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Trois Américains accusés d’avoir créé une prison clandestine
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Trois Américains accusés d’avoir créé une prison clandestine
Qui est réellement l’ancien soldat américain Jonathan Idema ? Un simple imposteur, un agent discret des services américains, un faux journaliste à la recherche de l’argent et de la gloire ?
Le premier jour de son procès, lundi 16 août, à Kaboul, où il est jugé avec deux complices américains, Brett Bennett et Edward Caraballo, et quatre Afghans pour avoir ouvert une prison privée au cœur de la capitale afghane, n’a pas levé l’incertitude.
Idema a de nouveau nié toute accusation de “torture” et de “mauvais traitements” envers les prisonniers, et réaffirmé que son équipe avait le soutien des agences de sécurité américaines, ce que les autorités américaines démentent.
“Même si nous n’appartenions pas à l’armée américaine, nous travaillions avec elle, le FBI et la CIA. Ils savaient quotidiennement tout ce que nous faisions”, a affirmé, très sûr de lui, Idema, lunettes noires, treillis kaki, drapeau américain sur la manche. Le groupe avait été arrêté le 5 juillet par les services de sécurité afghans alors qu’il détenait huit personnes.
Idema et son groupe étaient, en tout cas, suffisamment crédibles pour que la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) envoie à trois reprises, les 20, 22 et 24 juin, des équipes cynophiles de détection d’explosifs dans des maisons où Idema et son groupe avaient arrêté des prétendus “terroristes”.
Le groupe était aussi suffisamment crédible pour que les forces américaines acceptent en mai, à la prison de Bagram, un présumé “terroriste” arrêté par Jonathan Idema. L’homme a été relâché en juillet sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.
Le procès a été ajourné d’une semaine pour permettre à la défense d’étudier les documents remis apparemment en fin de semaine seulement par le FBI à la justice afghane. Idema avait accusé les services de renseignement afghans d’avoir livré aux Américains 200 cassettes vidéo, 500 pages de documents et plus de 800 photos saisis lors de l’arrestation du groupe. Ces documents, que le FBI a gardés vingt jours, sont, selon Idema, de nature à prouver les liens du groupe avec des officiels américains et des hauts responsables afghans de l’ex-Alliance du Nord.
<B>Vrais faux journalistes</B>
Idema, qui prétend avoir combattu avec l’Alliance du Nord en 2001 et 2002, a, après la chute de Kaboul, offert ses services à des chaînes de télévision américaines. Il travaillerait aujourd’hui sur un film et un livre.
Selon son avocat, le coaccusé Edward Caraballo est un journaliste qui faisait un film sur Idema. Dans une brève déclaration, Caraballo a affirmé être “désolé pour la peine” causée par une mission qu’il croyait “autorisée par le gouvernement américain”.
L’autre accusé, Brett Bennett, qui n’a pas encore parlé, serait aussi, selon le procureur, un journaliste.
<B>Karzaï promet de mettre en place un gouvernement proper</B>
▀ Dans une interview publiée mardi 17 août par le Financial Times, le président afghan Hamid Karzaï promet de mettre en place un gouvernement propre, efficace et au service du peuple en cas de victoire à l’élection présidentielle du 9 octobre. “En Afghanistan, ce n’est pas le peuple qui bafoue les lois, ce sont les gouvernements. C’est exactement ce à quoi je veux mettre fin”, déclare le chef de l’Etat, favori du scrutin. “Il ne peut pas y avoir de programmes individuels dans mon gouvernement”, ajoute Hamid Karzaï, confirmé comme président en 2002 par la Loya Jirga (grand conseil composé de chefs traditionnels). “Le maintien de milices privées est hors de question. L’Etat ne
l’acceptera pas”, dit-il, en faisant allusion à son puissant ministre de la défense, le général Mohamed Kassim Fahim, qui a résisté aux efforts déployés pour désarmer les milices indisciplinées. Les opérations d’inscription sur les listes électorales, perturbées par les rebe,lles talibans, ont pris fin dimanche.
<B>Françoise Chipaux</B>
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