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Hurnam se fait admettre en clinique
L?avocat parlementaire continue à faire des vagues. Jusqu?à tard dans la soirée, hier, la police ne savait pas où ce dernier allait passer la nuit. Il a obtenu hier après-midi sa décharge des soins intensifs de l?hôpital du Nord où il était admis depuis vendredi dernier. Il devait donc être conduit au centre de détention de Moka après un arrêt en Cour suprême. Mais Hurnam demande ensuite à être transporté à la clinique Med Point, Phoenix, pour y recevoir d?autres soins. Sur avis médical, il y a passé la nuit.
Dev Hurnam demande hier matin à ses hommes de loi, l?avocat Sanjeev Teeluckdharry et l?avoué Doorgacharun Luchmun de faire une requête au Master and Registrar afin qu?il délégue un officier de la Cour suprême à l?hôpital du Nord. L?avocat- parlementaire voulait jurer un contre-affidavit en réponse à celui présenté mardi par le Directeur des poursuites publiques (DPP). (Voir texte plus loin). Ce dernier a demandé l?annulation de l?ordre de la remise en liberté conditionnelle de Dev Hurnam. La motion du DPP sera débattue lundi.
Comme le Master and Registrar était absent, l?autorisation de déléguer un officier de la Cour suprême n?a pu être obtenue par les hommes de loi de Dev Hurnam et l?exercice avait donc été reporté à aujourd?hui.
Entre-temps, en début d?après-midi, les médecins traitants de l?hôpital du Nord jugent que l?état de santé de Dev Hurnam ne nécessite pas un prolongement de son hospitalisation. La police décide donc de le conduire au centre de détention de Moka, où il doit être incarcéré. En route, Dev Hurnam demande à se rendre en Cour suprême et ses hommes de loi le rejoignent pour jurer le contre-affidavit qui réfute celui du DPP.
Cet exercice terminé, l?avocat-parlementaire demande cette fois à être conduit aux Casernes centrales pour consulter un médecin légiste. Le Dr Gungadin, qui était de service, l?examine et confirme le diagnostic des médecins de l?hôpital du Nord. L?avocat aurait alors protesté contre ce constat et aurait produit une lettre établissant le contraire.
Longues négociations
La police aurait alors accédé à sa demande de rencontrer son médecin personnel à la clinique Med Point. Après de longues négociations, l?Adsu a finalement accepté, en fin de soirée, qu?il passe la nuit dans cette clinique.
Lors d?un meeting du Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien hier à Quatre-Bornes, Ivan Collendavelloo, secrétaire général du MMM a dit en parlant de Dev Hurnam: ?Pa fer dominer avec sa piti la. Pas fer dominer are li. Mais selma nou pas pou pass auken koud telefonn.?
L?avocat-parlementaire comparaît en cour aujourd?hui, comme décidé par le magistrat Aujayeb vendredi. Il saura alors jusqu?à quand il sera ?remanded to police cell?. Dev Hurnam est accusé provisoirement de complot pour avoir voulu agresser physiquement le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen et assassiner l?inspecteur Hemandass Ghoorah ainsi qu?un autre officier de police. C?est suite aux allégations d?Antoine Chetty, ex-bras droit et chauffeur du notaire Vinay Deelchand, que Dev Hurnam a été arrêté.
Vinay Deelchand incarcéré à Alcatraz
Dure journée pour le notaire Vinay Deelchand. Accusé provisoirement de trafic de drogue, le prévenu a comparu au tribunal de Curepipe hier dans le cadre de sa motion de remise en liberté provisoire. Les hommes de l?inspecteur de l?Anti-Dug & Smuggling Unit (Adsu), Hector Tuyau, l?ont ensuite interrogé sur l?agression dont a été victime Philippe Calou. L?interrogatoire se poursuit aujourd?hui. Entre-temps, il a été incarcéré à Alcatraz.
