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«Le leadership est solide»

16 avril 2004, 20:00

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Comment gérez-vous la transition de la direction du port au secrétariat d?un parti en perte de vitesse, selon les sondages ?

Je ne suis pas un politicien de carrière. Mais je suis un homme polyvalent et je n?ai aucun mal à m?adapter. Après notre défaite à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, le leader m?a confié la tâche de coordonner la restructuration du parti. Il m?a nommé secrétaire administratif. Ce poste est nécessaire si l?on veut avoir une administration dynamique. Les visiteurs défilent au quartier général à longueur de journée. Il faut quelqu?un pour les écouter, les guider?

Qu?est ce qui n?allait pas avec les structures existantes du MSM ?

La constitution du parti prévoit déjà des structures. Toutefois, dans pas mal de circonscriptions, elles ne fonctionnent quasiment pas. Quand Pravind Jugnauth a pris le leadership il y a un an, il a entrepris de réorganiser le parti. Il m?a confié la mission de veiller à ce que ses projets soient menés à bon port. J?aime les défis et je m?engage totalement dans la tâche qui m?a été confiée.

Quelles sont les lignes directrices de cette restructuration ?

Je laisse au leader le soin d?en parler au congrès du parti (NdlR : demain). Je dirai pour ma part que nous voulons dynamiser les structures. Nous voulons qu?elles soient performantes et représentatives. Tout sera coordonné à partir du secrétariat général. Ainsi, cette instance devra dorénavant être avisée de toutes les activités au niveau régional dans les branches et dans les circonscriptions. L?objectif final est de créer la confiance et la solidarité envers le leader.

Pourquoi ? Le leader souffre-t-il d?un manque de confiance et de solidarité de la part de ses troupes ?

Pas du tout. Le leadership est solide. En un an, Pravind Jugnauth s?est déjà affirmé comme le nouveau chef du MSM. C?est un jeune avec beaucoup de potentiel. Il est attentif, modeste. Il sait écouter. Mais surtout, il ne tergiverse pas quand il faut prendre des décisions. Ce que j?apprécie en lui c?est son franc-parler. Il ne va pas passer par quatre chemins pour dire ce qu?il a en tête. C?est un bosseur, capable de travailler 15 à 18 heures par jour? Je ne cesserai de le dire : Pravind Jugnauth est un atout pour le MSM. Ceux qui ne le connaissent pas encore le découvriront.

N?empêche qu?il donne l?impression d?avoir du mal à discipliner ses lieutenants.

Vous savez, le MSM a toujours été une plate-forme démocratique où chacun peut s?exprimer librement. Nul n?a le monopole des idées. Cela est signe de la maturité démocratique du parti, pas d?une quelconque faiblesse de leadership.

Soit. Mais vous êtes sûrement au courant que plusieurs députés et même certains ministres MSM tiennent ouvertement un discours anti-MMM. Comment conciliez-vous ces prises de position avec la ligne officielle du parti et de son leader qui est de s?en tenir pour l?instant à son partenaire du jour ?

Je suis présent dans toutes les instances. Je n?ai pas noté d?hostilité par rapport à la ligne du parti. Même dans les discussions dites confidentielles, je n?ai relevé aucune fissure. Au contraire, il y a une consistance, une solidarité exemplaire au sein de l?équipe. Notre position est claire : il n?est pas question de changer de partenaire. Le MSM et le MMM ont un agenda commun. Notre priorité est de consolider les acquis du pays. Les leaders des deux partis sont en train de travailler de concert pour réaliser cet objectif.

C?est curieux. D?autres dirigeants MSM ne nient pas qu?il y a divergence au sein du parti? Vous n?êtes donc pas au courant qu?au moins trois élus des circonscriptions rurales ont déjà commencé à se dissocier du MMM sur le terrain ?

Je ne suis pas au courant.

Partagez-vous l?analyse, notamment celle de ces « réfractaires », selon laquelle il sera difficile de gagner les prochaines élections dans les circonscriptions rurales sans les travaillistes ?

Chacun est libre de penser ce qu?il veut. L?herbe paraît toujours plus verte qu?elle ne l?est en réalité ailleurs. Mais la réalité est que le MSM et le MMM sont partenaires et ils n?ont aucune intention de mettre fin à cette alliance. En ce qui concerne les circonscriptions rurales, nous sommes à un an des élections générales. Beaucoup seront surpris de la force du MSM en ville comme à la campagne.

Mais il ne peut y avoir de fumée sans feu. La rumeur est persistante qui veut que le Parti travailliste et le MSM se courtisent déjà?

Je n?ai rien d?autre à ajouter à ce sujet. Ceux qui prétendent que le MSM est en chute libre seront sûrement plus à même d?élaborer sur la question.

Si le MSM n?est pas en mauvaise posture comme vous le dites, pourquoi alors avez-vous perdu la partielle ?

Je crois que le MSM a souffert de ce que j?appelle une crisis of expectations. On avait fondé de trop grandes attentes sur nous. Cela est compréhensible. Le nôtre est un parti de pouvoir et nous avons une culture de résultats. Mais la conjoncture est difficile et il y a beaucoup à faire. Je pense que les gens ont été un peu déçus de ne pas voir les résultats auxquels ils s?attendaient. Avec la somme de travail à abattre, nous n?avons peut-être pas été aussi présents et à l?écoute des gens. Ils se sont sentis délaissés. Inévitablement, certaines frustrations s?expriment dans certaines circonscriptions. Mais de là à dire que le MSM est en chute libre? il ne faut pas exagérer.

Vous prétendez qu?il y a une parfaite harmonie au sein de l?équipe MSM. Pourtant, on s?y tire dans les pattes autant sinon davantage qu?ailleurs. C?est ainsi qu?Anil Bachoo n?a pas été nommé Campaign Manager pour la partielle que vous avez perdue. Pensez-vous que les résultats auraient été différents si l?harmonie dont vous parlez avait vraiment existé ?

Je ne suis pas au courant de choses qui ont été discutées quand je n?étais pas encore au parti. Du reste, la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart appartient au passé. Cela ne nous avance en rien de disserter là-dessus à présent.

Les importants changements au sein du parti et du gouvernement n?ont-ils pas influé sur la baisse de forme du MSM ?

Je ne le pense pas. Sir Anerood Jugnauth est certes à un poste non exécutif. Mais le nouveau leader occupe des fonctions importantes au gouvernement. Vous verrez, demain nous allons faire la démonstration de notre force lors de ce congrès qui lance la campagne de mobilisation pour la Fête du travail, marque le premier anniversaire du leadership de Pravind Jugnauth et qui prolonge les célébrations des 20 ans du MSM. Nous nous attendons à une très bonne mobilisation.

La restructuration du parti porte donc déjà ses fruits ?

Quand je fais le tour des branches, je me mets d?abord à l?écoute et je laisse les gens s?exprimer. Ensuite, je leur explique le message du parti. Je leur fais comprendre notre action au sein du gouvernement. Je leur explique ce que nous sommes en train de faire et où nous voulons en arriver. Les gens comprennent. Je suis pleinement satisfait de leurs réactions.

«Je n?ai pas noté d?hostilité à la ligne du parti. Même dans les discussions confidentielles, je n?ai relevé aucune fissure. il n?est pas question de changer de partenaire. Le MSM et le MMM ont un agenda commun.»

«Quand Pravind Jugnauth a pris le leadership, il m?a confié la mission de veiller à ce que ses projets soient menés à bon port. J?aime les défis et je m?engage totalement dans la tâche qui m?a été confiée.»

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