Publicité

L?agent Hari Singh veille sur l?image de la star Aishwarya Rai

16 avril 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Donnez-moi votre paume...» L'entretien avec Hari Singh, l'agent d'Aishwarya Rai, commence d'une étrange façon, dans le hall d'un hôtel de Juhu, un quartier chic de Bombay. Après une étude attentive et silencieuse des mains, pendant cinq bonnes minutes, Hari Singh tranche : «On y va.»

Né en 1950, féru d'astrologie, Hari Singh travaille dans le cinéma depuis des années, comme scénariste, arrangeur de script, producteur et directeur de Star Guide, une agence qui gère la carrière des célébrités du cinéma indien. Il a présidé aux destinées d'actrices connues de Bollywood comme Padmini Kolhapure, Ramya Krishnan, Shilpa Shetty...

Il veille jalousement à l'image d'Aishwarya Rai, la grande star qu'il a découverte «alors qu'elle n'était pas encore Miss India, encore moins la Miss Monde de 1994». Que ce soit dans le choix foisonnant des scripts des films, ses apparitions publiques, ses contrats publicitaires ou sa participation à la vie politique... «J'ai une méthode : chaque jour, je rencontre une dizaine de personnes que je ne connais pas, producteurs, acteurs, etc., et, dès qu'un projet m'intéresse, je mets ces personnes en relation. Pour Aishwarya Rai, j'ai fait la même chose, je l'ai fait démarrer dans le cinéma en la recommandant à un producteur.»

«En Inde, les stars de cinéma sont des idoles. Beaucoup de gens veulent les approcher», dit-il. On a même vu, dans le Sud de l'Inde, des fans enduire de lait les affiches de comédiennes comme des divinités indiennes. Et quand l'acteur mythique Amitabh Bachchan a eu un accident, le pays entier a prié pendant des jours pour qu'il se remette... Héroïne du film Devdas, de Sanjay Leela Bhansali, Aishwarya Rai, connue en France pour sa participation, en 2003, au jury du Festival de Cannes, est sous contrat avec une dizaine d'annonceurs internationaux, comme L'Oréal, les montres Longines, les diamants De Beers, Coca-Cola, le savon Lux, Fuji Films...

NON AUX POLITIQUES, OUI À L'HUMANITAIRE

«Ce qui paie bien plus que le cinéma», remarque son agent. Pourtant, les stars sont bien payées en Inde : le budget d'un film est généralement réparti «à 50/50 entre le cachet des acteurs et les frais de production», explique H. Singh. De plus en plus, les comédiens prennent un minimum garanti sur les films, ce qui leur permet d'avoir une part des bénéfices.

Les pressions de la mafia sont-elles toujours très présentes dans le cinéma à Bombay ? Hari Singh n'est guère bavard sur le sujet. Il assure seulement que «les pressions sont moins fortes que par le passé» et que «la loi, surtout depuis que le cinéma est devenu officiellement une industrie, est la même pour tout le monde».

Les hommes politiques sont souvent en quête d'appuis dans le monde du septième art. «Contrairement à beaucoup de comédiens, comme Suresh Oberoi ou Sudha Chandran, qui soutiennent officiellement un parti politique, Aishwarya Rai n'a pas décidé de rejoindre qui que ce soit», affirme M. Singh. Ce ne sont pourtant pas les propositions qui ont manqué. Souhaitant conserver l'image la plus universelle possible, Aishwarya Rai ne s'implique pas non plus dans un combat religieux. En revanche, elle donne son temps et pose gratuitement pour des campagnes en faveur de certaines causes humanitaires, en défendant, par exemple, les campagnes de vaccination contre la polio ou celle qui prône les dons d'yeux.

«Les relations avec les médias sont très importantes quand on s'occupe de stars. C'est grâce à eux qu'une actrice peut devenir une héroïne, connue de tous. Pour les professionnels du cinéma, aider les médias, c'est s'aider soi-même. Quand un journaliste me demande un entretien avec Aishwarya Rai, je dis toujours : 'Oui, mais vous devrez attendre. On le fera un jour'...», raconte l'agent.

Hari Singh applique sa méthode à l'une de ses deux filles, Bhumikaa, qui démarre sa carrière d'actrice en tournant dans Love in Kashmir. Un film d'amour réalisé dans des conditions plus que particulières, sous la protection de 400 soldats.

Nicole VULSER

Le Monde 2004 distribué par The N. Y. Times Syndicate

Publicité