Commencé à 17 h 10, l?interrogatoire, d?une durée d?environ une heure et demie, s?est tenu en présence des avocats du notaire, Mes Guy Ollivry, Siddhartha Hawoldar et Yanilla Moonshiram. L?interpellation du notaire fait suite aux allégations de son chauffeur qui l?a impliqué dans l?agression de Philippe Calou, ex-employé de la propriété Mon-Désert-Mon-Trésor.
Selon les dires du chauffeur, Calou avait essayé de résister au tandem Vinay Deelchand-Moonsamy Mooraghen, alias Veeren, qui s?était proclamé propriétaire d?un terrain qui ne lui appartenait pas au Bouchon, dans le sud de l?île.
De concert avec le notaire Deelchand, Moonsamy Mooraghen aurait décidé de morceler le terrain et le vendre. Philippe Calou a découvert la tricherie car il savait que le terrain ne leur appartenait pas. À cause de sa résistance, Philippe Calou sera ainsi sauvagement agressé en janvier 2000. Il a passé deux mois à l?hôpital.
Quatre ans après, à la fin du mois de mars, Moonsamy Mooraghen est arrêté et inculpé provisoirement de tentative de meurtre. Cette arrestation a pu être effectuée grâce aux révélations d?Antoine Chetty, qui ont également permis d?écrouer Vinay Deelchand, le 28 mars dernier, pour trafic de drogue.
Le chauffeur a lui-même été arrêté le 25 mars alors qu?il tentait de vendre 25 g d?héroïne à deux membres de l?Adsu. Une perquisition à son domicile a permis de découvrir environ 825 grammes d?héroïne d?une valeur marchande de Rs 8 millions. Une somme de Rs 208 511 qui se trouvait dans un coffre-fort, appartenant au notaire Rajkumar Lallah, a aussi été saisie.
C?est lors de son interrogatoire qu?Antoine Chetty crache le morceau. Il révèle que la drogue appartient au notaire Deelchand. D?autres charges provisoires seront logées à partir d?aujourd?hui contre ce dernier, a annoncé l?inspecteur Tuyau, chef enquêteur dans l?affaire de la Notary Connection, hier. Il n?a toutefois pas donné de précision sur la nature de ces accusations provisoire. D?autres sources révèlent néanmoins que celles-ci seraient liées au crime d?incendie et aux autres allégations ayant trait au fait d?avoir donné des instructions pour commettre des crimes.
Lors des débats sur la motion pour la remise en liberté provisoire de Vinay Deelchand devant la magistrate Asha Ramano, l?inspecteur Tuyau a avancé quatre raisons pour justifier son objection. Il a soutenu que le prévenu pourrait être poursuivi pour un délit très grave et que s?il est libéré, il pourrait ?tamper with evidence? et, par conséquent, influencer des témoins potentiels.
?Jusqu?à 45 ans de prison?
Répondant aux questions de Me Bobby Madhub, Acting Assistant Parliamentary Counsel, assisté de Me Mehdi Choonee, State Counsel, le témoin a indiqué que la remise en liberté sous caution du prévenu gênerait l?enquête de la police.
Concernant l?affaire de trafic de drogue, l?inspecteur Tuyau a souligné que Vinay Deelchand a déjà complété sa déposition. Mais il ajouté que le suspect pourrait écoper jusqu?à 45 ans de prison sous cette charge. Si la motion est acceptée, Vinay Deelchand pourrait ne pas se présenter en cour, a précisé le chef enquêteur.
La police enquête toujours sur la série de crimes et crime d?incendie où le nom de Vinay Deelchand aurait été cité. L?inspecteur Tuyau a ainsi expliqué que plusieurs plaintes et allégations ont été faites contre lui.
Autre raison avancée contre la motion : la sécurité même du détenu. ?S?il est libéré sous caution, sa vie pourrait être en danger?, a déclaré l?inspecteur Tuyau.
Ce dernier a ensuite été contre-interrogé par Me Guy Ollivry QC, le principal défenseur de Vinay Deelchand.
