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Les quatre violeurs de Sandra jugés coupables
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Les quatre violeurs de Sandra jugés coupables
Pas de pardon possible, Sandra O?Reilly, stoïque, a tenu tête à ses quatre agresseurs, hier. La déception de Louis Joson, qui voulait qu?elle témoigne «en sa faveur», n?en aura été que plus grande. C?est le 23 juillet qu?ils connaîtront la sentence qui leur sera infligée.
«Vous dites que c?est grâce à vous que je suis en vie. Je vous dis que c?est grâce à vous que j?ai été violée. A deux reprises.» Ces mots sont ceux de Sandra O?Reilly. Elle les adresse à son agresseur, celui-là même qui avait demandé à la cour de permettre qu?elle soit assignée comme témoin. Louis France Joson voulait son «appui», il n?a que son mépris.
Excuses Refusées
Louis France Joson, accusé numéro 2 dans l?affaire du viol collectif de Sandra O?Reilly, voulait que la jeune femme confirme qu?il lui avait sauvé la vie en empêchant son complice, Nicolas Potage, de l?enfermer dans le coffre de sa voiture, où elle aurait sans doute trouvé la mort. «Mo pa kapav konfirme ki ounn dir lot zom la les mwa trankil» , lui a-t-elle simplement répondu.
Vêtue d?un ensemble vert militaire, digne dans sa souffrance, la voix cassée à plusieurs reprises alors qu?elle est interrogée par son violeur, qui n?a pas retenu les services d?un avocat, Sandra O?Reilly refuse d?accepter les excuses. Ces excuses, Joson les prononce en dernier recours : « Avek tou respe ki mo doi ou, mo dimann ou exkiz pou seki mo finn fer. Mo ena enn fam ek 3 zenfan, mo ti laiss mwa tente.»
Sandra O?Reilly regarde son agresseur droit dans les yeux et essaye tant bien que mal de garder son calme. «Mo na pa aksepte ou bann exkiz e ou ti bien konsyan ki ou ti pe fer.» Arguments irréfutables. Louis France Joson la regarde longuement, hoche la tête et se rassoit.
A côté de lui, dans le box des accusés, Nicolas Potage, Ravi Aubeeluck et Vikash Jagai. Tous demandent les excuses de la cour et disent regretter leur acte. Mais les raisons qu?ils évoquent ne traduisent que le désir d?éviter un trop long séjour en prison. La simple mention de «Beau-Bassin» semble les effrayer. Et pour cause. Ils y ont passé entre un et deux ans.
Alors que Nicolas Potage lève son T-Shirt pour montrer aux magistrats Ben Joseph et Renuka Daby les coups qu?il aurait reçus des autres détenus de la prison de Beau-Bassin, Louis France Joson leur demande de ne pas l?y envoyer. «Mo na pa le kan mo bann zanfan vinn get mwa, zot trouv mark lor mo figir.» Ravi Aubeeluck s?y prend d?une autre façon. Après avoir demandé les excuses de la cour, il précise que «Sandra ti asiz a kote mwa, li ti abiye denn fason indesan». Aubeeluck est le seul à être accusé de sodomie et de viol.
Entourée de ses proches, Sandra O?Reilly demande à faire une déclaration. «J?aurais voulu ajouter, si possible, que d?avoir été violée par les deux premiers hommes était déjà quelque chose d?horrible et de traumatisant. Le pire est que cela s?est produit une deuxième fois. Je cherchais de l?aide et quand je pensais que ces gens allaient m?aider, ils ont, au contraire, anéanti le peu d?espoir qui me restait. Je voudrais aussi ajouter que je n?accepterai aucune excuse d?aucun des quatre violeurs.»
Les accusés ont tous été trouvés coupables hier par les deux magistrats de la cour intermédiaire. Ce n?est que le 23 juillet qu?ils connaîtront leur sentence, point central des plaidoyers prononcés hier.
Le représentant du parquet, Me Michel Ah Sen, a rappelé que le code pénal prévoit une sentence maximale de huit ans pour le délit de viol. Le cas opposant l?Etat à l?accusé Juliette a été pris en exemple : la sentence de 8 ans infligée à ce dernier a été maintenue par la Cour suprême, en appel. C?était le cas d?un first offender.
Dans une référence anglaise sur le sentencing, a ajouté le représentant du parquet, la sentence minimale pour le délit de viol est de cinq ans d?emprisonnement. Les antécédents de bonne conduite n?ont qu?une importance minimale, a fait ressortir Me Ah Sen. Les magistrats ont aussi été priés de prendre en considération toutes les circonstances du crime (qualifié de haineux par la poursuite) ainsi que la charge de sodomie logée contre l?accusé numéro 3.
Sentence Maximale De Huit Ans
Me Rama Valayden, l?avocat de Nicolas Potage, a attiré l?attention de la cour sur le fait que le cas de Juliette repose sur le fait que l?accusé avait plaidé non coupable, alors que son client a plaidé coupable. «La sentence de huit ans ne s?applique donc pas.» Rama Valayden estime qu?une peine maximale de huit ans a été recommandée pour quatre raisons principales : souligner la gravité du délit, lancer un avertissement à ceux qui songeraient à emboîter le pas aux accusés, rassurer la société que justice est faite et, finalement, protéger les femmes.
Me Valayden a demandé aux magistrats de réduire la sentence au tiers de ce qui est envisagé, en prenant en considération le fait que son client a plaidé coupable. Le temps passé on remand a aussi été évoqué. Autre point important de l?argumentation de l?avocat : aucun des violeurs n?avait prémédité son acte. «Si nous infligeons la sentence maximale à ces personnes, que ferons-nous quand ces crimes seront commis avec préméditation et avec sang-froid ?»
Le plus jeune accusé, Vikash Jagai, a eu 18 ans en mai. Il est représenté par Me Satish Faugoo. Celui-ci l?a présenté comme un jeune à problèmes, issu d?une famille pauvre et dépourvu d?éducation. Me Faugoo a demandé si la cour allait choisir de le prendre en charge et le réformer ou «de l?envoyer pour longtemps dans l?univers de la prison.» Il a ajouté que «être sévère avec l?accusé numéro 4 équivaudrait à le condamner à vie. Il sortira de prison plus aigri et plus apte à faire du mal à la société».
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