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« Sir Anerood Jugnauth et moi avons fait un tour d?horizon politique »
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« Sir Anerood Jugnauth et moi avons fait un tour d?horizon politique »
<B>Vous dites partout que vous vous préparez à prendre le pouvoir. Sur quoi repose cette assurance ? </B>
Je me fie au succès que nous avons sur le terrain et au résultat de l?élection partielle à Piton-Rivière-du-Rempart. Nous avons remporté une victoire en dépit des abus de l?alliance MSM-MMM. Sur le terrain, il y a de la déception et du dégoût à l?égard du gouvernement. Ses jours sont comptés.
<B>N?est-ce pas vos discussions avec l?un ou l?autre partenaire de la coalition gouvernementale qui vous confèrent cette assurance ? </B>
Valeur du jour, nous pensons que nous sommes très forts sur le terrain. Qu?un des partenaires de l?alliance gouvernementale veuille se joindre à nous, c?est tant mieux.
<B>Soyons directs. Y a-t-il en ce moment des discussions entre le MSM et le Ptr ? </B>
Pas entre le leadership du MSM et celui du Ptr. Il y a toujours des personnes qui souhaitent un rapprochement entre nos deux formations et qui veulent d?une alliance Bleu-Blanc-Rouge. Il y a des propositions.
<B>En d?autres mots, on déblaye le terrain</B>
Si vous voulez. Vous savez, le Ptr a des convictions. Nous ne ferons pas de compromis sur certaines questions. S?il y a d?autres partis qui, maintenant, sentent qu?ils doivent se joindre à nous, ils sont les bienvenus.
<B>Votre rencontre avec le président de la République indique-t-elle un changement de votre part à l?égard de sir Anerood Jugnauth ? </B>
Vous savez, Sir Anerood Jugnauth est maintenant président de la République, il est au-dessus de la mêlée politique. J?avais pris rendez-vous pour discuter des attributions de la commission d?enquête sur Mare-Chicose et des questions liées au fonctionnement de l?Independent Commission Against Corruption (Icac).
<B>Qui va vous croire quand vous dîtes que pendant cinquante minutes vous avez discuté que de Mare-Chicose et de l?Icac avec sir Anerood Jugnauth ? </B>
Nous avons parlé politique. Sir Anerood et moi avons fait un tour d?horizon politique. Mais je ne pourrai pas vous dévoiler la teneur de la conversation que j?ai eue avec le président de la République. Vous devez comprendre.
<B>Vous dîtes que sir Anerood Jugnauth est maintenant au-dessus de la mêlée. Mais il n?y a pas longtemps, vous disiez qu?en acceptant d?être président de la République, l?ancien leader du MSM avait commis une trahison. </B>
J?avais dit que sir Anerood Jugnauth avait pris l?engagement qu?on allait accroître les pouvoirs du président de la République, quand il occupera ce poste. Or, il n?en a rien été. C?est dans ce sens que je parlais de trahison de l?électorat. Mais tout cela est derrière nous maintenant.
<B>Vous aviez accusé sir Anerood Jugnauth de faire de la politique active au Réduit. Cela aussi est derrière nous ? </B>
C?était durant la campagne de l?élection partielle. Mais je vous répète, tout cela est derrière nous. Maintenant, j?ai autre chose à discuter avec sir Anerood Jugnauth. Et en tant que leader de l?opposition, je ne peux me dispenser de discuter avec le président de la République.
<B>Vous parlez très peu du fonctionnement de l?Icac. Y a-t-il convergence de vues entre vous et sir Anerood Jugnauth sur ces questions ? </B>
J?ai parlé de mes appréhensions et je pense qu?à la lumière des documents que m?a remis Jack Bizlall, il fallait une réunion de l?Appointment?s Committee. Mais c?est la prérogative du président de la République de le convoquer. Et lui pense qu?il faut attendre la fin de l?enquête policière sur les allégations faites contre le commissaire de l?Icac avant de prendre quelque initiative.
<B>Pravind Jugnauth tient un langage très proche du vôtre en ce qui concerne la démocratisation de l?économie. Est-ce un signe de rapprochement entre vous ? </B>
C?est un bon signe si maintenant Pravind Jugnauth trouve qu?il faut démocratiser l?économie. Je fais des convertis même au sein du gouvernement. C?est toujours un premier pas.
