Publicité

Des Championnats nationaux mortels !

28 juin 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Aucun enthousiasme, aucune saveur. On s’est ennuyé durant ces deux jours de compétitions comptant pour les Championnats nationaux Vital à Réduit. Bref, c’était mortel !

Ces Championnats nationaux devaient boucler cette saison locale d’athlétisme en apothéose. Mais en fait, ils ne font que lever le voile sur le mal profond qui ronge l’athlétisme local.

Même dame Nature a boudé ces Championnats, une ambiance maussade, pluie, vent, froid… bref, un climat tristounet ; le même qui règne au sein de notre athlétisme…

Comment est-ce qu’une compétition sur invitation peut avoir des épreuves annulées faute d’athlètes ? Ou encore voir certaines épreuves ne compter que trois athlètes, le minimum nécessaire pour l’homologation de la course ou du concours ?

En fait, ce terme “invitation” a pour effet de camoufler le manque d’athlètes et donc les lacunes de l’athlétisme mauricien. Au lieu d’inviter les athlètes, l’Association mauricienne d’athlétisme amateur (AMAA) aurait mieux fait d’imposer des minima pour ces Nationaux.

La pénurie d’athlètes est évaluée non seulement en termes de qualité mais aussi de quantité. Mais, pourquoi ne le voit-on pas ? Tout simplement à cause des quelques arbres qui cachent la forêt…

Ce manque commence à prendre de l’ampleur, puisque les jeunes servent aujourd’hui de… maquillage ! En effet, des gosses venant en nombre courir sur le stade, ça fait joli !

A titre de comparaison, sachez que les plus grands meetings au monde disposent également d’épreuves de jeunes, sauf qu’elles ont lieu en prélude à la compétition. Ainsi, ces jeunes peuvent s’amuser sur la piste et par la suite voir leurs aînés en action, apprendre, découvrir cette discipline.

Chez nous, non ! Les épreuves jeunes (poussins, benjamins et minimes) interviennent au beau milieu de la compétition. Et ces derniers n’ont même pas la chance de voir leurs aînés en action. Dommage…

Tout porte à croire que ces épreuves jeunes sont là pour combler les trous dans le programme, histoire de trouver quelque chose pour faire patienter le public. Encore faut-il qu’il y en ait…

L’athlétisme mauricien s’endort sur ses lauriers depuis quelque temps déjà. Avec les exploits de Stéphan Buckland et d’Eric Milazar, qui tutoient le haut niveau mondial ou encore de Jonathan Chimier, Arnaud Casquette, Fernando Augustin, on pourrait croire que l’athlétisme se porte à merveille. Foutaises !

Ne dit-on pas que la victoire est le plus puissant des maquillages ? C’est exactement cela. Car, au fait, il y a qui derrière ces athlètes ?

Pourquoi les jeunes boudent-ils l’athlétisme pour que nos meilleurs minimes ou cadets disparaissent par la suite ? La raison pourrait être la communication qui ne passe pas entre la fédération et les athlètes. Les athlètes, il faut les respecter, leur donner le sens des responsabilités. Le monde évolue à vitesse grand V, et il faut savoir suivre le rythme…

Partout où vous allez sur le stade Maryse-Justin, il y a comme un sentiment de dégoût. Les athlètes se plaignent, les entraîneurs aussi… La frustration fait rage et ce n’est pas beau à voir !

Il est temps que les choses bougent, qu’on redynamise l’athlétisme local, qu’on prépare l’avenir. Qu’on fasse place aux vraies priorités…

Qu’on mette de côté toutes les susceptibilités et qu’on ose enfin faire bouger les choses dans l’intérêt des athlètes, ou tout simplement dans l’intérêt de l’athlétisme…

Publicité