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Léger avantage à L?OPPOSITION
A chacun ses chiffres. La foule réunie par l?alliance sociale à Quatre-Bornes (environ 6 000) était plus nombreuse que celle du MMM-MSM-PMSD (quelque 5 000) à Rose-Hill. L?écart n?est pas énorme. Mais les chiffres sont significatifs dans la mesure où chaque bloc a fait de ce 1er mai la rampe de lancement pour les législatives 2005. Et dans les deux camps, l?on n?a pas lésiné sur les moyens pour préparer ce grand rassemblement. C?est pourquoi les politiques défendent avec ardeur (souvent avec exagération) leur foule?
« Nous avons réuni plus de 30 000 personnes », nous lançait le secrétaire général du Parti travailliste, juste à la fin du meeting de l?alliance sociale. Un autre travailliste, moins délirant, estimait sa foule à environ 12 000. Et il sautait de joie.
Dans les deux camps, on avance que leur foule aurait pu être plus importante.
« Boucou nou bane partisans fine bloqué dan trafic et pas fine réssi vine la place Jules Koenig », affirme Arvin Boolell, légèrement déçu.
« Accès pou vine Edward VII n?a pas facile. Beaucoup bus fine bloqué cotte Ebène par là-bas», soutient le ministre Rajesh Bhagwan. Celui-ci qui était responsable, avec Pravind Jugnauth, de la campagne « mobilisation » en marge du meeting du 1er mai, n?a pas souhaité chiffrer la foule réunie par le MSM-MMM. « Nous sommes entièrement satisfaits du rassemblement. Nos partisans étaient là et c?était mieux que le précédent 1er mai ».
Ambiance terne
Même discours de la part d?un autre ministre : « C?est difficile de chiffrer mais nous avons fait mieux que l?opposition. » Et un député, l?un des rares à confier son avis en chiffres, parlait d?« au moins 9 000 - 10 000 ».
En termes d?ambiance, c?était plus ou moins terne dans les deux camps. Beaucoup de partisans sont restés dans l?ombre de leur autobus, mis à leur disposition par leur parti. A Quatre-Bornes, l?ambiance et les drapeaux sont montés à 11 h 32 quand Navin Ramgoolam est arrivé. Et à Rose-Hill, la monotonie a été brisée à 12 h 44 quand Paul Bérenger a pris la parole, après les légendaires, mais vieillissantes, notes de Soldat Lalit Militant.
Beaucoup de facteurs expliquent le manque de fébrilité. Les thèmes abordés par le gouvernement (faillite des travaillistes aux affaires, le redressement de l?économie malgré un contexte difficile, etc..) et par l?opposition (flambée des prix, montée du chômage, démocratisation de l?économie) ont été archientendus.
Même si les deux camps parlent de plus en plus des législatives 2005, force est de constater que les prochaines élections générales ne galvanisent pas encore les sympathisants. Dix-sept mois, c?est encore loin pour accrocher maintenant...
Paul Bérenger a déçu. Alors qu?il avait promis d?« importantes informations » sur les prochaines législatives, il a tout simplement révélé qu?il a « en tête » une « winning formula », qu?il lui faudrait une « dream team» regroupant des anciens et des nouveaux » et qu?il faudrait plancher sur un nouveau programme électoral. Même son partenaire, Pravind Jugnauth, est resté sur sa faim. « En temps et lieu, mo pou discute avec Pravind ek banne lézot leaders de l?alliance ». Est-ce que le MMM partagera le fauteuil premier-ministériel avec le MSM ? Seul Bérenger le sait. Et il n?a pas voulu en dire plus, à ce stade. Il a privilégié le «formidable » bilan de trois ans et demi de son gouvernement.
Dans l?opposition également, on a évoqué les législatives 2005, mais sans plus. L?alliance sociale a encore une fois sorti sa litanie pour expliquer pourquoi il faudrait des élections anticipées, mais n?a pas dévoilé ses projets futurs, si jamais elle revenait aux affaires.
A Rose-Hill et à Quatre-Bornes, l?on a beau se dire en logique électorale, mais ni sur les estrades, ni dans les foules, n?a-t-on eu ce sentiment. Peut-être qu?il faudra attendre le prochain 1er mai, le dernier avant les fameuses législatives 2005...
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