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Vishnou chanteur au coeur battant
Il pèse ses mots et rappelle fièrement qu?il a réussi à l?étranger. Vishnou Carombayenin, auteur, compositeur et interprète, revient cette année avec trois albums pour ses 25 ans de carrière. L?artiste mauricien commence aujourd?hui, une tournée de promotion, de son album Dernier regard, en France, Suisse et en Angleterre.
Le calme, Vishnou ne connaît pas. Les jérémiades, non plus. Lui, c?est un battant, un chanteur qui a commencé comme un «ti zenfant Trèfles», qui vendait son premier album Amina comme un marchand ambulant: sur l?asphalte, sans rien. Sauf sa volonté !
Vishnou est un chanteur, un provocateur. Il n?a rien à cacher. Dans sa demeure à Flic-en-Flac, on retrouve des statuettes de Bouddha, de Père Laval, des dieux hindous entre autres. «Je veux une ambiance Peace & Love chez moi, dans ce que je vis et ce que je fais», soufflé Vishnou. Après tout, il peut bien se le permettre maintenant qu?il a 25 ans de carrière derrière lui, au moins une vingtaine d?albums, une maison sur la frontière suisse, un restaurant, sans oublier ses fonctions de directeur artistique et la liste s?allonge encore.
Aujourd?hui, on a rendez-vous avec le chanteur méticuleux. Sorti une première fois en 2000, son album Dernier regard paraîtra de nouveau à la fin de mai avec des habits neufs, taillés par Bee Vedachellum, le directeur de Meli-Melo Music. «Tout a été remasterisé. Il y a une nouvelle maquette, les chansons ont connu certains changements, enfin, nous avons rehaussé la qualité du précédent album», explique Vishnou. Il présente, dès aujourd?hui, Dernier Regard à Paris, à Genève et en Angleterre.
Le Mauricien prépare aussi deux autres albums pour cette année : un nouvel opus Dernier Départ et Amina, revisité. Dernier Départ parlera de la séparation de deux êtres, malgré leur amour. Ce qui caractérise Vishnou, c?est la diversité dans ses chansons. «Je ne suis pas un chanteur de seggae ou de séga, je chante des chansons ?eurafrasienne??». Eurafrasienne, comme dans Europe, Afrique et Inde.
Romantisme, détresse, révolte, joie, coup de gueule. Tant de mots qui pourraient dépeindre le vrai Vishnou. Mais ses albums Dernier Regard et Dernier
Départ montrent une seule facette de lui : l?homme au c?ur brisé. «En dévoilant le secret de ma détresse, j?ai goûté au délice du succès», explique-t-il. Ressassant une éternelle douleur, Vishnou est d?un romantisme touchant, qui ne parvient toujours pas à oublier son chagrin d?amour. Cela fait 25 ans qu?il porte la même peine, depuis son premier album Amina, sorti le 9 octobre 1980. A cette évocation, la voix est émue, le ton à peine perceptible. Ses paroles ? «ène dernier regard lors la gare, ène dernier bisou lor to lazou» ? il les porte comme des cicatrices. Un amour qu?on perd, mais la vie continue. « Je vis avec le passé certes mais c?est avec le présent que je construis le futur. Dans mes chansons, je veux tout simplement montrer que j?existe ! » Et il existe bien Vishnou, à travers ses chansons, mauriciennes jusqu?au bout des ongles, et à travers ses nombreux voyages autour du monde.
L?artiste se souvient avoir eu du mal à prouver cette existence, en dépit d?une discographie qui s?allongeait avec Leker brisé, Destination mo rêve, Le bateau de l?amour, Pa verse to larme. «Je ne cache pas que la presse m?a boycotté pendant des années. Les gens se demandaient comment un malabar pouvait chanter du séga. Mais c?est mal me connaître si vous pensez que j?allais arrêter !» Tout ceci appartient désormais au passé. Pour preuve : son prochain album Dernier Départ sortira à la fin d?octobre et la nouvelle version d?Amina vers décembre. En attendant, il a livré Dernier Regard.
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