Quand Antoine Chetty a-t-il mentionné pour la première fois le nom de Deelchand ?
Dans sa première déposition. Il a consigné une seule déposition dans cette affaire de drogue.
Quand a-t-il consigné sa déposition ?
Le 26 mars 2004 vers 19 h 30 en présence de son avocat, Me Samad Goolamaully.
Dans sa déposition, a-t-il mentionné l?heure, le jour et le lieu où Deelchand lui a remis la drogue ?
Il a dit ?on or about? les 18 et 19 mars 2004 vers 18h30 à la résidence de Deelchand.
A l?intérieur da la maison du notaire ?
Il a dit dans ?so lacaz?.
Le parquet a ensuite objecté à une question de Me Ollivry portant sur le fait qu?il est bizarre qu?Antoine Chetty ne se souvienne pas du jour, et de la date exacte d?un incident qui a eu lieu une semaine auparavant. Dans son Ruling, la magistrate n?a pas autorisé cette question.
Mon client a-t-il mentionné les noms de plusieurs personnes qui étaient au courant de ses mouvements entre les 18 et 19 mars 2004 ?
Cinq personnes n?ont pas confirmé la thèse de Deelchand.
A part cette affaire de drogue, la police a-t-elle logé d?autres charges à partir du récit journalier de Chetty ?
A partir d?aujourd?hui on va loger d?autres charges contre lui.
Me Ollivry a également demandé à l?inspecteur Tuyau de vérifier si son client a dit, dans sa déposition, que son employé Dauguet lui a rapporté à Madagascar qu?il aurait accepté de prendre en charge la femme et l?enfant d?Antoine Chetty. L?employé Dauguet aurait lui-même obtenu ces informations d?un certain Guy.
Afin de permettre à l?inspecteur de vérifier ces faits, l?affaire a été renvoyée au 7 mai. La motion de la défense contestant la décision du DPP de geler les avoirs de Deel-chand sera débattue le même jour.
Par ailleurs, Me Ollivry a informé la cour que son client est cardiaque. Il a ainsi soutenu que son client doit être incarcéré au poste de police de Coromandel au lieu de Sodnac. Il a aussi demandé que son client soit examiné par son médecin traitant. Le parquet n?y a pas objecté.
COUR SUPRÊME
L?avocat répond au DPP dans un contre-affidavit
Dev Hurnam a juré un contre-affidavit hier après-midi en Cour suprême pour répondre au Directeur des poursuites publiques (DPP). Ce dernier a demandé que la caution que le magistrat Lutchmeeparsad Aujayeb a accordée à l?avocat parlementaire soit révoquée. L?avocat affirme que les enquêteurs lui ont soutenu que Chetty et sa concubine, Anju Lallah, ont été arrêtés le 24 mars 2004 et non le 25, comme mentionné dans l?affidavit du DPP. Il souligne qu?il n?a pas été porté à sa connaissance que Chetty a participé à plusieurs crimes ayant pour but d?agresser des personnes physiquement.
Le 16 avril dernier, l?assistant surintendant (ASP) de l?ADSU, Pierre Murugan, s?est rendu à sa résidence à 7 h 30 alors qu?il était déjà à son étude depuis 6 h 15 du matin. L?avocat fait ressortir qu?il s?est volontairement rendu au bureau de l?ADSU. Une fois sur place, il a été informé par le surintendant Appadu qu?il était en état d?arrestation.
Les enquêteurs lui ont fait savoir que, selon les allégations de Chetty, il aurait téléphoné à Vinay Deelchand pour lui demander de venir à son bureau en compagnie de Chetty. Cela se serait passé entre 2001 et 2002.
Alors que le notaire se trouvait au bureau de l?avocat, ce dernier aurait donné des instructions pour tuer deux officiers de police. La raison est que les deux policiers avaient brutalisé un des clients de Hurnam dans l?affaire du hold-up de Grand-Bois. Les policiers auraient malmené le client pour qu?il implique Hurnam dans l?affaire du hold-up.
