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Bush soutient Sharon sur Gaza et la Cisjordanie
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Bush soutient Sharon sur Gaza et la Cisjordanie
ROMPANT</B > avec la politique observée depuis des décennies par les Etats-Unis au Proche-Orient, le président américain George Bush a implicitement reconnu à Israël le droit de conserver des colonies de peuplement en Cisjordanie, provoquant ainsi la colère des Palestiniens.
Bush a en outre apporté son soutien au plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza que le Premier ministre israélien Ariel Sharon est venu lui exposer à Washington et il a dénié aux réfugiés palestiniens tout droit de retour dans ce qui est maintenant Israël.
?Au regard des nouvelles réalités sur le terrain, notamment les grands centres israéliens de population déjà existants, il est irréaliste de s?attendre à ce que le résultat des négociations sur le statut final comprenne un retour complet et total aux frontières de l?armistice de 1949?, a déclaré Bush lors d?une conférence de presse avec Sharon.
Dans l?entourage de Sharon, un haut responsable a souligné qu?il s?agissait d?une déclaration sans précédent. Depuis des décennies, les gouvernements américains, qu?ils soient républicains ou démocrates, ont considéré officiellement les colonies juives comme un obstacle à la paix.
<B>Appel de Koreï au Quartet</B>
Les Palestiniens avaient prévenu que tout soutien américain au maintien de colonies juives en Cisjordanie condamnerait le plan de paix international, déjà mis à mal par les violences réciproques engagées depuis le début de la seconde intifada en septembre 2000.
La ?feuille de route? prévoit l?avènement d?un Etat palestinien viable coexistant pacifiquement avec Israël.
?Bush est le premier président des Etats-Unis à offrir une légitimité aux colonies juives sur la terre palestinienne. Nous le rejetons, nous ne l?accepterons pas?, a réagi le Premier ministre palestinien, Ahmed Koreï. ?Personne au monde n?a le droit de céder les droits des Palestiniens.
?Nous appelons le Quartet (international de médiateurs) ? l?Union européenne, les Nations unies, les Etats-Unis et la Russie ? à organiser une conférence internationale sur le non-respect des droits des Palestiniens?, a-t-il ajouté.
Israël a créé quelque 120 colonies en Cisjordanie, territoire occupé lors de la Guerre des six-jours en 1967 et où vivent aujourd?hui 230 000 colons au milieu de 2,3 millions de Palestiniens. Il a aussi entouré Jérusalem de faubourgs juifs dont certains sont construits en partie en territoire occupé.
La bande de Gaza compte 1,3 million de Palestiniens pour 7 500 colons juifs.
Bush et Sharon ont procédé à un échange de communiqués et de lettres de soutien qui devraient faciliter l?adoption par le Likoud du plan de Sharon, malgré l?opposition d?une partie de la formation du Premier ministre au démantèlement des 21 colonies de Gaza et de quatre en Cisjordanie. Les militants du Likoud doivent se prononcer le 2 mai sur ce projet que Sharon entend mettre en oeuvre en cas d?échec de la ?feuille de route?.
Dans sa lettre à Bush, Sharon écrit que l?application complète de la feuille de route, qui prévoit des mesures réciproques vers la création d?un Etat palestinien d?ici 2005 ?représente le seul moyen de réaliser de véritables progrès?.
<B>Annan critique le revirement américan</B >
Mais, ajoute-t-il, ?ainsi que vous l?avez souligné, un Etat palestinien ne sera jamais créé par le terrorisme et les Palestiniens doivent engager une lutte constante contre les terroristes et démanteler leurs infrastructures?.
?Ces mesures décrites dans le plan apporteront (...) une véritable contribution à la paix?, écrit Bush dans sa lettre à Sharon.
Le ministre palestinien Saëb Erekat, chargé des négociations, a déclaré à CNN que la déclaration de Bush violait le droit international qui considère l?occupation par Israël de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et du Plateau du Golan comme provisoire, en attendant un règlement de paix définitif.
?Les Nations unies et le monde entier doivent s?élever avec fermeté contre ceci?, a-t-il dit.
Le secrétaire général de l?Onu, Kofi Annan, a reproché à Bush de ne pas tenir compte des aspirations des Palestiniens en reconnaissant implicitement les prétentions d?Israël sur une partie des implantations en Cisjordanie.
Un porte-parole de l?Onu a déclaré que le revirement américain semblait court-circuiter les négociations entre Israéliens et Palestiniens, nécessaires pour un règlement de paix définitif.
Le secrétaire général a réaffirmé sa position selon laquelle les détails non réglés dans l?accord de paix final au Proche-Orient ?doivent être fixés lors de négociations entre les parties, basées sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité?, a dit son porte-parole, Stephane Dujarric.
Sharon, artisan à la fin des années 1970 d?un plan d?extension des colonies, est à la tête d?un parti; le Likoud, qui considère la Cisjordanie comme faisant partie des territoires bibliques de Judée et de Samarie, donnés par Dieu aux Juifs.
A Damas, Khaled Mechaal, chef politique du Hamas, a déclaré que la déclaration de Bush prouvait que la résistance armée est la seule voie pour les Palestiniens.
Il a estimé dans une interview accordée par téléphone à Reuters que la politique de Bush marque la fin ?des illusions selon lesquelles il pourrait y avoir un règlement politique (israélo-palestinien) parrainé par les Etats-Unis?.
Khaled al Batch, membre du Djihad islamique, a dénoncé quant à lui une ?déclaration de guerre? contre le peuple palestinien.
?Bush et Sharon devront partager la responsabilité du nouveau cycle de guerre?, a-t-il averti.
La Maison blanche a par ailleurs annoncé la prolongation pour six mois de l?autorisation donnée à l?Organisation de libération de la Palestine de maintenir un bureau à Washington.
Elle a expliqué dans un communiqué qu?elle voulait ainsi maintenir ses liens et ses contacts avec les parties dans l?espoir de poursuivre les discussions en vue de la paix au Proche-Orient.
Jeffrey Heller
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