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L?équipe de France à genoux

26 juin 2004, 20:00

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Ça y est, ils sont dans l?avion eux aussi ! À force de se moquer de la déchéance des grandes nations du football, après les éliminations de l?Italie, l?Allemagne et l?Espagne au premier tour suivi de l?Angleterre en quart, la France a fini par les rejoindre. Et voilà les pays accueillant les cinq meilleurs championnats d?Europe au tapis.

Les Bleus quittent la compétition et abandonnent leur couronne en empruntant la petite porte, face à la Grèce vendredi (0-1). Un échec en quart de finale sans gloire face à une équipe qui n?avait jamais gagné un match en phase finale avant l?Euro 2004 ! Les champions d?Europe sont bien pâlots.

Sans inspiration créatrice, sans solidité défensive et sans fond de jeu, l?équipe de France n?a finalement que ce qu?elle mérite puisqu?elle n?a jamais convaincu durant ce XXIIe Championnat d?Europe des Nations, après avoir retardé l?inéluctable défaite qui lui pendait au nez jusqu?au rendez-vous grec?

Un jeu stereotype

Plusieurs raisons expliquent ce fiasco. Il y a tout d?abord une incapacité à surprendre l?adversaire. Le jeu français est bien trop stéréotypé avec son 4-4-2 où il suffit souvent de neutraliser Zinedine Zidane pour stopper les velléités offensives des Bleus.

Trop prévisible, la France a été gênée dans son expression offensive face à l?Angleterre, la Croatie, la Suisse et la Grèce. Bref, à tous les matches ! Et leurs rivaux n?étaient même pas les principaux favoris de l?Euro?

À chaque fois, le jeu des Bleus repose sur les exploits individuels de leurs stars. Or, ces dernières étaient loin d?être au top physiquement. Ainsi, avec Zidane par-ci l?Angleterre est battu in-extremis, avec Henry par-là les modestes Suisses sont écartés 3-1. Mais que ce fut laborieux?

La défense est quant à elle pathétique avec un Thuram dans l?axe et un Gallas à droite, alors que les deux joueurs sont largement meilleurs dans leurs postes habituels, c?est-à-dire l?inverse !

Même avec cette équipe poussive, certains supporters avaient préféré ne retenir que les victoires et la première place du groupe B, oubliant le faible niveau de jeu de la France. Or, si la culture des victoires à la Pirrhus est ancrée dans le jeu allemand, ça ne marche pas pour les Français qui ne savent pas jouer contre-nature, gagner sans faire le jeu.

Y avait-il un sélectionneur dans l?avion bleu ?

Et puis, il faut dire qu?ils n?ont pas été gâtés avec Jacques Santini comme sélectionneur les Bleus ! Contrairement à celui qui l?a battu en quart de finale, l?Allemand Otto Rehhagel (qui a modelé la formation grecque à son image) ou le Brésilien Felipe Scolari (qui a réussi à faire du Portugal une belle équipe au jeu plaisant), Santini n?a jamais brillé.

En fait, il n?est pas un meneur d?hommes comme Aimé Jacquet, qui avait conduit les Bleus au sacre mondial en 1998 avec une équipe pourtant très critiquée, et n?a pas le flair de Roger Lemerre, dont les changements décisifs avaient contribué à l?éclatante victoire à l?Euro 2000.

Ses déclarations hésitantes et l?impression d?être désemparé quand son équipe est menée ne rassurent personne. Ses choix tactiques sont peu reluisants, Zidane ayant dû changer de poste en pleine compétition pour pallier le manque en milieu de terrain. Sa sélection fait également débat, puisque Micoud ou Dhorasoo sont aussi des n°10 de calibre. Nicolas Anelka, le préféré de Zidane en attaque, n?est également pas aimé du patron des Bleus? À la décharge de Santini on notera quand même les absences précieuses de Ludovic Giuly (blessé) et de Djibril Cissé (suspendu).

Un groupe sans âme

En fait, Jacques Santini n?a pas voulu remettre en question le groupe dont il a hérité, à en croire l?ancien gardien des Bleus, Bernard Lama. D?ailleurs, le groupe 2004 ressemblait beaucoup à celui de l?autre fiasco de la Coupe du monde 2002? Santini a sélectionné quelques jeunes qui ont flambé récemment mais ils ne se sont pas vraiment fondus dans le moule (on pense à Mikael Silvestre entre autres).

Comme on l?avait dit dès le premier match, cet ensemble incertain qu?avait présenté la France face à l?Angleterre s?en est sorti grâce à un miracle mais ne pouvait compter sur la chance pour aller très loin. La sanction a été immédiate et lapidaire : la Grèce a mangé les Bleus, sans que leur gardien n?ait eu à stopper un seul tir cadré en quatre-vingt-dix minutes d?une parodie de football. Seul Bixente Lizarazu a eu le mérite de se battre et d?y croire jusqu?au bout alors que Zizou donnait l?impression de ne plus rien avoir dans les chaussettes et que Trezeguet était une fois de plus le fantôme des Bleus en attaque pour le? quatrième match d?affilée ! Santini n?a jamais cru bon de faire débuter Louis Saha à sa place sans doute parce que Tottenham occupait déjà son esprit?

Le seul point positif restera la victoire irréelle face à l?Angleterre (2-1), au premier match, qui est le premier succès des Bleus sur les sujets de sa Majesté dans une phase finale. Pour l?heure, il est grand temps de trouver un nouveau sélectionneur (Jean Tigana tient la corde) pour passer le grand coup de balai nécessaire avant la Coupe du monde 2006. Les détracteurs de l?équipe de France ont finalement raison : « L?équipe de France a tout l?air d?une championne des matches amicaux?»

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