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L’entraînement virtuel la nouvelle arme des athlètes américains

3 août 2004, 20:00

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Quoi de mieux, pour s’entraîner en vue du concours de saut à la perche des Jeux olympiques, que de le faire en compagnie de Sergueï Bubka, le roi de la discipline ? Le problème, c’est que Bubka a pris sa retraite. Pour Toby Stevenson, un perchiste américain, ce rêve est pourtant devenu une réalité grâce à un logiciel utilisé par la Fédération américaine d’athlétisme.

Aussi souvent qu’il le désire, Toby Stevenson peut donc concourir contre Sergueï Bubka, son idole, toujours détenteur du record du monde de la discipline (6,14m).

En tandem, ils s’élancent tous les deux et s’envolent au-dessus des barres placées à six mètres de haut, avant de s’écraser dans le matelas de réception, et de disparaître de l’écran d’ordinateur.

<B>Performance boostée</B>

Ce nouveau système de surimpression vidéo fait partie des dernières techniques d’entraînement de la Fédération américaine d’athlétisme (USATF) en vue des Jeux olympiques d’Athènes. Depuis octobre 2003, l’USATF a recours à ce logiciel de la société suisse Dartfish qui permet aux athlètes d’évaluer leurs performances en temps réel.

Pour Stevenson, Dartfish est devenu un outil indispensable.

“Je l’utilise jusqu’à ce que l’ordinateur fume. C’est super”, avouait-il peu avant les sélections américaines depuis le centre d’entraînement situé dans la banlieue de San Diego. Quelques jours plus tard, l’athlète âgé de 27 ans terminait deuxième des sélections et gagnait sa place pour les JO.

Stevenson peut revoir ses sauts d’entraînement quelques secondes seulement après les avoir effectués. En déplacement pour un meeting, il peut même analyser son concours en entier deux heures après dans sa chambre d’hôtel et le graver sur CD-Rom.

Alors que le corps de Stevenson lui fournit des informations, la vidéo digitale lui en révèle d’autres.

“Je saute, et entre chaque saut, je regarde mon saut, et après chaque entraînement j’analyse tous mes sauts avec Dartfish.”

Stevenson peut ainsi se regarder à vitesse réelle ou analyser sa technique image par image. Il peut comparer de deux à quatre sauts en même temps pour jauger de sa régularité.

Et il peut également concourir contre Bubka. Les techniciens ont en effet transformé les courses de Bubka en format digital ce qui les rend analysables par Dartfish.

“C’est un outil de comparaison sans précédent”, estime Jen Davidson, la coordinatrice technique et scientifique de l’USATF. “Les possibilités sont infinies.”

Même si Dartfish ne remplace évidemment pas l’entraînement traditionnel, il semble bien que son utilisation puisse améliorer les performances des athlètes.

“Evidemment, ce n’est pas Dartfish tout seul”, reconnaît Toby Stevenson. “Mais, oui, j’ai amélioré mon record de 25 cm cette année. Et j’ai effectué cette saison les trois meilleures performances mondiales de la discipline.”

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