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Les larmes de Jack
«Mo pa kapav kompran ki maniere banne jeunesse ki 20-30 ans de cela finne donne zotte l?énergie, zotte l?intelligence, zotte créativité, kapav zordi finne trahir la lutte, quitte l?honneteté, pou trouve zott dans magouille, corruption, ek déviation raciste », lance un Jack Bizlall d?une voix tremblante d?émotion, ému jusqu?aux larmes.
Les quelque 300 personnes présentes hier à la Salle Royale, sur la Place Margéot, à Rose-Hill, dans le cadre du 1er mai, tressaillent à cette évocation des premières années de lutte du syndicaliste. Si le nombre n?y était pas, l?enthousiasme et l?émotion y étaient.
Ceux présents, de simples ouvriers pour la plupart, étaient venus, certains en famille, pour soutenir Jack Bizlall dans son combat. Par amitié pour le syndicaliste.
Jack évoquera d?ailleurs avec émotion, l?amitié qui a présidé aux premiers moments de la lutte ouvrière, au début des années 1970. « Sans lamitié, narien pa kapav construire. » Le Muvman Premie Me a été créé, poursuit-il, pour « garder la tradition de cette lutte ».
Ceux présents le lui rendent d?ailleurs bien. « La lutte de Jack est sincère », déclare Patrick Cornell, pensionné de la Central Water Authority (CWA), pour expliquer sa présence au Royal Hall. « Les jeunes doivent être exposés à l?honnêteté », ajoute pour sa part, Yolande Nootoo, qui a trimballé avec elle son jeune fils Dimitri. « Mo finne vinne ek mo papa », déclare pour sa part Ashvin Moothau, 17 ans. Ils étaient donc là, soit par amitié, soit parce qu?ils croient en la lutte syndicale.
Il n?en faut pas plus pour que Jack ne désespère pas. « Nu ena enne l?espoir et nu mette sa somme lamitié là au service du peuple. »
Du coup, Jack ne fera qu?effleurer son thème fétiche : la fraude et la corruption. Il s?étonne du transfert du dossier du scandale MCB-NPF de l?Icac au DPP. La cause de son acharnement contre Navin Beekarry se trouve-là, dit-il. « Li finne bloque lenquete la plus importante du pays. » Il s?indigne aussi du fait que Choonee a été lavé de tout blâme. « DPP bizin assume so responsabilité. »
Un kilomètre plus loin, au Plaza, les autres syndicalistes haranguaient leurs membres avec les thèmes favoris : le recul de la lutte syndicale, la nécessité d?une compensation salariale cette année encore, la dénonciation de la politique de privatisation du gouvernement? Des thèmes traditionnels.
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