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L?église Saint-François d?Assise retrouve sa grâce
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L?église Saint-François d?Assise retrouve sa grâce
Les yeux cèdent au réflexe. Ne se préoccupent pas de la cour inachevée. Ensemble, ils grimpent sans s?essouffler, le long des vingt et un mètres de la façade en pierre de taille pour se jucher tout en haut du clocher carré qui donne sur trois jardins. Le calme est palpable et imposant, un sentiment d?assurance né de la convergence en un seul lieu, St- François d?Assise, de l?esthétisme du patrimoine historique et de l?aura d?un passé romancé.
Ceinturé par le Jardin botanique, la plenn pares de Pamplemousses et l?école primaire de la localité, l?église baigne dans une sérénité fraîchement retrouvée. Dix mois de travaux qui ont coûté Rs 12 millions. Le tout orchestré par le père Henri Souchon et exécuté par General Construction.
Sur les talons du prêtre, nous pénétrons dans ?l?édifice orné du millésime 1756, qui se trouve être le plus ancien sanctuaire du pays toujours en usage.? Après le chaos de la cité, l?absence de bruit impose le respect. On voudrait se débarrasser de ces semelles à talons qui résonnent trop fort sur les dalles quadrillées. Que l?on s?approche de l?autel, qu?on lève le nez vers les quatre tableaux de maître restaurés par Emmanuel Richon, ou que l?on monte l?escalier en colimaçon vers la tribune, l?écho de nos pas cherche à retracer un glorieux passé.
Paul et Virginie
Pratiquement sur la pointe des pieds, nous remontons l?allée vers l?autel surélevé. Arrivé à mi-hauteur, le regard se dirige vers la charpente en forme de ?bateau renversé?. Une série de vagues boisées qui évoque l?époque des charpentiers de marine de la colonisation française. Une marée dont le rythme remonte au gouvernement de Mahé de Labourdonnais. Son buste vient d?ailleurs d?être dévoilé, à l?ombre des arbres centenaires qui brassent l?air de St-François d?Assise.
Les lustres, comme des rangées de perles scintillent au bout des arceaux en bois, mettant en lumière la chaire. A droite de l?autel, ses deux séries de marches en bois portent la voix du célébrant dans un décor noir et or peaufiné à coup de doublure de velours rouge. Des couleurs accentuées par la lumière tamisée des vitraux à forte dominante bleue, mauve et orangée. Les petits morceaux de vitre assemblés occupent l?esprit, invitent à la méditation, au recueillement.
Une pointe de nostalgie en souvenir des amants malheureux, Paul et Virginie. Les traces de St- François d?Assise remontent jusqu?au roman de Bernardin de St- Pierre. Revenu dans la cour de l?église, le père Souchon nous montre le coin réservé à la naufragée du St Géran et à son ami. Des blocs de granit empilés en cercle sous le parasol d?un latanier.
?La prochaine étape est de poser des plaques de bronze sur les pierres. ? Gravées dans le bronze, des citations extraites du roman qui a façonné l?image poétique de Maurice. En guise d?avant-goût au Jardin botanique, le visiteur pourra notamment lire : ?On l?enterra près de l?église des Pamplemousses, sur le côté occidental, au pied d?une touffe de bambous, où en venant à la messe (Virginie) aimait se reposer.? Le roman a à ce point imprégné la restauration de St-François d?Assise que de jeunes pousses de bambous ont effectivement été plantées. Un bronze des deux amants devrait bientôt rejoindre celui de Mahé de Labourdonnais dans la cour.
Si St-François d?Assise accueille de nouveau les offices depuis Pâques, la clôture de la cour est toujours en suspens. Après avoir fait assaut d?astuces pour lever Rs 12 millions, le père Souchon cherche Rs 3 millions supplémentaires pour parachever l??uvre.
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