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L?Etat commence là où le privé s?arrête

12 mai 2004, 20:00

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Quel devrait être le rôle de l?Etat dans l?économie ? Si les libéraux ont vu dans l?écroulement du mur de Berlin l?effondrement aussi du dirigisme socialiste comme modèle économique, les scandales financiers d?Enron et de Worldcom ont, eux, été perçus comme les limites du laisser-faire du marché.

Sur le plan local, l?économie est en pleine transition et les vieux modèles ne font plus recette. C?est dans ce contexte, et à quelques semaines de la présentation du prochain budget, que la Jeune chambre économique de Port-Louis a organisé hier un débat avec pour thème ?Le rôle de l?Etat dans l?économie : facilitateur, régulateur ou opérateur ??

Les trois à la fois, ont répondu les participants au débat, notamment le président du Joint Economic Council (JEC), Arif Currimjee, Pierre Dinan, économiste et senior partner de DCDM et Kishore Baguant, responsable du Public-Private Partnership (PPP)Unit du gouvernement et président du conseil d?administration du Central Electricity Board (CEB).

Arif Currimjee qui se définit comme un libéral estime que l?Etat peut avoir les trois rôles. Toutefois, il estime que ?l?Etat ne devrait être un opérateur que dans des secteurs où le privé ne peut pas le faire?. Lui faisant écho, Pierre Dinan précise que l?Etat peut être un opérateur économique dans les secteurs où le privé ne veut pas ou ne peut pas intervenir. Il y a des domaines qui ne sont pas commercialement viables pour intéresser le secteur privé surtout si le marché est trop restreint.

Se contenter d?être participant

Par contre, il y a des projets d?infrastructure qui nécessitent des investissements si importants que ni l?Etat, ni le privé ne peuvent s?y lancer seul. Il cite l?exemple du métro léger qui devra nécessairement mobiliser la contribution de l?Etat et du secteur privé. Le concept du PPP devrait s?appliquer plus particulièrement à ce type de projets.

?Je ne suis pas à l?aise de voir les énormes investissements du gouvernement dans les infrastructures qui pèsent lourd sur le budget. Il doit y avoir d?autres moyens de financer de tels projets?, dit-il.

Pour sa part, Kishore Baguant trouve qu?il y a des domaines ou l?Etat doit être un participant et ne peut pas se contenter d?être un régulateur. Les secteurs d?intérêt stratégique comme l?électricité, la défense, la police et les communications externes tombent dans cette catégorie, estime-t-il.

Mais pour autant, Kishore Baguant qui est aussi président du CEB n?est pas complètement fermé à une participation du privé. Tout dépend des secteurs et du niveau de développement de ces secteurs. La génération de l?électricité a été libéralisée avec l?apport des centrales bagasse-charbon tandis que le réseau de transmission et de distribution reste entre les mains de l?Etat.

Le domaine de l?énergie est encore en phase de construction, soit de développement des capacités. Par contre, les télécommunications ont atteint un niveau de maturité qui permet une libéralisation plus poussée avec la création d?un régulateur, en l?occurrence l?Icta.

Pour ce qui est du rôle de facilitateur de l?Etat, Arif Currimjee, reconnaît que le succès économique du pays est largement attribuable au rôle de l?Etat qui négocie des accords préférentiels pour le sucre et le textile. Dans le domaine de l?offshore et des technologies de l?information et des communications, c?est encore l?Etat qui a pris les devants.

Selon lui, ce modèle d?intervention de l?Etat est dépassé avec la mondialisation. Il faut maintenant chercher des niches dans tous les domaines. L?Etat ne peut le faire. Par contre, ce qu?il peut faire, c?est favoriser l?émergence d?entrepreneurs capables de prendre des risques. Ce sont les mentalités qu?il faut maintenant changer et l?Etat peut y contribuer, dit-il.

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