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Le mandat de Chavez soumis au verdict du peuple

15 août 2004, 20:00

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Sous l??il attentif de la communauté internationale, les Vénézuéliens ont commencé hier à se rendre dans les bureaux de vote pour un référendum ?révocatoire? sur le mandat du président Hugo Chavez, dont le pays est le cinquième exportateur mondial de pétrole.

Environ 14 millions d?électeurs sont appelés à se prononcer sur la suite du mandat de Chavez. Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 6 heures locales (10 heures GMT), devant fermer leurs portes à 18 heures (22 heures GMT).

Si le ?non? l?emporte, le président élu en 1998 et réélu en 2000 ira au terme de son mandat.

Si le ?oui? l?emporte avec au moins 3,76 millions de voix ? les suffrages obtenus en 2000 par Chavez ? il devra démissionner et un nouveau scrutin présidentiel sera organisé dans les trente jours. La Cour suprême n?a pas indiqué si Chavez serait autorisé à se présenter à ce nouveau scrutin ou s?il devrait attendre décembre 2006. ?Nous ne savons pas ce qui va se passer (...), nous espérons que rien n?arrivera, mais les rumeurs vont bon train?, expliquait samedi Rodolfo Escalona, un peintre de 36 ans, faisant un stock de provisions sur un marché de Caracas.

Rafael Ramirez, ministre de l?Energie, a déclaré samedi que le peuple n?accepterait pas une défaite de Chavez, faisant craindre que des partisans inconditionnels du président, employés de la compagnie pétrolière nationale ou responsables militaires, ne refusent de s?incliner devant une victoire de l?opposition sur le dirigeant populiste.

Chavez et l?armée se sont engagés à respecter l?issue du référendum. Mais le président a également évoqué le risque d?une réaction populaire au cas où l?opposition obtiendrait sa révocation et arriverait au pouvoir lors des élections qui suivraient.

Joute électorale très rude

Ces mises en garde font craindre le pire dans un pays qui est le cinquième exportateur mondial de brut et sur fond d?instabilité du marché pétrolier : un résultat contesté qui relancerait une agitation comme celles de 2002 et 2003, suscitées par une tentative de coup d?Etat contre Chavez et une grève de longue durée dans le secteur pétrolier.

Des responsables électoraux et des observateurs internationaux ont lancé un appel au calme. Partisans et adversaires de Chavez ont bouclé jeudi leurs campagnes avec d?immenses rassemblements qui laissent prévoir une joute électorale très rude.

Lors d?une des plus importantes manifestations anti-Chavez observées à Caracas, des centaines de milliers de Vénézuéliens ont fait comprendre qu?il fallait compter avec les voix de l?opposition, même si des analystes de Wall Street prédisent une victoire du président.

Devant des milliers de partisans rassemblés sur une avenue proche de la présidence, Chavez a quant à lui jugé ?inévitable? sa victoire. Il a jugé l?opposition dans l?incapacité de gouverner en affirmant que soldats et ouvriers rejetteraient un gouvernement formé par ses ennemis, lequel serait ?balayé?.

Le pétrole a dépassé les 46 dollars par baril vendredi à New Yorki, notamment par crainte que le référendum ne tourne à la violence et ne perturbe la production pétrolière du Venezuela.

Ex-colonel parachutiste, ancien putschiste, rescapé d?un bref coup d?Etat en avril 2002, Chavez affirme mener une ?révolution pour les pauvres?, développant des programmes d?accès à l?éducation et à la santé. Il accuse l?opposition d?être soutenue par les Etats-Unis de George Bush, ce que dément l?administration républicaine au pouvoir à Washington.

Ses adversaires l?accusent de vouloir instaurer un régime à la cubaine. Ils affirment que sa politique interventionniste conduit le pays à la ruine et lui imputent la contraction de l?économie vénézuélienne en 2002 et 2003.

Ramirez a présenté Chavez comme le seul garant de la stabilité. Au grand plaisir du président, beaucoup d?experts de Wall Street ont fait clairement comprendre qu?ils jugent une nette victoire de Chavez préférable à un résultat contesté.

Pascal FLETCHER

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