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Antoine Chetty : « Le client s?appelait Dev Hurnam
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Antoine Chetty : « Le client s?appelait Dev Hurnam
«Dev Hurnam ine dir mwa li blesse juge Bernard Sik Yuen, mais pa touye li, laisse li vive. Linn dir mwa tire so poignet drwat pu li arret ekrir. » Antoine Chetty n?en finit pas avec ses révélations dans le cadre de son interrogatoire sur les Rs 8 millions d?héroïne trouvée à son domicile le 24 mars dernier. Après avoir balancé son employeur, le notaire Vinay Deelchand, comme étant le propriétaire de la drogue, il n?a pas cessé de parler des activités illégales de ce dernier. Mardi, durant la troisième semaine de son interrogatoire par l?équipe d?Hector Tuyau, de la brigade anti-drogue, il s?est avancé davantage sur les liens occultes du notaire.
Ce jour-là, l?homme de main a balancé l?avocat-parlementaire Dev Hurnam comme ayant été l?un des proches de Vinay Deelchand ayant réclamé ses services pour honorer un « contrat ». En 2001, il a accompagné le notaire jusqu?à l?étude de Dev Hurnam et ce dernier lui aurait demandé de rendre manchot le no 2 de la Cour suprême. Le député mauve aurait déjà dressé un plan, lui demandant de suivre le juge jusque dans l?avion qui l?emmenait pour des vacances à Rodrigues. L?opération a cependant capoté, le juge étant encadré de deux membres du service de protection des VIP dès sa descente d?avion.
Et pour ne pas arranger les choses, les deux gorilles ne l?ont pas lâché d?une semelle durant son séjour à l?hôtel Cotton Bay. Rentrant bredouille, dit Antoine Chetty, Dev Hurnam n?a pas perdu espoir pour autant de voir le juge sans main droite. Il lui a alors donné des renseignements sur les habitudes du juge, comme les heures où il fait de la marche. Durant cette même période, l?avocat lui aurait réclamé la peau d?un inspecteur de la Criminal Investigation Division (CID) du Sud, Hemantdass Ghoora. Un second inspecteur, Dhanraj Goolaup, appartenant à la même escouade aurait aussi figuré sur la « hit list » de Dev Hurnam. Mais comme il rechignait à le payer, lui disant que des « arrangements » avaient été faits avec Vinay Deelchand, Antoine Chetty déclare qu?il a décidé de tout abandonner.
« Copieusement insulté » par Dev Hurnam
Pour réunir les preuves contre Dev Hurnam, les enquêteurs de l?Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu) n?ont eu aucun mal à corroborer la version d?Antoine Chetty. Ayant mentionné que Dev Hurnam a demandé à l?avocat Ashley Hurranghee de lui montrer l?inspecteur Ghoora en cour, ce dernier a été invité à confirmer les allégations d?Antoine Chetty. Point par point, il a reconnu que Dev Hurnam l?a copieusement insulté lorsqu?il a refusé d?accéder à sa requête.
En présence de ces éléments, l?Adsu devait prendre la décision d?interpeller le député MMM. Le même jour, c?est-à-dire mercredi, le commissaire de police Rama- nooj Gopalsingh devait informer le Premier ministre, Paul Bérenger, des nouveaux développements dans l?affaire Vinay Deelchand.
Même si Dev Hurnam évoque un «complot ourdi par le judiciaire » après ses démêlés par des magistrats et des juges, les enquêteurs estiment avoir suffisamment de preuves pour mettre Dev Hurnam à l?ombre. Ses lettres «virulentes» adressées au chef juge Ariranga Pillay, dans lesquelles il demande que le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen ne devrait plus signer des verdicts, seront versées au dossier à charge.
Dans le cas de l?inspecteur Ghoora, Dev Hurnam en aurait après lui car il a été l?un des «enquiring officers» du hold-up de la State Bank de Grand-Bois, où les auteurs ont donné son nom. Un des accusés a raconté que Dev Hurnam l?a aidé à fabriquer un faux alibi et que l?argent provenant du braquage a servi à payer ses honoraires.
Pour étoffer leur dossier, les appels de l?avocat vers le notaire Vinay Deelchand seront vérifiés dans les jours à venir. Traduit devant le tribunal de Port-Louis jeudi pour avoir ordonné l?agression du juge Bernard Sik Yuen et l?assassinat des deux officiers de la CID, Dev Hurnam n?est pas près de retrouver la liberté? Même sous caution.
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