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«La progression de Maurice dans les TIC est correcte»
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«La progression de Maurice dans les TIC est correcte»
Que pensez-vous de ce qui est fait à Maurice dans ce secteur de la télécommunication ainsi qu?à la technologie?
- Maurice a engagé une politique de développement dans les technologies de l?information. L?OCI, organe de l?océan Indien avait, avec ma participation, réalisé une étude sur ce sujet. Elle se nommait PARITE et concernait toutes les îles de l?Océan Indien. Elle a pour cela mise en place un incubateur d?entreprise IT et un accès au monde grâce au câble SAFE. Maintenant, il s?agit de mettre en place une vraie activité dans ce domaine qui va créer des emplois. Le choix s?est porté à Maurice sur le Business Process Outsourcing, c?est-à-dire le traitement pour d?autres entreprises de données de gestion.
A votre avis, Maurice progresse-t-elle correctement dans les TIC ?
- La progression de Maurice est assurément correcte, il suffit de comparer l?état des Technologies de l?Information à Maurice et les îles voisines. N?oublions pas qu?il faut rester dans des axes stratégiques clair et le gouvernement actuel de Maurice devrait relire l?étude PARITE. Il ne faut donc pas se disperser dans des centres d?appels mais au contraire mettre en place des services à haute valeur ajoutée.
Qu?est-ce que Maurice devrait faire pour arriver à s?ancrer dans le secteur comme une cyber-île ?
- S?ancrer dans la logique de cyber-île n?est pas sans difficulté, il faut en premier lieu disposer d?une batterie de textes juridiques favorables. En deuxième lieu, la formation est un point important. Mais Maurice est bien placé dans ce domaine avec l?Université de Maurice et l?IVTB. D?ailleurs cette Université accueille des professeurs de renom, au risque de me fâcher avec les autres, je citerais les travaux du professeur Senteni, très connu dans le monde, dans le domaine de l?enseignement à distance.
Des consultations ont démarré à Maurice pour introduire la téléphonie 3G. A quelles difficultés le pays risque-t-il d?être confronté ?
- La réponse est ici plus simple, les mêmes que les opérateurs européens ou asiatiques, la disponibilité des terminaux, et la difficulté de disposer de contenus intéressant. Dans ce cas, la fracture numérique existe aussi dans les pays développés.
Justement, en parlant de fracture numérique, n?est-il pas utopique de vouloir la faire disparaître déjà entre l?hémisphère Nord et l?hémisphère Sud ?
- Non, ce n?est pas une utopie de la faire disparaître mais une nécessité. Au début du télégraphe, l?UIT avait déjà joué ce rôle de diffusion. Il ne faut pas oublier que les technologies de télécommunications ne sont pas aussi coûteuses qu?on le croit. Un réseau dans une petite ville coûte le même prix qu?un rond point sur une route. C?est un choix politique et de développement.
Comment faire pour réduire cette fracture numérique alors qu?il y a une fracture sociale indiscutable ?
- La fracture sociale ne génère pas une fracture numérique, les travaux que nous avons réalisés au CRITIC, mon laboratoire de recherches à l?INT le montre bien, le facteur clé est la formation à ces technologies qui passe par les écoles et les centres communautaires. L?information joue un rôle, c?est pour cela que des journaux comme l?express peuvent aussi être un facteur utile pour le développement.
La société de l?information et des télécommunications avance-t-elle comme cela a été voulu suite au Sommet Mondial à Genève ?
- Oui, je crois que la première phase de Genève a été en premier lieu, une prise de conscience. Maintenant, deux chantiers sont en cours. Le premier, c?est le développement d?outils pour amorcer la pompe, des financements permettront de créer des infrastructures qui apporteront des recettes qui financeront le développement. Deux domaines sont particulièrement concernés, les mobiles et Internet. Le deuxième chantier est celui de la gouvernance de l?Internet, qui n?est pas ennuyé par les spam et spyware !
Que peut obtenir Maurice de la déclaration de principes résultant du Sommet Mondial sur la Société de l?Information (SMSI) ?
- Sur le plan politique, un cadre juridique et un plan de développement économique. Sur le plan personnel, assurément, une amélioration de la qualité de la vie pour tous. Tout ceci sera vrai si les gouvernements acceptent les règles nouvelles. Le SMSI ressemble étrangement à l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur ces points et les clivages sont les mêmes, ainsi que les groupes de pays.
Que pouvons-nous attendre du Sommet de l?information qui se tiendra l?année prochaine à Tunis ?
- Tout et rien. Ce sera rien si on s?arrête à des déclarations de principes. Tout, si les outils de développement se mettent en place. Il faudra attendre, mais je reste optimiste.
Le financement pour réduire la fracture numérique sera-t-il enfin trouvé?
- Je ne suis pas sûr que cela soit seulement un problème de financement, mais plutôt celui de mettre en place les cadres juridiques et de conditions économiques. Ensuite, il faudra encore un peu de moyens pour démarrer.
Quelle aide peut être apportée aux pays d?Afrique pour leur permettre de développer davantage le secteur des TIC ?
- Il faut apporter non seulement une aide financière mais surtout une aide intellectuelle. Il faut comprendre comment fonctionnent ces technologies pour pouvoir les mettre en ?uvre.
N?oublions pas aussi que ces technologies diffusent dans tous les secteurs, et qu?il ne faut pas se limiter au seul secteur des TIC. Il faut le faire comprendre. Certains pays d?Afrique suivent les mêmes voix que Maurice. Citons la smart cité égyptienne et les projets du Mozambique.
Comment voyez-vous les TIC à Maurice dans vingt ans ?
- De la e-formation, de la medecine, du e-commerce aux quatre coins de l?île. Une île reliée par plusieurs autres câbles concurrents du câble SAFE, afin d?augmenter la concurrence et de faire baisser les coûts, dont les prix. Presque chaque individu aura son mobile.
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