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La subtilité de lacommission d?enquête

8 mai 2004, 20:00

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Et de deux pour Navin Ramgoolam. Après la commission d?enquête sur Mare-Chicose, le leader de l?opposition en obtient une deuxième sur les procédures d?achat de deux portiques. Il en est tout fier : « S?il n?y avait pas notre PNQ mardi, les faits troublants de cette affaire seraient passés sous silence. »

Le Premier ministre le concède :« Pour une fois l?opposition a fait du bon travail. » Et Paul Bérenger ne cache pas son mécontentement : « La Cargo Handling Corporation (CHC) et la Mauritus Ports Authority (MPA), en voulant agir vite pour débloquer la situation dans le port, ont très mal géré ce dossier. » Il leur reproche de n?avoir pas sollicité un avis légal quant à la formule de crédit-bail à adopter, d?avoir agi « illégalement » en passant outre le Central Tender Board et de n?avoir pas informé le gouvernement sur l?offre d?un prêt à moins de 3 % provenant d?une banque pour l?achat des portiques.

Pas de sanction

Mais malgré cela, il n?y aura aucune sanction à la MPA ou à la CHC, car hormis ce problème, « ces deux organismes abattent un travail formidable pour ce qui est du transbordement dans le port ».

En revanche, le gouvernement a pris au mot le leader de l?opposition pour instituer une commission d?enquête sur les allégations de pot-de-vin dans cette affaire. Les attributions sont telles que c?est uniquement sur ces allégations que la commission sera appelée à se pencher. Et Paul Bérenger a pris un malin plaisir hier pour citer verbatim ce qu?a lancé Navin Ramgoolam au Parlement mardi : « (?) bribes have been taken, I know », avant d?asséner : « J?invite le leader de l?opposition à venir révéler ce qu?il sait. » Une subtile manière de tirer un capital politique d?un dossier mal géré par le gouvernement, tout en jouant la carte de la transparence.

Navin Ramgoolam, après Mare-Chicose, se retrouve donc coincé par ces attributions limitées. L?avenir nous dira s?il possède réellement des preuves, ou si c?était simplement une déduction de sa part devant la maladresse et la précipitation avec lesquelles le dossier des deux portiques a été traité.

Du coup, après avoir levé le lièvre, Navin Ramgoolam risque fort de se retrouver dans une situation embarrassante. Bérenger, en habile chasseur, l?a transformé en proie. Ce qui pousse le leader de l?opposition à réclamer désormais son mot à dire pour les Terms of Reference (voir plus loin). Mais il n?en démord pas. Pour lui, le ministre Sangeet Fowdar a induit le Parlement en erreur, « li bisin démissionné ». Navin Ramgoolam réclame également la démission d?Archimède Lecordier et de Gaëtan Pillay, respectivement directeur et président de la CHC.

En attendant la commission d?enquête, qui sera présidée par l?ancien chef juge Sir Victor Glover, les deux portiques continueront à provoquer des vagues, non seulement dans le port, mais parmi la classe politique?

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