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Parvez Damree victime de l?omerta
Il n?y a pas qu?en Sicile ou en Italie que la Mafia ou la Camorra, organisations criminelles, font disparaître leurs membres qui ont mouchardé. L?omerta ou loi du silence joue aussi à Maurice et Parvez Damree en a fait les frais. C?est l?affirmation d?Ally Lazer, président de l?Association des travailleurs sociaux de Maurice (ATSM). Celui-ci soupçonne d?ailleurs que son informateur sur la question en a aussi été victime.
Il y a plus d?un an, un toxicomane nommé Riaz, approche Ally Lazer au centre Idrice Goomany car il sait que depuis 23 ans, le président de l?ATSM mène une croisade contre les trafiquants de drogue. Riaz lui fait certaines révélations au cours de la demi-journée qu?il passe en sa compagnie. Parmi celles-là, il y a la mort par overdose de Parvez Damree, 36 ans, dont Riaz affirme qu?elle a été provoquée. Le cadavre de Damree a été retrouvé le 29 juillet 1996 à l?arrière de British American Tobacco à la route Nicolay, Port-Louis.
Riaz qui a connu Damree en prison, raconte à Ally Lazer qu?il a sympathisé avec Damree. Orphelin de père et de mère, Damree avait à sa charge une s?ur à l?esprit dérangé. Ils habitaient une maison à la route Militaire, Port-Louis. Damree ne vivait que du trafic de drogue. Riaz allègue que Damree l?aurait présenté au notaire Vinay Deelchand à l?étude de feu Rajkumar Lallah et qu?ensemble, ils se seraient mis à dealer de l?héroïne pour le compte du notaire.
A en croire Riaz, ils réceptionnaient hebdomadairement leurs cargaisons à l?étude du notaire. Pour pouvoir obtenir une dose gratuite d?héroïne pour leur consommation personnelle, ils étaient tenus de vendre50 doses à la journée, soit un peu plus d?un gramme d?héroïne.
En Inde, un kilo d?héroïne pure s?achète à environ Rs 150 000. Une fois rentrée à Maurice, son volume est augmenté par quatre avec l?addition d?une importante quantité de comprimés de paracétamol grillés et écrasés, diluant ainsi sa pureté par 90 %. Quand on sait que la valeur commerciale d?un gramme d?héroïne sur le marché est de Rs 10 000 et qu?à partir de cette quantité de drogue, on obtient 40 doses, les quatre kilos d?héroïne, obtenus après l?ajout du paracétamol, rapportent de belles sommes.
Riaz confie à Ally Lazer que lui et Damree ne se contentaient pas de vendre de la drogue. Il leur serait également arrivé d?aller intimider des sujets qualifiés d?ennemis par le notaire et ce, contre rétribution. ?Linn dir moi ki zot ti pe fer taper osi et ki li ek Damree inn bat plizier dimoun ki ti lenmi Deelchand. Me zame zot finn touye?, se souvient Ally Lazer.
Les relations entre Damree et le notaire se seraient détériorées au cours de l?année 1994. Cette année-là, avance Riaz au président de l?ATSM, Damree aurait vendu une cargaison de drogue mais n?aurait pas restitué l?argent de la vente au notaire. Au mois de novembre, ce dernier se serait rendu au poste de police de Pope Hennessy pour dénoncer Damree pour tentative d?extorsion d?argent. Quelques jours plus tard, le toxicomane se faisait arrêter avec une importante quantité d?héroïne. Lors de son interrogatoire par les hommes de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu)Damree aurait balancé le nom du notaire comme étant son fournisseur. Jugé, Damree a écopé de six mois de prison.
A Ally Lazer, le dénommé Riaz s?est dit persuadé que l?overdose dont a été victime Damree a été provoquée. Il a même avancé que l?injection qui a été fatale à son ami aurait été faite au Champ-de-Mars. Après quoi, son cadavre aurait été balancé à la route Nicolay.
Ces confidences faites, le président de l?ATSM a réussi à convaincre Riaz d?aller faire une déposition à l?Adsu le lendemain, sauf que ce dernier n?a jamais reparu depuis 14 mois. ?Monn rod li partou, mem lor so base kot li habitie me linn disparet. Mo dimann moi si li osi pa finn sibir laloi du silence??
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