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Lutte contre le blanchiment : Les lois ne suffisent pas

19 août 2004, 20:00

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La lutte contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme ne se limite pas à passer des lois et à créer des institutions. Il faut surtout s?assurer que le système marche et que les institutions concernées coopèrent.

C?est le constat hier du président de la République, Sir Anerood Jugnauth, et du ministre de l?Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram, à l?occasion de l?ouverture du Conseil des ministres de l?Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG). Cette instance est en quelque sorte la branche régionale de la Financial Action Task Force (FATF) qui a pour but de coordonner la lutte contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme à travers le monde.

Faisant le point sur l?expérience mauricienne dans ce domaine, Sir Anerood a déclaré que prendre position et faire des lois ne suffit pas sans une forte volonté politique afin de faire fonctionner les systèmes de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. ?Il faut surtout veiller à ce que les différents acteurs travaillent effectivement ensemble et qu?ils aient un agenda commun et une coordination pour s?attaquer à ce problème qui affecte la société en général. Au cours de ces deux dernières années, nous avons vu chez nous qu?il ne s?agissait pas uniquement de créer des institutions et de voter des lois.?

Des ingrédients qui font la différence

La coopération et la coordination sont des ingrédients qui peuvent faire la différence et aider le pays à respecter les engagements pris au niveau régional et international. Le ministre Khushiram a rappelé les nombreuses initiatives prises par les autorités au cours de ces trois dernières années pour créer un système institutionnel et légal de lutte contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme.

Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont d?ailleurs favorablement noté les efforts de Maurice dans ce domaine dans le dernier Financial Services Assessment Program. Parmi la série d?actions prises Sushil Khushiram a évoqué la création de la Financial Intelligence Unit (FIU) et de l?Independent Commission against Corruption (Icac). ?La FIU, qui a rapidement progressé et presque atteint sa vitesse de croisière, a été admise au sein de l?Egmont Group l?année dernière. L?Icac a été plus lente en raison d?un manque des bonnes techniques d?investigation et d?expertise.?

Le ministre Khushiram a ajouté que l?efficacité du système mis en place pour combattre le blanchiment reste à être prouvée en termes de nombre de cas traduits en cours. Si dans la pratique les résultats peuvent paraître maigres, il ne faut pas négliger l?effet préventif du cadre mis en place, a-t-il plaidé.

De plus, les faiblesses au niveau de l?application de la loi sont en voie d?être remédiées. Un guide sur les méthodes d?investigation dans les cas de blanchiment vient aussi d?être élaboré. Pour le ministre, une des raisons d?être des instances régionales telles que l?ESAAMLG est de permettre un échange de vue et d?expérience. Les faiblesses identifiées peuvent être corrigées avec l?expertise étrangère mais tout en tenant compte du fait que chaque pays ou région a ses spécificités. Et en évitant des solutions importées.

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