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Des pierres et des cocktails Molotov contre des autobus

18 août 2004, 20:00

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La situation se détériore de jour en jour dans le transport en commun. Des pierres et même des cocktails Molotov sont lancés contre les rares autobus en circulation. C’est ainsi que trois cocktails Molotov l’ont été contre un autobus, le 18 août à 14h30, à Coromandel. Plusieurs véhicules sont endommagés en raison de ces jets de pierres. Dans plusieurs cas, des pare-brise et des panneaux vitrés volent en éclats, mettant en danger les occupants des véhicules concernés. Les chauffeurs, rapportant les cas d’agression à la police, ne sont pas en mesure d’aider les enquêteurs. Ils sont trop occupés à garder le contrôle de leur véhicule pour pouvoir identifier et reconnaître leurs agresseurs. Certains chauffeurs cherchent à poursuivre leur route, quitte à s’arrêter au prochain poste de police. D’autres choisissent de rebrousser chemin et de rentrer au garage.

A l’aube du 18 août 1979, une confrontation directe oppose, devant le garage de la Vacoas Transport, à Solférino, des employés voulant reprendre le travail et ceux qui veulent les en dissuader. Les premiers sont soutenus par les ministres Yousouf Mohamed et Emmanuel Bussier (Travaux et Transport) ainsi que par les dirigeants d’un syndicat minoritaire, la Transport Employees’ Union. Les autres le sont par des dirigeants de la GWF et de l’UBIW, dont Paul Bérenger et Jimmy Gobin. Les remarques désobligeantes et les provocations ne manquent pas de la part des grévistes. La police pare à toute détérioration de la situation. Le directeur de la Vacoas Transport, M. Sookdeo Issur, se fait tirer quelque peu l’oreille pour permettre à ses employés, voulant travailler, de mettre sur route des autobus. Victoire symbolique pour le camp des non grévistes : deux autobus parviennent à quitter le garage sous les quolibets des grévistes. Paul Bérenger n’est plus là pour assister à cette mise en route peu honorable. Des dockers réclament sa présence à Port-Louis. Le port après le transport.

Paul Bérenger insiste sur la situation précaire de Sir Seewoosagur Ramgoolam à la tête du gouvernement. Il prétend que ce dernier ne peut souscrire à certaines suggestions de peur de se retrouver en minorité au sein de son gouvernement. “Banne-là pou fout moi déhors si mo faire zotte part ou banne sizestions”, lui aurait-il dit à plusieurs reprises.

Paul Bérenger rappelle qu’il effectua, en 1972, une grève de la faim d’une vingtaine de jours pour protester contre les conditions de détention infligées aux prisonniers politiques de l’époque. Il dut même être hospitalisé. Sa grève de la faim porta ses fruits car les conditions de détention furent améliorées. En 1979, sa grève de la faim a pour objectif d’obtenir que les travailleurs puissent adhérer au syndicat de leur choix. La grève générale d’août 1979 a au moins le mérite, selon lui, de débusquer ceux qui se prétendent socialistes mais qui trahissent la lutte ouvrière à la première occasion venue.

Bérenger balaie d’un revers de main les objections patronales selon lesquelles le Sucre ne peut rémunérer davantage ses employés. Il rappelle à ce propos les accusations de Veerasamy Ringadoo à l’effet que l’industrie sucrière manipule ses bilans financiers.

Alex Rima, négociateur du syndicat Organisation de l’Unité des Artisans, récuse l’accusation de trahison de la lutte ouvrière que Bérenger porte contre lui. L’OUA a obtenu satisfaction sur les principales doléances de ses membres. Elle n’a aucune raison de continuer à exposer ses membres à une grève de plus en plus politisée et à une confrontation directe avec le gouvernement en place. La lutte syndicaliste de l’OUA ne peut en aucun cas s’étendre au-delà du secteur sucrier. L’OUA refuse également de défendre des ouvriers accusés d’avoir saboté l’économie nationale, notamment en incendiant volontairement des plantations de canne à sucre.

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