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Guantanamo : le Pentagone valide de très dures méthodes

9 mai 2004, 20:00

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Le département américain de la Défense a autorisé en avril 2003 des techniques d?interrogatoire particulièrement sévères au camp de détention de Guantanamo Bay, incluant la mise à nu des prisonniers, la privation de sommeil, l?exposition à des lumières vives et à des musiques fortes, selon le Washington Post sur son site internet.

Le journal, qui cite des responsables anonymes du Pentagone, précise que ces autorisations ont été données par de hauts responsables du département de la Défense dont, dans certains cas, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld en personne.

Ces méthodes des plus sévères étaient applicables en cas de ?nécessité militaire? et certaines d?entre elles nécessitaient ?un contrôle médical approprié?, écrivait samedi le Post.

Des techniques similaires ont été approuvées pour les détenus en Irak soupçonnés de liens avec des groupes terroristes ou insurgés, ajoute le Washington Post sans préciser toutefois si elles concernaient la prison d?Abou Ghraïb, près de Bagdad, où ont été prises les photographies à l?origine du scandale des sévices et humiliations infligées à des détenus irakiens.

Démentis fermes

Une porte-parole du Pentagone s?est refusé à tout commentaire. A Miami, au quartier général du Commandement Sud de l?armée américaine, le colonel David McWilliams a confirmé que l?armée avait approuvé une série de techniques d?interrogatoire au printemps 2003, mais a démenti que forcer des détenus à se déshabiller figurait parmi elles.

?Non seulement il n?existe aucun protocole appelant à déshabiller un détenu, mais cela n?a en outre jamais été envisagé?, a dit le colonel McWilliams à Reuters. ?Nous ne faisons pas cela?, a-t-il insisté.

Quant aux techniques d?interrogatoire, a-t-il ajouté, elles visaient à ?s?assurer que nous pouvions travailler avec des détenus plus difficiles, mais en accord avec les critères du droit international et les techniques internationales d?interrogatoire?.

Selon le Washington Post, des prisonniers pouvaient être contraints de rester debout pendant des heures et l?interrogatoire d?un détenu entièrement nu était autorisé à condition qu?il soit seul dans sa cellule. Les Etats-Unis détiennent dans la prison de Guantanamo Bay, enclave américaine à Cuba, quelque 600 ressortissants étrangers capturés pour la plupart en Afghanistan. Ces détenus ne bénéficient d?aucun statut.

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