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Les Espagnols donnent le thon
Des Espagnols vont se joindre à la Société du Port comme partenaire stratégique pour la construction d?une usine de traitement de thon à Port-Louis. Le projet de faire de Maurice un centre de transbordement, de stockage, de traitement et de réexportation des produits de mer (Sea Food Hub) est ainsi en bonne voie.
Comme annoncé dans le Budget 2004-2005, le coût du projet est estimé à Rs 500 millions et fournira de l?emploi à environ un millier de personnes. Le projet consiste à produire 25 000 tonnes de filets de thon annuellement pour être exportées vers l?Europe.
Le groupe espagnol possède une grosse flotte de bateaux de pêche au thon dont la plupart opèrent aux Seychelles. Une partie du thon requise par les opérations de la nouvelle usine arrivera à Maurice par les navires de cette compagnie espagnole directement des zones de pêche dans l?océan Indien. Le reste sera transbordé aux Seychelles avant d?être acheminé à Maurice.
La Société du Port est composée de Ireland Blyth Ltd, Rogers, Harel Mallac, Mauritius Chemical and Fertilizer Industry Ltd et United Docks.
L?étude de l?Environmental Impact Assessment (EIA) est déjà complétée. Le rapport sera déposé d?ici la fin de la semaine. Si tous les permis sont obtenus dans les plus brefs délais, la direction de la Société du Port estime que l?usine devrait pouvoir commencer ses opérations dans les premiers mois de l?année prochaine. Les détails techniques du plan de l?usine ont été finalisés.
Environ 60 000 tonnes de thon seront importées annuellement. La capacité de traitement de l?usine sera d?environ 300 tonnes de thon par jour. L?usine opèrera 24 heures sur 24. Elle se trouvera à Port-Louis sur le site actuellement occupé par la compagnie Associated Containers Services Ltd, non loin du port.
Transformé puis mis sous vide
Le thon sera transformé en filets (longes) précuits. Mis dans des emballages sous vide, le produit sera réexporté en conteneurs réfrigérés vers une conserverie européenne où il subira une transformation additionnelle avant d?être mis en boîte.
Les bateaux qui viendront décharger leurs cargaisons de thon destinées à cette usine vont créer des activités additionnelles. Ils pourront entrer en cale sèche du Chantier naval de l?océan Indien ou celle de Taylor Smith Ltd pour des travaux de carénage, de réparations et de maintenance. De plus, ils pourront profiter de leur passage à Port-Louis pour se ravitailler avant de repartir pour leurs campagnes de pêche.
Une campagne de promotion pour vendre Maurice comme un Sea Food Hub s?est déroulée il y a quelques semaines à Bangkok. Des représentants des opérateurs, des acheteurs, des scientifiques et des producteurs du thon étaient présents.
Le secteur privé y était représenté, entre autres, par Maurice Rault, Chief Executive de Froid des Mascareignes (FDM) et Maurice Vigier de Latour, Chief Executive de Mauritius Freeport Development Co Ltd. Le secteur public y était également représenté.
Selon Maurice Rault, cela a été l?occasion pour les représentants mauriciens de faire un exposé sur les facilités offertes par le gouvernement pour les activités du port franc, en particulier le Sea Food Hub, et aussi pour le transport maritime des produits frigorifiés sur l?Europe.
?Il est clair qu?il y a de la place pour d?autres opérateurs car actuellement nombreux sont les navires qui transbordent leurs cargaisons de thon en haute mer. Environ 850 000 tonnes de thon sont pêchées dans l?océan Indien chaque année?, ajoute-t-il.
Ces investissements de la Société du Port vont attirer à Maurice une partie des cargaisons de thon déchargées actuellement aux Seychelles par des bateaux de pêche européens et exportées ensuite vers l?Europe.
Quelque 350 000 tonnes de thon y sont déchargées par an. De ce chiffre, environ 225 000 tonnes partent pour l?Europe. Il y a aussi 50 000 tonnes qui viennent à Maurice pour la conserverie Princes? Tuna de Riche-Terre.
?Cela fait qu?une très grosse partie est acheminée tout entier vers l?Europe et d?autres destinations. Or, s?ils viennent à Maurice, ils peuvent économiser entre 40 % et 50 % du coût du fret, d?autant plus qu?ils vont exporter que les filets du thon. Nous voulons attirer d?autres opérateurs à Maurice pour le traitement du thon destiné à l?exportation?, estime Maurice Rault.
Pour faire face à la demande accrue du thon, en particulier à celle de la nouvelle usine de traitement de ce poisson, FDM a investi Rs 30 millions dans l?agrandissement de son quai de déchargement. Les travaux vont démarrer dans deux semaines et seront terminés à la fin de l?année. Une deuxième extension sera en route l?année prochaine. FDM a aussi un projet d?agrandissement de ses chambres froides, dont le coût est estimé à Rs 60 millions.
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