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Kriton le frisson de la maladie d?amour
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Kriton le frisson de la maladie d?amour
«Souven, dimounn onte pou deklar zot sentiman.» Kriton lui, va chercher l?essence des émotions au-delà de la pudeur. Transcende les tabous pour se brûler à la flamme de la passion. Explore à l?infini les nuances du domaine amoureux. Evite ses tiédeurs pour porter aux nues l?individu.
Cueilli à la fleur de l?adolescence, à tout juste 15 ans, Kriton contracte la maladie d?amour. Son âge tendre ne l?empêche pas de vivre sa plus grande déception. «Mo ti mem aret zoue football pou li. Li pa finn kompran.» Pour soigner sa douleur, l?ado transi se soigne à coup de fortes doses de Cabrel. Jamais véritablement remis ? Kriton répond avec un sourire énigmatique. Une constatation, son fond de commerce devient : l?être aimé. Le dernier tube de Kriton à avoir marqué les mémoires : les vertus d?une Zoli ti dimounn. Des qualités, entres autres « pena okenn makilaz dan so vizaz,» est sorti sur le deuxième album du trio Jalsa, en 2001.
A l?écouter en parler dans son salon en bois verni, à Riche Terre, Kriton, de son vrai nom Clifford Candahoo, la parenthèse Jalsa, c?était, il y a une époque, il y a un siècle. Avec le soutien du bouillonnant producteur qu?est Mario Justin et son label Zot Sa Production, Kriton a tourné la page. Pris le temps de raconter une histoire. «Mo pa kapav fer travay a la senn.» Pour livrer la semaine de Pâques, son premier album solo.
Maladi d?amour. Souvent incurable voire mortelle. Sujet mille fois ressassé mais sans cesse renouvelé. Kriton, José Pitchen et
Mario Justin ont su trouver des angles frais à explorer. En sus de concocter un duo juteux Nancy Dérougère-Kriton, le producteur et son poulain ont eu la bonne idée de remixer Zoli ti dimounn.
S?il fait tout pour faire oublier sa période Jalsa, ses débuts lui collent à la peau. Avec une pointe d?ironie, Kriton raconte comment ce «boys band» avait été mis sur pied par Mario Justin et Michael Chang de Wanadoo Production.
«Li ti enn group lor casting. Pa ti ena enn veritab lamitie ant nou.» La galère, Kriton la connaît de près. Pendant dix ans «lor koaltar,» avec ses potes de Riche Terre, il a sant sante dans les bals et les fancy fair.
«Abe group la tou letan ti ena problem finans.» D?où le nom du groupe, «kriton,» qui en créole signifie, «pena nanie.»
«MO PA FER NI L?AMBIANS, NI MESAZ»
A force de démarcher les producteurs, de pondre des maquettes, Kriton finit par côtoyer Berger Agathe. Par écouter assidûment Kaya. Curieusement, si le chanteur se classe dans la catégorie séga, c?est par le seggae qu?il commence. «Mo pa fer ni l?ambians, ni mesaz. Mo enn observater.» Des perspectives soignées grâce à son passage au sein d?un groupe de danse africaine : le Mouvement Afro Mauricien. «Sa lepok la, dimounn ti pe honte pou met dreadlocks. Aster la ki sa finn vinn lamod.»
A force d?arpenter le coaltar de l?industrie, son cousin Nono de Zot Sa finit par parler de lui à Mario Justin. Une telle recommandation lui vaut de participer à la compilation Lamisik en 2000. Son unique titre : Fam Mo l?amour est éclipsé par les contributions d?Alain Auriant et Sydney Tong entre autres. C?est le public réunionnais qui se montrera plus sensible à cette chanson, désormais devenue un classique.
«Laba, kouma enn zafer marsé, prodikter dir ou rempile.» C?est la parenthèse Jalsa. Un premier album en 2001. Un autre trois plus tard. Kriton ne peut soutenir le rythme. «Jalsa I, 2, 3. Nou ti pe vinn kouma dir Rambo.»
Kriton rigole de la bonne blague. Il sait qu?il a fait le bon choix. Celui de la simplicité. Il fuit les paroles compliquées.
Se met délibérément à la portée du plus grand nombre. «Mo envi dimonn retrouv zot zistoir dan mo sante.» Son tempérament mélancolique le pousse à cultiver le frisson. Des sensations qu?il partagera en concert demain à Vacoas, puis le samedi 8 mai en cabaret au Kart Loisir.
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