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Crise hydrique

Deux mois à tenir avant les fortes pluies

7 octobre 2026, 15:00

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Deux mois à tenir avant les fortes pluies

Le niveau de Mare-aux-Vacoas est tombé à 35,9 %, contre 88,6 % à la même période l’année dernière, soit environ 13 millions de mètres cubes d’eau en moins.

Face au niveau critique des réserves et aux difficultés d’approvisionnement dans plusieurs régions, une réunion de crise s’est poursuivie hier sous la présidence du ministre de l’Énergie et des services publics, Patrick Assirvaden. L’objectif : faire le point sur la situation et décider des mesures à prendre pour gérer les ressources disponibles jusqu’au retour des pluies.

Les différents organismes concernés par la gestion de l’eau étaient représentés, notamment la Central Water Authority (CWA), les services météorologiques, l’Irrigation Authority et la Wastewater Management Authority (WMA).

Selon les données présentées par les services météorologiques, sept des neuf premiers mois de l’année ont enregistré un déficit pluviométrique. Une situation qui explique largement la baisse du niveau des réservoirs. Patrick Assirvaden a également évoqué une évolution dans la répartition des précipitations. Alors que les pluies tombaient davantage dans le Sud-Ouest, elles auraient tendance à se déplacer vers le Nord-Est. «Là où nous avons les réservoirs, la pluie ne tombe pas», a-t-il fait ressortir.

À sec jusqu’à mi-décembre

Hier, Mare-aux-Vacoas affichait un taux de remplissage de seulement 35,9 %, contre 88,6 % à la même période en 2025. Cette différence représente environ 13 millions de mètres cubes d’eau en moins, selon le ministre.

Les prévisions météorologiques indiquent que des pluies plus conséquentes sont attendues vers la mi-décembre. Il faudra donc traverser les mois d’octobre et de novembre avec les réserves disponibles. Patrick Assirvaden prévient que cette situation aura des répercussions sur la distribution.

Un autre problème structurel complique la gestion de la crise : les réservoirs du pays ne sont pas interconnectés. Il n’est donc pas possible de transférer facilement l’eau d’un réservoir à un autre en fonction des besoins, contrairement au système mis en place à Rodrigues.

La baisse du niveau de Mare-aux-Vacoas se répercute déjà sur les volumes acheminés vers La Marie. Auparavant, environ 110 000 m³ d’eau étaient pompés quotidiennement pour la distribution. Ce volume est désormais tombé à environ 61 000 m³, soit près de 50 000 m³ de moins.

Dix forages de plus

Plusieurs mesures doivent être mises en œuvre durant les deux prochains mois. Une dizaine de forages situés dans la région de Mare-aux-Vacoas seront notamment connectés au réseau par la CWA. Ils devraient apporter environ 31 000 m³ d’eau supplémentaires. L’objectif est de réaliser ces connexions d’ici à la fin du mois.

Le gouvernement mise également sur des Containerised Pressure Filtrations (CPF). Quinze unités avaient été commandées il y a quatre mois et sept sont déjà arrivées à Maurice. Les quinze devraient être installées d’ici fin novembre et permettre d’injecter environ 33 000 m³ d’eau supplémentaires dans le réseau.

Une autre intervention concerne l’eau provenant de Mare-Longue et acheminée vers La Marie. Environ 15 000 m³ y sont actuellement pompés, mais un seul conduit est disponible. L’installation d’un deuxième conduit est envisagée afin d’apporter 15 000 m³ supplémentaires au réseau. L’investissement nécessaire est estimé entre Rs 100 mil- lions et Rs 150 millions.

62 % de fuites

Au-delà de l’urgence, Patrick Assirvaden insiste sur la nécessité de revoir la gestion de l’eau à long terme à travers un plan Marshall en six points. Certaines mesures ont déjà été mises en œuvre, tandis que d’autres restent à concrétiser. Le ministre a notamment évoqué les importantes pertes sur le réseau.

Selon lui, 62 % de l’eau sont perdus à cause des fuites. Remplacer quelque 1 500 kilomètres de conduits nécessiterait environ Rs 37 milliards, une somme que le pays ne peut actuellement mobiliser. Maurice a obtenu Rs 2,9 milliards de l’Inde pour des travaux sur le réseau. L’exercice d’appel d’offres devra toutefois être relancé, le montant proposé ayant dépassé l’enveloppe prévue d’environ Rs 400 millions.

Dessalement dans le nord

Face aux effets du changement climatique, Patrick Assirvaden estime que le dessalement doit désormais faire partie des options à considérer. Le ministre souhaite notamment intégrer au plan Marshall un projet de dessalement dans le Nord.

Concernant le barrage de Rivière-des-Anguilles, il a indiqué que l’appel d’offres a été relancé et que les autorités attendent désormais le feu vert du Central Procurement Board pour poursuivre la procédure. Le gouvernement souhaite parallèlement mieux exploiter les eaux usées traitées. Selon Patrick Assirvaden, quelque 55 000 m³ d’eau traitée sont rejetés chaque jour dans la mer. Cette ressource pourrait notamment être utilisée pour l’irrigation. Des discussions ont déjà eu lieu avec la Mauritius Export Association (MEXA) afin d’examiner les possibilités d’utilisation et de commercialisation de cette eau traitée.

Certaines compagnies privées utilisent déjà ce système en achetant de l’eau traitée auprès de la WMA pour leurs besoins en irrigation. Le ministre a également cité l’exemple de Médine, où un forage produit environ 5 000 m³ d’eau. Cette ressource a été récupérée afin d’être injectée dans le réseau.

35 camionsciternes

La CWA renforcera aussi sa flotte de camionsciternes pour approvisionner les régions confrontées à des coupures ou à un manque d’eau. Trente-cinq camions-citernes, dont des véhicules de grande capacité, seront mis à la disposition de la population.

Patrick Assirvaden a souligné que les équipes de la CWA travaillent jusque tard dans la journée pour assurer ces distributions. Il a lancé un appel à la population afin qu’elle respecte les employés mobilisés sur le terrain.

Le ministre recommande également aux foyers qui ne disposent pas encore de réservoir d’eau de s’en équiper, avertissant que la situation pourrait devenir plus difficile au cours des prochaines semaines. Il rappelle que le gouvernement accorde des aides financières pour l’acquisition de réservoirs.

Un Monitoring Committee se réunit désormais quotidiennement à 13 heures au ministère. Il est chargé d’évaluer, jour après jour, l’évolution de la situation dans les six zones du pays et d’adapter les mesures d’approvisionnement en conséquence.

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