenu mercredi soir à 58% une motion visant à interdire à Sharon de permettre aux travaillistes d?entrer au gouvernement.
La motion n?est toutefois pas contraignante, et Sharon a fait savoir qu?il persisterait dans son projet de désengagement, qui vise à évacuer soldats et colons de la majeure partie de la bande de Gaza, et auquel une partie du Likoud est hostile.
Mais la présence du Parti travailliste au gouvernement lui assurerait une majorité parlementaire dont il aura besoin pour faire entériner son projet de retrait, l?an prochain.
D?après les sondages, une majorité d?Israéliens sont favorables à une évacuation des colons juifs de la bande de Gaza. Ils considèrent en effet ce territoire comme un fardeau, tandis que les ultras du Likoud estiment que renoncer à des territoires pris par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967 reviendrait à ?récompenser le terrorisme palestinien?.
Oppostion extrémiste
Avant que les délégués ne votent, Ariel Sharon était venu mercredi soir devant la Convention et avait pris la parole pour dire qu??A certains moment dans son existence, une nation doit prendre des décisions difficiles. Israël en est arrivé à ce point-là?.
Sharon avait été contraint d?élever la voix pour couvrir le chahut de l?aile droite de son parti, qui scandait ?Oui au Likoud, non aux travaillistes.?
?Il nous faut choisir: le Likoud va-t-il continuer à diriger le pays d?une manière unie, responsable et digne d?un Etat, ou le Likoud est-il dirigé par une opposition extrémiste, rebelle et irresponsable??, a-t-il ajouté.
Sharon a déjà fait valoir qu?en l?absence de toute initiative de la part d?Israël pour mettre fin aux violences qui l?opposent depuis près de quatre ans aux Palestiniens il s?expose à une solution imposée de l?extérieur, qui pourrait mettre en péril sa sécurité en le contraignant à quitter totalement certains territoires.
Si Sharon décide de passer outre l?hostilité du Likoud à sa démarche, il pourrait diviser ce dernier ou déclencher la tenue d?élections anticipées qui reporteraient à plus tard la mise en oeuvre de son plan de retrait de Gaza.
Le quotidien israélien Haaretz cite jeudi les propos du député travailliste Dalia Itzik, qui regrette le vote du Likoud, lequel pourrait selon lui affaiblir Sharon et provoquer des élections anticipées.
Les délégués du Comité central du Likoud, considérés comme étant plus à droite que la majorité de l?électorat du parti, a également rejeté à une étroite marge une motion de Sharon où ce dernier demandait la permission de négocier avec des partis ?sionistes? non identifiés en vue d?élargir sa coalition.
PALESTINE
<B>Arafat reconnaît ses erreurs et promet des changements</B>
■ Yasser Arafat a reconnu mercredi avoir pu commettre des erreurs, pour la première fois depuis le début des troubles qui ont éclaté en juillet contre la corruption régnant au sein de l?Autorité palestinienne qu?il préside.
Il n?est pas coutumier de la part du leader historique de la révolution palestinienne d?admettre ses erreurs, aussi son mea culpa devant le Conseil législatif palestinien réuni à Ramallah peut-il être considéré comme à marquer d?une pierre blanche.
?Personne n?est à l?abri d?erreurs, ni moi ni les gens sous mon autorité. Même les prophètes commettent des erreurs?, a-t-il reconnu dans sa première allocution adressée aux députés palestiniens depuis le début des troubles interpalestiniens.
Des Palestiniens armés réclamant une réforme des services de sécurité et le limogeage des responsables corrompus se sont livrés depuis le mois de juillet à des enlèvements, des incendies et des affrontements avec la police autonome, mais jamais Arafat lui-même n?a été mis en cause. ?Il y a eu de mauvaises actions, de la part de certaines institutions, et certains irresponsables ont abusé de leurs fonctions. Il nous faut corriger toutes ces erreurs et procéder à des réformes?, a reconnu le vieux raïs palestinien, sans rentrer dans les détails. Le ministre et négociateur Saëb Erekat, l?un des Palestiniens les plus connus à l?étranger, a exprimé l?espoir que les promesses du president Arafat seraient rapidement concrétisées: ?C?est la chose la plus importante que le peuple palestinien souhaite. Il veut des réformes, de la transparence et que les gens rendent des comptes.? Mais une rencontre avec des députés réformateurs, mercredi soir - la dernière d?une série de réunions consenties par Arafat pour contenter l?aile réformiste du parlement palestinien - n?a rien donné.
?La situation en Palestine ne peut attendre plus longtemps?, a déclaré Djamal al Chathi, l?un des députés présents.
Les troubles interpalestiniens traduisent partiellement un antagonisme entre la ?vieille garde? qui entoure Arafat et la nouvelle génération de dirigeants palestiniens qui avancent leurs pions en prévision du retrait annoncé d?Israël de la bande Gaza avant la fin de 2005.
Mais Arafat a imputé ces turbulences à Israël,lui reprochant d?avoir neutralisé les services de sécurité afin de créer le chaos dans les territoires palestiniens. ?C?est l?occupation qui est responsable principalement de cette situation?, a-t-il martelé.
INCULPATION
<B>Non-lieu accordé à Sharon</B>
■ La Haute cour israélienne a annoncé hier qu?elle soutenait la décision du procureur général israélien Menachem Mazuz de renoncer à inculper le Premier ministre israélien Ariel Sharon dans l?affaire de corruption dite de ?l?île grecque?. Invoquant le manque de preuves, Menachem Mazuz avait décidé en juin de classer cette affaire, provoquant une levée de bouclier de l?opposition. Deux députés de gauche, Yossi Sarid (Meretz) et Eitan Cabel (Parti travailliste), avaient lancé une pétition pour demander à la Cour d?invalider la décision du procureur général, soutenus en cela par l?organisme anti-corruption ?Mouvement pour un gouvernement de qualité?. ?Les pétitions ne contiennent pas d?éléments conduisant la Cour à intervenir dans la décision du procureur général?, peut-on lire dans l?acte publié hier par la Haute cour. Selon Yossi Sarid, pour qui Mazuz s?est davantage conduit en avocat qu?en procureur, cette décision n?est pas une surprise. ?Nous sommes déçus mais pas vraiment surpris car la charge de travail des tribunaux est sans doute trop lourde et les juges n?ont peut-être plus la force de réparer (les manquements) de l?Etat?, a-t-il déclaré. Six des sept membres de la Haute cour ont donc choisi d?approuver la décision de Mazuz, qui était elle-même en contradiction avec une recommandation émise en mars par Edna Arbel, procureur de l?Etat israélien. Cette dernière avait conclu qu?il existait suffisamment d?éléments pour accuser Sharon de corruption dans une affaire immobilière dans laquelle sont impliqués un de ses fils, Gilad, et David Appel, promoteur immobilier très influent au sein du Likoud, la formation du Premier ministre. Selon Edna Arbel, Appel aurait versé des centaines de milliers de dollars à Gilad Sharon - qu?il avait embauché à la fin des années 1990 comme conseiller - pour qu?il persuade son père de l?aider à promouvoir un programme immobilier sur une île grecque, programme qui, finalement, n?a pas vu le jour. Ariel Sharon était à l?époque ministre des Affaires étrangères, et les soupçons portaient notamment sur la question de savoir s?il a tenté d?obtenir le feu vert du gouvernement grec pour ce projet immobilier.
<B>Mark HEINRICH</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents