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Les barbelés de la mort
C?est un grand mystère. Pour quelles raisons Myriam Reine de Carthage s?est-elle retrouvée prise dans les barbelés à Case-Noyale ? Cette question hante la famille de la victime.
La police écarte pourtant la thèse d?un acte criminel.« Kuma dir enn sov souri inn tass dan difil. Mo trouv mo ser apendan, ene lipye inn maye dan difil, lot inn ress dan vid, so latet anba, so linz ine devire lor li. » Julianna Legentil a des sanglots dans la voix lorsqu?elle décrit la dernière fois où elle a vu sa grande s?ur, Émilienne Reine de Carthage, 70 ans. Celle-ci a été retrouvée, lundi matin, inerte, la jambe gauche prise dans des barbelés d?une clôture de près de deux mètres de hauteur qui entoure un chassé à Case-Noyale.
Le Dr Satish Boolell a attribué la mort à une asphyxie de posture (postural asphyxia). Selon le médecin légiste de la police, la victime est restée dans cette position pendant vingt minutes avant de décéder. Triste façon de mourir pour cette femme, plus connue sous le nom de Myriam, et qui était encore « solide » malgré son âge avancé. Une mort qui dérange et qui suscite de nombreuses questions. « On se demande encore comment elle a pu atterrir là-haut. On ne comprend pas ce qu?elle voulait aller chercher dans le chassé », confie sa s?ur.
<B>Son corps pendait à la clôture</B>
Ayant perdu son mari très jeune, Myriam occupait seule une bicoque dans le squat de Karo Kalyptis, à quelques mètres de là. La vie pour une vieille dame sans défense n?y était pas évidente. « Elle se plaignait souvent. Elle disait qu?on venait la voler et la battre », raconte sa nièce Rosita. Alors Myriam n?a pas trouvé d?autre solution que de fuir sa maison en passant le plus clair de son temps à la Cité CHA où vivait sa famille. « Souvan li ti là. Li kontan ed nou, trie diri, koup legim. Zame ou pa trouv li narien afer, tou letan li okipé? » Très croyante, Myriam ne ratait jamais la messe du dimanche. C?était d?ailleurs elle qui s?occupait de la grotte de la Cité.
Les proches, bien que de condition modeste, aidaient la vieille dame, du mieux qu?ils pouvaient. Un repas chaud, des vêtements, un gîte? Car la nuit, Myriam n?aimait pas se retrouver seule dans sa case à Karo Kalyptis. Mais elle pouvait toujours trouver refuge chez une de ses s?urs, cousines ou nièces.
Le week-end dernier elle n?avait dormi chez aucune d?entre elles. Rosita affirme que sa tante Myriam est bien venue frapper à leur porte, samedi soir. Mais elle a tourné les talons en apprenant que la s?ur de Rosita, en visite chez leur mère, allait y passer la nuit. « J?ai remarqué qu?elle était fiévreuse et qu?elle toussait », dit-elle.
Sa visite chez Céline Reine de Carthage, une de ses nièces, s?avère également infructueuse. « Sans le savoir, les voisins lui ont dit que j?étais absente alors que j?étais dans l?arrière-cour, raconte cette dernière, si seulement je l?avais vue? »
Un employé du chassé, en allant nourrir les animaux, découvrira Émilienne lundi matin, avant d?alerter la police. Julianna Legentil a dû aller identifier sa s?ur dont le corps pendait à la clôture. « Malgre so figir ti kasiet par so rob, mo finn konne limem sa parski so la kroi ti enkor dan so licou. » En allant chercher la carte d?identité de sa tante pour les formalités d?usage dans la cabane à Karo Kalyptis, Céline aura un choc. Il y avait des vêtements neufs sur le lit. « Linn kit tou so linz lor lili avek ene saple, kouma dir li ti kone li pou mort? »
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