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Le port en l?an 2000, selon le capitaine Mooroogan

1 août 2004, 20:00

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Les priorités du capitaine P. Mooroogan, le directeur intérimaire de la Mauritius Marine Authority (MMA), sont d?offrir un service maritime complet et efficace à un coût raisonnable, d?éliminer les surcharges portuaires, de faire du port une organisation viable, financièrement autonome et pouvant même générer les ressources requises pour son développement, sans devoir dépendre à jamais du gouvernement.

Il attribue les récents problèmes de congestion portuaire aux incertitudes pesant sur cette main-d??uvre sectorielle et aux risques inéluctables de perte de certaines catégories d?emplois. Il compare la révolution des quais en eau profonde à celle qui a prévalu lors du passage de la marine à voile à la marine à vapeur. Il n?est pas facile de faire comprendre à certains travailleurs portuaires que la rotation plus rapide des navires n?affectera en rien leurs revenus nets. Le retard apporté à la fixation de la compensation des travailleurs surnuméraires, a gêné considérablement la mise en application du programme établi. L?entière coopération des parties concernées est, plus que jamais, requise.

Le Monthly Guarantee Minimum Pay (MGMP) est nécessaire en raison de la nature irrégulière du travail portuaire. Il permet d?assurer des revenus professionnels plus équilibrés et plus réguliers. C?est un pas vers la ?décasualisation? de la profession.

La Consolidated Cargo Services (Mauritius) Ltd (CCSML) améliore l?emmagasinage des marchandises dans les entrepôts, facilitant d?autant leur manutention. L?équipe de Scruttons a été d?une grande aide à ce sujet.

Les tarifs portuaires font l?objet de vives critiques. Le capitaine Mooroogan ne le nie pas. La MMA insiste d?ailleurs auprès des intéressés pour que ces tarifs diminuent, au fur et à mesure des possibilités, afin de pouvoir se comparer à ceux pratiqués dans les ports étrangers. Tôt ou tard, les clients de la MMA bénéficieront de la réorganisation de cette main-d??uvre portuaire. Les tarifs sont de plus en plus appliqués sur un ?container unit basis?.

Il y a aussi une incompréhension déraisonnable à l?égard de la nécessité de privilégier le ?unitized cargo?. L?avenir est dans la palettisation et de la conteneurisation. Nul ne pourra rester impunément à l?écart d?un tel progrès. Les navires utilisant ces méthodes modernes de manutention portuaire ont, bien sûr, priorité sur ceux utilisant toujours des méthodes conventionnelles. Ainsi, l?unitized cargo échappe aux surcharges portuaires.

Le capitaine Mooroogan n?est pas d?accord avec le secteur privé quand celui-ci prétend détenir le monopole de l?efficience. La MMA date de 1976. Il faut lui donner le temps de prouver son utilité et faire preuve de son savoir-faire.

Il est plus nuancé que ceux qui prônent la nationalisation du port. La MMA est déjà un corps nationalisé. Des services de manutention sont entretenus par le secteur privé mais sous contrôle de la MMA.

La création d?une compagnie maritime régionale répond à l?aspiration des pays en développement qui ne veulent plus dépendre entièrement des compagnies maritimes étrangères. Ce projet exige toutefois des investissements énormes. Il requiert aussi une gestion saine et lucrative.

Il conclut que Port-Louis est l?ouverture vers l?étranger. Son efficience reflète la croissance économique du pays. Quand le port éternue, la population s?enrhume. Compte tenu des investissements consentis à ce jour (Rs 100 millions), l?optimisme est de rigueur.

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