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Un passeport pour l?avenir

14 août 2004, 20:00

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Des yeux qui pétillent d?intelligence, une féroce envie de réussir, un caractère fonceur, c?est ce qui distingue Naresh Tupsy, 20 ans, des jeunes de son âge. Des qualités qui n?ont pas laissé de marbre le jury réuni en juillet dernier pour choisir les dix bénéficiaires de la 5e édition de l?Undergraduate Scholarship Scheme de la British American Tobacco. Des études qui permettront aux jeunes venant de milieux défavorisés de s?extirper de la pauvreté et d?aspirer à un avenir meilleur.

La vie n?a pas toujours été tendre envers Naresh Tupsy qui perd son père à l?âge de 16 ans. Sans ressources, sa mère est contrainte de prendre de l?emploi auprès d?une compagnie de nettoyage pour subvenir à leurs besoins. Malgré les coups durs, Naresh obtient d?excellents résultats en Higher School Certificate au collège Dav à Port Louis.

Mais il doit se rendre à l?évidence : il ne pourra poursuivre des études tertiaires faute de moyens. Il envisage de travailler à temps partiel, comme il l?a fait pendant les années au collège, pour payer les frais d?études. Cette solution peu pratique est vite abandonnée. Puis la bonne nouvelle est tombée. « Mo la tête ti fatigué. En l?espace ene semaine tout mo tracas ine fini? », lance-t-il, le sourire aux lèvres. Il remercie ses professeurs et ses amis qui l?ont encouragé.Pour lui, c?est sa sincérité qui lui a permis de décrocher cette bourse.

Le jury n?y a pas été insensible. L?avenir, il le voit moins sombre qu?avant. « Mo koné ene zour mo bisin réssi. » Naresh a choisi de faire des études en gestion à l?université de Maurice.

Le parcours de Julien Jacquin de Pointe-aux-Sables est presque identique. Issu d?une famille modeste, cet ancien élève du collège La Confiance, doit effectuer plusieurs petits boulots parallèlement à ses études secondaires pour s?offrir le matériel scolaire nécessaire. Il est tour à tour serveur, plieur de journaux, valet de chambre et marine and cargo surveyor entre autres.

« Malgré les difficultés, j?étais motivé car la seule façon de m?en sortir, c?était les études. » Il se retrouve pourtant dans un cul-de-sac après sa HSC. « Même les études supérieures à Maurice m?étaient inaccessibles à cause du manque d?argent. J?ai fini par faire une dépression? » Sans trop y croire, il a soumis sa candidature pour une bourse d?études. Et cette fois, la chance lui sourit. Féru des sciences, il a jeté son dévolu sur des études en Chemical & Environmental Engineering.

Pour eux, c?est le début d?une belle aventure. Mais tous ne sont pas de cet avis. Véronique Le Clézio, de Vie et Santé crie au scandale. «En permettant à la BAT de parrainer des bourses, notre gouvernement n?honore pas ses engagements envers ses citoyens, les Nations Unies et de L?OMS. Le soi-disant charité de la BAT provient de son profit sur la mort de 800 Mauriciens par an. »

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