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Schumacher le déraisonnable
Malgré une modeste quatrième place sur la grille de départ, Michael Schumacher a remporté hier à Silverstone le Grand Prix de Grande-Bretagne.
C?est sa dixième victoire en onze courses, une victoire qui s?explique par une stratégie de ravitaillements gagnante. Avec la troisième place de Rubens Barrichello, la Scuderia place ses deux voitures sur le podium pour la cinquième fois consécutive. Entre les deux, Kimi Räikkönen signe le grand réveil de McLaren-Mercedes. Quatrième de la course, Jenson Button est le premier pilote non-Ferrari au classement du championnat du monde... mais à 47 points de Schumi.
Razzia digne d?Attila
La saison dernière à Silverstone, Rubens Barrichello était devenu le septième pilote différent à s?imposer en onze Grands Prix. Public, journalistes, hommes du sérail, tous s?exclamaient alors devant le renouveau du suspense, donc du spectacle. Heureux, presque fiers, on s?enivrait de tant de concurrence. Cette année, au même niveau de la compétition, ils sont deux, juste deux à avoir remporté une course. Et encore, l?un, Jarno Trulli, est réduit à la portion congrue - un succès, même s?il a eu lieu à Monaco, épicentre de la F1 - quand l?autre, Michael Schumacher, a entamé une razzia digne d?Attila à la conquête des Balkans.
Et si Juan Pablo Montoya n?avait pas percuté?Schumi? sous le tunnel monégasque, nous serions peut-être en train de vivre l?une des saisons les plus passionnantes de l?histoire, à la recherche d?un inaccessible graal : le Grand Chelem.
Oui mais voilà, Montoya a effectivement percuté Michael Schumacher à Monaco, et, il faut aujourd?hui se contenter de compter les succès de l?Allemand comme d?autres les moutons pour s?endormir : avec l?impression que cela ne s?arrêtera jamais.
S?il recherchait de nouveaux défis, l?Allemand en a au moins trouvé un, auquel, en fait, il pense peut-être depuis longtemps mais qu?il n?a jamais avoué : le cap des 100 succès.
En ce moment, personne ne peut se dresser sur sa route, pas même Kimi Räikkönen, feu son meilleur ennemi, dont la nouvelle McLaren-Mercedes MP4-19B, apparue une semaine plus tôt en France, est une réussite... encore insuffisante.
Auteur de la pole après avoir dominé les essais libres, le Finlandais, qui n?avait pas fait mieux qu?une cinquième place cette saison, termine deuxième, non loin de Schumi.
Tout s?est joué, comme souvent, lors de la première séance de ravitaillements.
Parti sur une stratégie à trois arrêts, Räikkönen a pris un départ supersonique avant de rentrer aux stands au 11e tour. L?Allemand, parti pour s?arrêter deux fois, a alors accéléré et fait monter l?écart avec la McLaren à plus de 20 secondes. Ravitaillant au 15e tour, il est revenu sur la piste à la première place et ne l?a plus jamais lâchée.
Pilotage parfait et gestion de course idem, la machine Ferrari a de nouveau frappé et ce n?est pas le spectaculaire accident de Jarno Trulli, sorti indemne de sa Renault après être parti en toupie, puis en tonneaux, nécessitant l?intervention de la safety-car, qui aura pu changer la donne. C?était juste le moment le plus chaud d?un week-end très nordique, dans son temps comme dans ses animateurs.
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