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Maurice Greene pour la postérité

3 août 2004, 20:00

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Préoccupé par sa place dans l’histoire, l’Américain Maurice Greene se doit de conserver son titre olympique du 100m à Athènes s’il veut figurer parmi les plus grands sprinteurs, si ce n’est être le plus grand comme il l’affiche déjà.

A 30 ans, Greene s’est bâti un palmarès très enviable sur les pistes où Athènes occupe déjà une place particulière.

C’est en effet dans la capitale grecque qu’il a conquis le premier de ses trois titres mondiaux. C’est aussi là-bas que deux ans plus tard, il a filé en 9 sec 79/100 pour établir un nouveau record du monde.

Jusqu’à 2001, le “Kansas Cannonball” (boulet de canon du Kansas) a dominé outrageusement le 100m mondial, sous la houlette de John Smith, l’homme que le gamin du Kansas avait rejoint au terme des Jeux d’Atlanta (1996) suivis avec douleur depuis les gradins.

Ce manque olympique, il l’a comblé en 2000 en remportant les sélections américaines, victoire synonyme de sésame pour Sydney où il s’est emparé de l’or du 100m avant d’y ajouter le relais 4x100m. Seul bémol, qui le suit encore, sa participation à une célébration trop arrogante.

Ses qualités de champion hors norme, il les a montrées aussi durant les années noires qui suivront son troisième sacre mondial à Edmonton. Dépassé régulièrement quand il n’était pas absent sur blessure, il était pour certains destiné au tiroir des souvenirs après la saison 2003.

Le fanfaron des pistes a fait profil bas et encaissé les coups les plus durs, comme la perte de son record du monde au profit de Tim Montgomery (9.78) puis de son titre mondial à celui du Kititien Kim Collins.

Greene n’a pourtant pas cessé de bosser, persuadé que la forme physique était la clé du renouveau. 2004 lui a donné raison jusqu’à présent avec pour point d’orgue sa victoire aux sélections olympiques.

Et il a retrouvé toute sa verve et les roulements d’épaules. “Je pense avoir surpassé tous mes prédécesseurs”, lançait-il après les sélections américaines, tout fier de sa quarantaine de chronos sous les 10 secondes. “J’ai plus fait et je fus plus rapide qu’eux. Si on nous mettait tous sur la même ligne, tous à notre sommet, je sortirais vainqueur.”

Qu’il batte les Owens, Hayes et Lewis reste à voir. Mais c’est l’ombre de Carl Lewis qui pèse, riche de ses trois titres mondiaux dont un agrémenté d’un record du monde (1991), neuf médailles d’or olympiques dont les deux de suite sur 100m : celle gagnée à Los Angeles (1984) et celle reçue quatre ans plus tard après déclassement du tricheur canadien Ben Johnson.

A Athènes, Greene a une chance d’être le premier à gagner deux fois sur la piste. Mission toutefois délicate car, à l’extérieur comme chez lui, il ne fait plus régner la terreur. Un peu comme le boxeur Mike Tyson après sa défaite contre Buster Douglas.

“Je vais conserver mon titre, je ne vois pas ce qu’il y a de si difficile”, provoque-t-il. Comme s’il pouvait compter, pour la troisième fois de sa carrière, sur la magie de la piste athénienne pour entrer définitivement dans la postérité.

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