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Les algues rouges : une aubaine pour la science
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Les algues rouges : une aubaine pour la science
Saviez-vous que le marché mondial pour les biopolymères appelés carreegans s?élève à $ 300 m et qu?on les trouve en abondance sur nos plages sous la forme d?algues rouges ? Des chercheurs du département de chimie de l?université de Maurice (UoM) s?y sont intéressés et affirment que l?exploitation de ces algues est économiquement viable.
Les vertus de la mer indienne restent grandement méconnues. Maurice garde les yeux tournés vers la terre. Or, la recherche océanographique est une partie importante de son développement économique. Le deuxième forum national de Sciences océanographiques qui se tient jusqu?à cet après-midi à l?UoM permet de s?en rendre compte.
Un concours de dissertation a été organisé dans le cadre de ce forum préparé par l?Institut océanographique de Maurice (IOM). D. Jhurry, A. Bhaw-Luximon, T. Hosanoo, S. Jeeawody et R. Mungaroo y ont participé et ont obtenu le deuxième prix (Rs 10 000) pour leur travail sur ?La valorisation des biopolymères de l?environnement marin mauricien?.
L?équipe de chimistes a pu extraire les précieux carreegans d?algues rouges qu?on trouve en grandes quantités sur notre littoral est. Ils expliquent que ces carreegans sont identiques aux échantillons commerciaux de la Chine et du Japon.
Ils admettent devoir peaufiner leurs recherches mais défendent la viabilité économique de l?exploitation des carreegans, surtout si on le fait avec la Réunion ou Madagascar. Ce dernier exporte déjà ces algues, utilisées notamment dans la cosmétique, mais n?en extrait pas les carreegans et ne profite pas de la haute valeur ajoutée de ces biopolymères.
Observation
Plus de 30 travaux scientifiques ont été soumis par l?Albion Fisheries Research Centre, l?UoM, l?IOM, le ministère de l?Environnement, la Mauritius Marine Conservation Society, l?université de la Réunion et l?université Lumière de Lyon en France. Les exposés des chercheurs lors du forum permettront l?échange sur les nouvelles techniques de recherche marine et de développement océanographique, a expliqué le président de l?IOM. Ils sont plus de 150 scientifiques locaux et 300 étudiants de Form VI à y participer.
Des sommités étrangères marquent de leur présence la manifestation. L?assistant directeur de l?UNESCO et secrétaire général de la Commission océanographique Intergouvernementale (COI), le Dr Patricio Bernal, et le directeur du bureau de la COI à Perth, en Australie, le Dr William Erb, sont parmi les invités. En expliquant comment l?observation des océans permet une meilleure connaissance du climat, le Dr Bernal a souligné que Maurice en a déjà pris conscience. Le pays a fait ses premiers pas dans la surveillance des tendances climatiques en abritant le Global Ocean Observing System (GOOS).
La dissertation du Dr Virginie Cazes-Duvat de l?université de la Réunion sera présentée aujourd?hui. Récompensée du premier prix, (Rs 25 000), elle s?intitule ?Le rôle des récifs coralliens dans l?évolution récentes des côtes sableuses à Maurice et Rodrigues?. Une autre équipe de l?université a reçu Rs 5 000 pour son travail sur la simulation des dynamiques des nappes de pétrole.
C?est sur le thème de l?océanographie chimique que portaient les exposés d?hier. Deux dissertations ont appris à l?audience que les rivières et estuaires du pays sont relativement peu contaminés par des sédiments de plomb et de zinc, ainsi que des pesticides.
L?auteur de ?La biogéochimie des sédiments de zinc et du plomb dans certains estuaires à Maurice?, R. Ramessur de l?UoM, conclut en effet que ?comparés aux niveaux de contamination qu?on trouve en Grande-Bretagne et ailleurs, Maurice semble être relativement peu contaminée mais il y a des inquiétudes grandissantes sur la contamination d?estuaires urbains par des métaux lourds à cause de l?urbanisation rapide?. Dans leur dissertation ?Une étude des niveaux de pesticides dans certains estuaires de Maurice?, H. Budoye, S. Conhye et V. Chelumbrun d?Albion Fisheries Research Centre, affirment que ?le mouvement de pesticides dans les rivières mauriciennes est insignifiant?.
Les trois gagnants ont reçu leurs prix des mains du président de la République, sir Anerood Jugnauth. Deux artistes ont également été récompensées pour leurs posters.
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