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Taï-Chi Masterdu kung-fu made in Hong-Kong
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Taï-Chi Masterdu kung-fu made in Hong-Kong
Rendons à Yuen Woo-Ping ce qui appartient à Yuen Woo-Ping. Bien avant les combats chorégraphiés de Matrix ou de Tigre et Dragon, ce brillant réalisateur hongkongais produisait d?impressionnants films de kung-fu. Sa filmographie comptait une dizaine de titres avant qu?il ne révolutionne le cinéma d?action à Hollywood avec The Matrix et ses combats exécutés en apesanteur.
Junbao et Chin Bo sont deux jeunes bonzes qui apprennent le kung-fu dans un monastère shaolin. Unis depuis leur plus tendre enfance, ils sont un jour injustement renvoyés pour avoir contesté une décision de leur maître.
Peu à peu séparés, ils se retrouvent lorsque Chin Bo est devenu soldat au service de l?eunuque gouvernant tyranniquement la région. Avide de pouvoir, celui-ci se meut en un terrible dictateur sanguinaire. Junbao, d?abord devenu fou face à la traîtrise de son ami, retrouve la raison en inventant le style de combat taï-chi. Aidé d?une rebelle locale, il mènera Chin Bo à sa perte.
L?histoire importe peu. On s?intéresse à Taï-Chi Master surtout pour ses héros bondissants. Le réalisateur organise de spectaculaires cavalcades. Le film tient tout entier dans ces performances où les acteurs défient la pesanteur et les contraintes du corps.
Yuen Woo Ping cherche à établir un pont entre les films d?arts martiaux des années 70 et un spectacle plus moderne initié par Tsui Hark et rendu possible par le perfectionnement des trucages à base de câbles. Ce sont eux qui autorisent ces fameux et «impossibles» combats en apesanteur.
Les personnages rebondissent sur la tête, s?enroulent autour de piliers sans toucher terre, et courent sur les sabres et triomphent à un contre cent. Peu importe si l?histoire ne tient pas debout : le spectacle est incroyable, manifestement faux mais parfaitement réjouissant.
Tradition du wu xia pian</B>
Baignant dans la tradition du wu xia pian, Taï-Chi Master repose sur un scénario traditionnel : la lutte à mort entre deux frères, l?arrière-plan politique chinois, la trahison et l?apprentissage d?un art. Le film se plie à la description d?un art martial méconnu, le tai-chi.
Fondé sur des préceptes contraires à l?usage guerrier des arts martiaux, le tai-chi plonge dans une redécouverte pacifique de sa force intérieure : il n?est pas question pour Junbao d?apprendre à se battre mais de retrouver l?unité avec les éléments et énergies naturelles du monde.
Les scènes d?entraînement, où l?on voit Junbao littéralement dompter le vent, l?eau ou l?air sont les plus belles du film. Viennent ensuite les séquences de combat, les plus sidérantes qu?il ait été donné à voir sur un écran. Yuen Woo-Ping déploie son génie chorégraphique.
Combats interminables, filmés comme des ballets, où les corps volent et se suspendent dans les airs, avec à chaque fois une idée supplémentaire, un petit détail qui donne à la scène un intérêt supérieur à la précédente. Ce principe du tourbillon visuel (toujours plus de forces, d?énergies, d?objets à utiliser comme purs artifices cinégéniques) fait la beauté foudroyante de ce film.
Yuen Woo-Ping a été formé par son père, célèbre acteur d?art martial, à une esthétique du geste apprise à l?Opéra de Pékin. Le réalisateur a depuis forgé un style reconnaissable entre mille : il aime jouer avec le bois, que ce soit des bâtons ou des chaises comme armes ou des échelles et des échafaudages comme lieux saugrenus de combats.
Mais Tai-Chi Master n?est pas que cela, car Jet Li, à l?instar de Jackie Chan et contrairement à Bruce Lee, est aussi un acteur subtil. Capable d?humour comme de gravité, il joue ici sur tous les registres. Son personnage traverse ici une période de folie très drôle puis évolue pour atteindre la maîtrise de soi qui lui permettra de régler son passé.
Dans ce film réalisé en 1993 se trouve l?essentiel de ce qui a généré en Occident un engouement tardif pour une forme de cinéma d?art martial à Hollywood.
<B>Un maître nommé Jet Li</B>
Li Lian-jie est né le 26 avril 1963 à Pékin. Lauréat de l?école d?athlétisme de Pékin à l?âge de huit ans, il est médaillé d?or cinq fois en compétition nationale d?arts martiaux entre 1974 et 1979. Repéré par l?industrie du cinéma de Chine Populaire qui, à l?aube des années 80 tente de redorer le blason des arts martiaux nationaux face à l?invasion des films de Hong Kong, le jeune homme participe à la trilogie du Temple de Shaolin, tournée entre 1982 et 1986, après que le temple lui-même ait été réouvert et la pratique des arts martiaux à nouveau autorisée.
Suite au succès des trois films à Hong Kong, Li tente sa chance dans la colonie britannique. Il réalise un film en 1988 (Born to Defend) et devient le Dr Wong Fei-hung, figure mythique du genre, pour le réalisateur producteur Tsui Hark dans la saga Il était une fois en Chine (1991/97). Fort d?une reconnaissance mondiale, l?acteur rebaptisé Jet Li sur le marché international est enfin appelé à Hollywood où il fait ses débuts face à Mel Gibson dans l?Arme fatale 4 (1998). Après une collaboration avec Luc Besson pour Le Baiser mortel du Dragon (2001) et un premier grand rôle dans le film de science-fiction The One (2001), Jet Li a retrouvé l?équipe de Hero de Zhang Yimou.
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