Publicité

Culture d?innovation

11 mai 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) vient de lancer un concours dont le but est de promouvoir la culture d?innovation parmi les Mauriciens. La compétition a pour thème ?Innover ou évaporer?. La saga autour de l?exploitation commerciale de la griffe Ralph Lauren à Maurice, démontre hélas que c?est la voie de l?évaporation et non de l?innovation que nous avons choisie. A moins d?un véritable sursaut de nos industries et de la population dans son ensemble.

Le déficit d?innovation à Maurice est désormais légendaire. Nos secteurs d?activités traditionnels ont évolué sous des filets de protection et n?ont jamais vraiment senti la nécessité d?innover, voire de ?think outside the box?, pour maintenir ou même accroître des parts de marché. Une réflexion sur une politique de recherche et de développement digne de ce nom se fait toujours attendre chez nos business leaders.

La compétitivité de nos produits dépend largement de l?amélioration technologique de chaque activité de la chaîne de valeurs. Les entrepreneurs sous-estiment trop souvent l?élément technologie dans la recherche des avantages compétitifs. L?utilisation d?une nouvelle technologie ou une meilleure utilisation d?une méthode existante peut agir de manière considérable sur la concurrence.

Les applications dépendent des choix technologiques des entreprises, et ces choix sont eux-mêmes tributaires de la stratégie générique des compagnies. Une société qui veut attaquer ses rivaux sur la base des coûts ne choisira pas la même technologie que celle qu?il va concurrencer sur le plan de la différentiation des produits.

Il est donc important que chaque entreprise ait une politique de recherche, d?innovation et de développement. Dans l?industrie de l?habillement, par exemple, le programme de Textile Emergency Support Team (TEST) doit pouvoir servir de catalyseur à la diffusion des idées et des pratiques novatrices chez les industriels.

D?autre part, Maurice qui a la grande ambition de développer des activités hi-tech se retrouvera très vite à court d?arguments face à ses concurrents. Les industries de développement de logiciels ou des applications Multimédia ne pourront s?épanouir dans un environnement pauvre en idées.

Mais en même temps il faudra encourager le transfert du savoir-faire étranger. Si les entreprises éprouvent toujours des difficultés dans le domaine de la recherche et du développement, il faudrait bien chercher les compétences ailleurs. Des grandes multinationales sous-traitent de plus en plus leurs activités de R&D à des laboratoires industriels en Inde. Plus près de chez nous, l?île de la Réunion dispose de gros budgets de recherche consentis par la Métropole. Si les projets de recherche aboutissent à des brevets, encore faut-il les traduire en des applications industrielles. Nos entrepreneurs peuvent trouver là une opportunité de partenariat technologique. Les nouveaux contours de la coopération économique qui se dessinent entre les deux îles qui doivent tenir compte de cet élément. Il y a une profondeur stratégique à ne pas ignorer dans nos rapports.

Pour que la mission du NPCC soit un véritable succès, il faut explorer d?autres horizons. La recherche des best practices ne saurait se faire avec un esprit nombriliste.

Publicité