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Compensation salariale : Barème de Rs 115 à Rs 220

13 mai 2004, 20:00

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C?est presque timidement que les centrales syndicales ont exprimé, hier, leur satisfaction sur la compensation salariale pour l?année 2004-2005. Les plus bas salaires bénéficieront d?une augmentation de 4,5 %, soit un taux supérieur à celui de l?inflation, estimée à 3,9 %. La compensation maximale, pour ceux percevant plus de Rs 8 000 par mois, a été fixée à Rs 220. Contrairement aux années précédentes, ce n?est pas le Conseil des ministres qui décidera, en dernier ressort, du barème de la compensation. Le consensus a en effet été trouvé durant les négociations malgré les réserves du patronat.

A la sortie de la réunion, Pravind Jugnauth, le Premier ministre suppléant, ministre des Finances et président du comité tripartite exprime sa satisfaction. ?Les négociations se sont déroulées dans une très bonne ambiance? les partenaires ont agi avec responsabilité dans l?intérêt du pays?, dit-il. Pour le ministre des Finances, une attention particulière devait être accordée aux ? travailleurs au bas de l?échelle?. La compensation minimale sera donc de Rs 115, alors que l?année précédente, avec une inflation à 5,1 %, celle-ci avait été fixée à Rs 110. Les syndicalistes, si avares de remerciements à la sortie des tripartites, ont d?ailleurs remercié le gouvernement à ce sujet.

Les remerciements, Pravind Jugnauth en a reçu un petit lot. Il semble avoir réussi à marquer les négociations de son style. Les syndicalistes ont semblé apprécier son sens du dialogue et ses qualités d?écoute. ?On a eu l?impression que ces tripartites n?ont pas été uniquement une formalité où le gouvernement ne fait qu?imposer un barème de compensation qu?il a lui-même décidé auparavant?, explique Toolsiraj Benydin, président du National Trade Union Congress (NTUC).

Pour la forme, les syndicalistes ont toutefois rappelé que leurs demandes initiales n?ont pas été retenues. Le NTUC avait réclamé une compensation de Rs 600 pour tous les salariés. Toolsiraj Benydin, ?regrette? que cette suggestion ait été mise au placard. Mais il admet que le gouvernement a consenti à faire un ?geste?.

Bien qu?ayant lâché du lest, Pravind Jugnauth déclare toutefois avoir maintenu le cap d?une gestion saine de l?économie. Saine, elle devra l?être effectivement, car la compensation est toujours chère à financer. Celle décidée hier coûtera Rs 625 millions au gouvernement. Le secteur privé devra, quant à lui, trouver Rs 955 millions pour payer les hausses salariales. Ce financement préoccupe d?ailleurs le patronat.

?Ce n?est pas tant le quantum de l?augmentation en lui-même qui nous inquiète. Mais le principe même d?accorder une compensation supérieure au taux de l?inflation?, commente Gérard Garrioch, président de la Mauritius Employers? Federation. Il explique que cette largesse du gouvernement pourrait rejaillir sur la situation de l?emploi. La première victime, selon lui, pourrait être la zone franche déjà fragile avec un grand nombre d?entreprises qui sont en situation de pertes. ?Il y a des milliers d?emplois at risk.?

Les syndicalistes pensent, eux, que le patronat dispose d?une plus grande marge de man?uvre pour le paiement de la compensation. Radhakrishna Sadien, président du Mauritius Trade Union Congress (MTUC) estime ainsi que les recettes augmentent dans plusieurs secteurs. Il cite notamment le textile et le tourisme. En même temps, il affirme que d?autres emploient moins de main-d??uvre, tout en maintenant la productivité : ?Ils ne peuvent pas dire qu?il leur sera difficile d?assurer le financement de la compensation.?

A peine sortis de cette session, syndicalistes et patrons pensent déjà à la prochaine. Car les tripartites ? qu?on annonçait moribondes ? se sont refait une nouvelle santé. Patrons et syndicats veulent désormais se rencontrer à intervalles réguliers, d?environ trois mois, pour suivre l?évolution du coût de la vie et discuter de la compensation salariale avant les négociations formelles. D?autres changements pourraient également intervenir. Le calcul du prix du panier de la ménagère ? donc par ricochet de l?indice à la consommation ? pourrait être revu pour mieux refléter les fluctuations du coût de la vie. Cela ne manquera pas de faire l?objet d?un autre débat... qui promet d?être au moins aussi mouvementé que les tripartites.

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