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Comme dans le désert...
Nunkeshwar Nundoo déracine quelques plantes d?oignons. Les bulbes sont à peine de la taille d?une bille. Le planteur est découragé, lui qui travaille dur dans sa plantation à Trou-D?eau-Douce.
Comme Nunkeshwar, ils sont une soixante de planteurs à cultiver ce condiment sur des terrains sableux du village. Certains d?entre eux y cultivent aussi l?ail, la pomme d?amour, les piments et l?aubergine. La plupart d?entre eux savent déjà qu?ils vont subir une perte totale à la prochaine récolte d?oignons, prévue dans une quinzaine de jours. A l?origine de ce problème : le manque d?eau.
Les plantations, qui s?étendent à perte de vue, offrent déjà un spectacle de désolation. Les feuilles s?assèchent sous le soleil torride alors que certaines plantations sont désertiques.
?Boucou planters finn abandonn zot plantasion. Mo travaye dans sa caro la depi 35 ans. Dilo pas pe vinn dans tuyo depi trois ans. Me sak lanne, nu paye cooperativ Trou-D?eau-Douce?, se plaint Nunkeshwar.
Il cultive aussi la pomme d?amour, les piments et l?aubergine. ?Mo caro piment ressemble deser?, lance-t-il.
Il est soutenu par d?autres planteurs mécontents. Uma Nundoo, qui s?occupe d?une superficie de 75 perches depuis vingt ans, fulmine : ?Avan nu ti pe gagn dilo saumat. Mem si so kalite pa ti bon, nou ti pe capav plante. Mo pas pou ena recolte. Tou finn sec?.
Lalita Bhugeloo estime qu?elle ne recouvrera pas ses frais. ?Premie recolte gagn batte, deuxième récolte oussi finn gagn batté?, lance-t-elle.
Les planteurs s?occupent de leurs plantations de 7 heures à midi et de 14 heures à 17 heures. ?Zot dire nu vinn dans caro trois zer pou gagn dilo. Nou finn attann jusqu?à cinq heures, mais nou pa finn gagn dilo?, lance Lalita.
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