Publicité
Maurice ne ferme pas la porte diplomatique
Par
Partager cet article
Maurice ne ferme pas la porte diplomatique
Le Commonwealth, dont Maurice voulait se séparer, offre tout son soutien à la cause mauricienne. C?est le point fort de la visite londonienne de Paul Bérenger, fertile en rebondissements diplomatiques...
Si le Premier ministre mauricien n?a pu rencontrer son homologue britannique - Tony Blair n?ayant pu officiellement se libérer de ses engagements - en revanche, Paul Bérenger rentre au pays aujourd?hui fort d?une promesse de Don McKinnon, secrétaire général du Commonwealth : Maurice pourrait bénéficier des conseils juridiques du Commonwealth Legal Advice Service, dans sa lutte pour recouvrer sa souveraineté sur l?archipel des Chagos.
Outre ce soutien, le Premier ministre a également profité de son séjour à Londres pour consulter les hommes de loi de Brown Lee, cabinet britannique retenu par le gouvernement mauricien. « Selon nos avocats, il existe une possibilité de recourir à la Cour internationale de justice (CIJ) pour un avis consultatif, » explique Jayen Cuttaree, Premier ministre par intérim.
Cependant, à ce stade, on ne sait pas quelle faille les juristes britanniques pourraient trouver dans la parade de dernière minute des autorités britanniques qui ont verrouillé pratiquement tout recours juridique. En adoptant des mesures d?exception au Parlement en début de semaine, le gouvernement de Tony Blair a court-circuité la voie que Maurice comptait prendre - sortir du Commonwealth - pour obtenir l?avis consultatif de la CIJ.
Après ces amendements inattendus, qui ont choqué les autorités mauriciennes, celles-ci devaient subir un deuxième revers : la rencontre au sommet entre Tony Blair et Paul Bérenger, souhaitée par le gouvernement mauricien pour décanter la situation, n?a pas eu lieu. A la place, les Britanniques ont proposé une conversation téléphonique entre le Foreign Secretary Jack Straw et le Premier ministre mauricien ou une rencontre avec l?Overseas Territories Minister Bill Rammel. «The Mauritians told them that he could not fit that in his diary...», fait ressortir l?agence de presse Reuters. Un refus qui traduit l?exaspération du Premier ministre... Mais Tony Blair a vite fait parvenir une lettre à Paul Bérenger Après réception de cette «friendly letter», Bérenger a laissé entendre qu?il ne fallait pas fermer la porte diplomatique avec Londres.
Dans son entourage, on explique que c?est la rencontre avec Don McKinnon qui a le plus réconforté Paul Bérenger. Le secrétaire général du Commonwealth a condamné sans réserve la façon de faire du gouvernement Blair. « The very fact that you can do something 40 years ago and probably get away with it 40 years ago, when it comes to bringing this sort of issue into the 21st Century... people never like being lifted and taken away from their homes », a-t-il déclaré à la presse britannique après sa rencontre avec Bérenger.
Don McKinnon n?est pas le seul à s?offusquer du refus du Premier ministre britannique de recevoir Paul Bérenger. Certains députés travaillistes abondent dans le même sens. «It?s outrageous », déclare de Londres Jeremy Corbyn, député travailliste (voir interview ci-dessous).
Le litige mauriciano-britannique sur la souveraineté de l?archipel des Chagos a été largement répercuté dans la presse internationale. Le sujet a été repris entre autres par BBC News dont la couverture ce cette crise a été régulière, The Independent, The Guardian, et Gulf News. Si BBC News et The Guardian se sont limités à rapporter les faits, en revanche, d?autres journalistes ont pris position sur la question.
Faisant écho à l?opinion exprimée par certains diplomates sur ce litige, l?auteur de l?article de The Independent, Anne Penketh, écrit: « C?est l?arrogance avec laquelle les Anglais ont traité ce dossier qui a empoisonné l?atmosphère ».
La prise de position la plus tranchée provient d?une opinion parue dans Gulf News sous le titre « Diego Garcia : île paradisiaque ou la honte britannique ». L?auteur, Linda S. Heard écrit : « Lorsque la vérité éclatera, ce qui devrait se faire un jour, la Grande-Bretagne ne pourra pas fuir ses responsabilités, que ce soit pour le traitement méprisable infligé aux Illois à qui les Britanniques ont systématiquement refusé une compensation, ou pour leur indifférence quant au sort des Chagossiens ».
Cependant, l?auteur ignore qu?en deux fois, les Britanniques ont versé une compensation.
Publicité
Publicité
Les plus récents