Publicité

« Les filles sont plus vulnérables aux fléaux de la société »

17 avril 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Quelle est l?idée derrière le centre Paul de la Haye Duponsel Half Way Home ?</B>

C?est un projet qui date d?il y a plus de 15 ans lorsque Marie-Josée Baudot était encore présidente du club. Elle en est même la cheville ouvrière. C?est elle qui gérera le centre qui accueillera les jeunes délinquantes sorties des centres de détention, pour les former à mieux s?intégrer dans leur famille et la société. Je trouve cruel que des jeunes filles de cet âge qui, après avoir payé leur dette envers la société pour des erreurs passées, continuent encore à être rejetées. C?est un projet-pilote que nous avons voulu commencer avec des filles parce qu?elles sont plus vulnérables aux fléaux qui minent la société. Mais si tout marche bien, nous allons également toucher les garçons. Dans ce programme, nous bénéficions de la collaboration de plusieurs institutions dont les ministères de la Sécurité sociale, de la formation professionnelle et de la Jeunesse et des Sports.

<B>Pourquoi lui avoir donné le nom Half Way ? </B>

C?est pour bien montrer que ce foyer veut être à mi-chemin entre le centre de détention et la société. Car après avoir vécu la discipline stricte du centre correctionnel, il est important qu?elles ne soient pas larguées comme ça dans la nature sans passer par une période de formation et de réinsertion. Nous avons choisi d?appeler ce centre d?accueil Paul de la Haye Duponsel Half Way Home en hommage au premier président du Lions Club de Curepipe.

<B>Qui sont ces jeunes filles ? </B>

Ce sont de jeunes délinquantes de 16 à 18 ans mises en détention pour des délits de drogue, de vols ou parce qu?elles se prostituaient. Depuis samedi, elles sont deux, Paula et Jaimie, à suivre le programme. D?ici janvier elles seront six. Le centre pourra accueillir jusqu?à douze filles pour une période de deux ans, avant qu?elles ne soient prêtes à réintégrer la société. Elles seront encadrées par trois professionnelles sans compter des sessions régulières avec une psychologue et une sociologue. Dès qu?une fille termine sa période de détention, le ministère de la Sécurité sociale nous en informe et nous faisons le nécessaire.

<B>En quoi consiste le programme ? </B>

Ce que nous essayons d?abord de faire, c?est de donner beaucoup d?affection et d?attention aux filles pour qu?elles se sentent comme dans une famille. Avec la collaboration du ministère de la Formation professionnelle, nous leur proposons des cours de secrétariat par exemple, pour qu?elles puissent aspirer à une réinsertion totale en ayant un emploi revalorisant. Mais comme le souligne Marie-Josée Baudot, les meilleurs centres d?accueil de la terre ne remplaceront jamais une famille, d?où notre appel aux parents à prendre leurs responsabilités. Nous leur apprenons aussi à être responsables et quand elles travailleront, à gérer leur argent. Ma plus grande fierté sera un jour de voir au moins une de nos filles obtenir un emploi où elle sera respectée. Je crois en elles d?autant qu?elles sont très intelligentes. Nous avons déjà commencé à leur chercher du travail et entre-temps nous leur offrons une formation dans divers secteurs.

<B>Seront-elles libres de leurs actions ? </B>

Tout à fait car le foyer n?est pas une prison. Comme les filles devront un jour ou l?autre réintégrer la société, elles devront aller faire le marché, le shopping, ce n?est pas en restant enfermé qu?elles pourront le faire. Cela dit, il y a une discipline qu?elles doivent respecter. Elles pourront même recevoir des visites mais là aussi, ce n?est pas un musée qui reçoit des visiteurs à longueur de journée. C?est avant tout une maison et comme toutes les maisons, il y a une discipline. On acceptera surtout ceux qui veulent aider, venir prendre une tasse de thé pour nous donner des conseils ou pour faire des critiques constructives.

<B>Quel est le coût mensuel de ce programme et quelles sont les sources de financement ? </B>

Avec le loyer, les salaires des accompagnatrices qui travaillent à plein temps et les dépenses pour les besoins courants, on peut compter entre Rs 25 000 et Rs 30 000 par mois. Le Lions Club bénéficie de l?aide du Trust Fund for Vulnerable Groups et de la Fondation Espoir et Développement qui nous ont déjà offert Rs 120 000 pour la réalisation de ce projet. Enfin, le club est déjà une société philanthropique, nos membres vont donc contribuer. Nous allons également organiser des récoltes d?argent.

<B>Avez-vous pensé aux problèmes liés aux rechutes une fois que les filles réintègrent la société ? </B>

Le Paul de la Haye Duponsel Half Way Home se veut justement être cette transition souple qui vient prévenir les risques de cette rechute quand les filles sont brutalement relâchées dans la société sans aucun encadrement. Après le foyer, il y aura également un suivi avec les travailleurs sociaux avec lesquels nous travaillons. à ce propos, je précise que nous n?allons pas attendre que les filles sortent des centres correctionnels, car nous pensons travailler aussi avec les enfants des rues et en particulier les filles.

<B>Un mot sur l?environnement dans lequel les filles seront appelées à évoluer à Forest-Side ? </B>

Je peux vous assurer que c?est un environnement sain dans un quartier huppé, tranquille et hautement sécurisée de Forest-Side. Les filles n?auront rien à craindre.

<I>« Après le foyer, un suivi sera effectué par les travailleurs sociaux afin de prévenir les rechutes »</I>

Publicité