L?autre reproche fait à Hurnam repose sur l?allégation qu?il aurait donné des instructions pour que le poignet du Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen soit sectionné lorsque ce dernier serait en voyage à Rodrigues, le 10 avril 2001. Selon les allégations, Hurnam était au courant du voyage.
Hurnam affirme qu?il a immédiatement donné une déposition écrite pour nier toutes ces allégations. Aux enquêteurs de l?ADSU, Hurnam a expliqué comment ses services ont été retenus le 28 mai 1999 par Antoine Chetty dans une affaire de drogue. L?avocat a ainsi assisté à la déposition du chauffeur de Deelchand et Chetty a obtenu la liberté conditionnelle le 4 juin 1999. Hurnam a été payé par un chèque émanant du notaire Deelchand.
Hurnam explique aussi, dans son contre-affidavit, qu?il existe un diary à la réception de son étude, montrant tous les appels téléphoniques qu?il a reçus au bureau. Il existe un autre diary avec les noms de toutes les personnes qui viennent à son étude. L?avocat affirme qu?il peut produire les photocopies des pages du diary pour la période 1999-2001 pour montrer le nombre de fois qu?Antoine Chetty est venu à son bureau ainsi que le nombre d?appels du chauffeur de Deelchand à son intention.
Dans ses dépositions à l?ADSU, Hurnam souligne que, selon son diary, il a vu Antoine Chetty pour la dernière fois le 22 mars 2001, où il devait l?informer qu?il ne pouvait plus paraître pour lui parce qu?il avait été suspendu du barreau. A ce stade, l?interrogatoire de Hurnam a été interrompu par les enquêteurs car il réclamait les extraits des dépositions de Chetty où le chauffeur faisait des allégations contre lui. Les enquêteurs avaient alors exprimé le souhait de prendre contact avec le parquet pour obtenir son avis. La déposition avait ainsi été stoppée.
Le 19 avril dernier, le surintendant Padiachy de l?ADSU a lu les allégations faites par Chetty contre Hurnam: ?(?) Hurnam fine dire moi qui ena aine client qui fine faire case hold up, ena deux policiers qui fine brutalise ça client qui fine faire hold up et pe force li faire allegation contre li, c?est a dire Dev Hurnam (?). Li fine dire moi qui bisin touye sa deux gardes policiers la, jette zot par la ca deux lichiens la. Enplace enplace, toujours divant mo patron, V.Deelchand qui ti la DH fine dire moi aussi ena ène Juge qui appelle Bernard Sik Yuen (?) La li fine dire moi li pa oule touye li mo oule qui tire so poignet droite, faire li arrete trape plume. (?) Li fine dimande moi combien mo pou prend pou faire sa banne travail la, mo fine reflechi mo fine dire li en tout coutte Rs 400 000. Li fine dire moi correct et li fine dire moi attende dehors. Li fine continue cause avec mo patron??.
Hurnam nie toutes ces allégations et souligne qu?il a vu Chetty pour la dernière fois le 22 mars 2001 et qu?il n?avait aucun moyen de savoir où partait le juge Sik Yuen. Il affirme qu?il a lui-même pris l?avion le 22 mars 2001 pour retourner à Maurice le 16 avril 2001.
Dev Hurnam a par ailleurs écrit à Mauritius Telecom et à Cellplus pour leur demander des relevés détaillés de tous ses appels téléphoniques pour la période de janvier à mai 2001. Il estime qu?il est injustement maintenu en détention. Il affirme avoir rencontré le juge Sik Yuen vers fin avril ou début mai 2001 et que celui-ci lui aurait même offert un thé chinois. Selon l?avocat, cette attitude du juge ne concorde pas avec les allégations de Chetty.
Hurnam demande que les charges provisoires à son encontre soient rayées et qu?il soit libéré. En alternative, Dev Hurnam demande que la décision du magistrat Aujayeb soit maintenue et que la liberté conditionnelle lui soit accordée. L?affaire sera appelée en Cour suprême lundi.
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