<B>Pourrait-il avoir un rapprochement entre le MMM et le Ptr ? </B>
Les gens doivent comprendre que tous les politiciens ne sont pas pareils. Pour moi l?important, c?est l?orientation politique et les valeurs que nous défendons. On ne peut parler d?alliance sans tenir compte de ces principes.
<B>Depuis l?élection partielle à Piton-Rivière-du-Rempart, vous n?attaquez plus les Jugnauth, Bérenger est votre unique cible. Pourquoi ce changement de discours ? </B>
C?est ainsi parce que c?est Bérenger le Premier ministre. C?est lui mon adversaire direct et c?est lui qui décide de la politique du gouvernement.
<B>Mais ce Bérenger que vous combattez était bien en alliance avec vous ? </B>
C?est une alliance qui n?a pas duré en raison des divergences profondes entre Bérenger et moi. Je m?attendais à une alliance sincère dans l?intérêt national, mais une fois au pouvoir cela n?a pas été le cas. Certains au MMM faisaient un travail de sape contre le Ptr.
<B>Pourtant en 2000, il était encore question d?une alliance Ptr-MMM ? </B>
Oui, le MMM voulait une alliance avec moi avec les mêmes conditions de 1995. La seule différence était que Bérenger réclamait le ministère des Finances. Moi, j?ai préféré des élections claires à des élections faciles. Je ne voulais pas redevenir Premier ministre et me retrouver dans la même situation qu?en 1996.
<B>Que dites-vous aux Mauriciens qui pensent que l?État de droit fout le camp ? </B>
Ils ont parfaitement raison. Il y a ingérence partout et les institutions ne fonctionnent plus. Quand la population perd confiance dans les institutions, il n?y a plus d?État de droit. Partout les gens du MMM sont protégés.
<B>Seulement du MMM et pas du MSM ? </B>
Je ne vois que ceux du MMM qui bénéficient de faveurs. Voyez, Ally Lazer parle d?un MMM au n° 17 de sa liste et tout de suite personne ne se souvient de la liste de Lazer.
<B>N?avez-vous pas reçu cette liste ? </B>
Non, je ne l?ai pas reçue. Il y a une chose que je ne comprends pas. Quand Bérenger reçoit le rapport de la National Intelligence Unit sur l?affaire de la rue Gorah Issac, il photocopie le document, mais quand il reçoit une liste de trafiquants d?Ally Lazer, il ne me la remet pas. Il a un trou de mémoire.
<B>Vous dites qu?une fois au pouvoir, vous remettrez en cause les investissements dans les Integrated Resorts Scheme (IRS). N?est-ce pas irresponsable à un moment où les investissements sont rares ? </B>
Il est faux de dire que le Ptr est contre le secteur privé. Nous prônons une politique économique libérale. Il n?est pas nécessaire qu?un même groupe fasse tout le business à Maurice. Il faut donner la chance à tout le monde. Quant aux IRS, il faut se dire qu?on ne peut donner le patrimoine national et les meilleures plages de Maurice à des étrangers.
<B>Vous ne pensez pas qu?un tel discours fera fuir les investisseurs ? </B>
Quoi, les investisseurs qui veulent seulement venir prendre nos terres pour construire des complexes luxueux et jouir de nos plages ! Nous ne voulons pas de ces investisseurs là. Nous voulons des investissements productifs.
<B>Quelle est la position du Ptr par rapport à la réforme électorale ? </B>
C?est une occasion ratée. Il y a eu la commission Sachs, le Select Committee présidé par Ivan Collendavelloo qui est allé dans le même sens que Sachs. Bérenger, pour des raisons purement politiques, rejette le tout pour se ranger sur une proposition qui n?a aucun sens.
<B>Mais c?est la proposition du MSM</B>
Mais Bérenger l?a acceptée. C?est une insulte au professeur Sachs, ses assesseurs et au secrétaire général du MMM. On ne peut pas changer un système électoral pour faire plaisir à des leaders politiques en perte de vitesse. S?il persiste, nous descendrons dans la rue.
<I>C?est un bon signe si maintenant Pravind Jugnauth trouve qu?il faut démocratiser l?économie. Je fais des convertis même au sein du gouvernement. C?est toujours un premier pas.</I>
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