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ICAC : une nouvelle plainte de Bizlall à la police

15 avril 2004, 20:00

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L?ICAC s?embourbe davantage. Jack Bizlall s?apprête à déposer à la police, cet après-midi, une plainte concernant un haut officiel de cet organisme, pour une nouvelle affaire.

Lors d?une rencontre prévue à 14 h 30 avec l?assistant-surintendant de police Pritamsing Juwaheer au Central CID, Jack Bizlall compte faire une nouvelle allégation contre le grand commis qu?il a déjà impliqué avant-hier. L?affaire tourne cette fois autour d?une infraction commise sous un article du Prevention of Corruption Act qui concerne la ?gratification?.

Avant de se rendre aux casernes, le syndicaliste rencontrera le leader de l?opposition pour le ?mettre au courant des données? concernant ses allégations. ?Je considère que le président et le Premier ministre sont au courant des huit accusations que j?ai faites. Ce dernier était même à deux doigts de prendre les décisions pertinentes mais il y a eu la réticence du président?, explique Jack Bizlall. Il souhaite que Navin Ramgoolam fasse ?une analyse technique et politique? avant de prendre la décision qui s?impose.

Jack Bizlall a aussi l?intention d?adresser une lettre au commissaire adjoint de l?Icac, Moussa Taujoo, la semaine prochaine pour l?exhorter à sortir de sa réserve. ?Il a trop dit pour rester tranquille.? Pour le syndicaliste il y a trop d?hypocrisie au sujet de l?Icac : ?Chacun critique et menace mais il y a ensuite un blocage qui empêche de conclure l?affaire jusqu?à sa suite logique .?

Réunion du comité parlementaire

Si le comité parlementaire de l?Icac se réunit cet après-midi, les allégations de blanchiment faites par le syndicaliste Jack Bizlall ne figurent pas sur l?agenda. Contacté hier soir, Rashid Daureeawoo, président du comité parlementaire, devait confirmer cette information.

?Officiellement je ne suis au courant de rien. La question ne sera pas débattue sauf si un des membres soulève la question.? Il a aussi émis des doutes sur les compétences du comité parlementaire pour examiner de tels cas. ?Il nous faudra examiner la loi régissant l?Icac pour voir si c?est dans nos attributions.? Plusieurs membres, contactés, ont confié qu?ils ne comptent pas mettre le dossier sur la table alors que l?opposition continue à bouder cette instance.

La commission anti-corruption a été très présente dans les discours publics des politiciens hier. Le Premier ministre, Paul Bérenger, en a parlé lors du congrès de l?alliance gouvernementale MSM-MMM à Goodlands. ?l?Icac inn fer certaines erreurs, bann grav errer, linn zigzague, linn perdi letemps, linn pietine mais la volonte pou combat la corruption est kan mem la. Li ava fini gagne so vitesse croisiere, li ena moyen.?

Lors d?une conférence de presse, donnée hier matin, le député de l?opposition, Madun Dulloo, a accusé le comité parlementaire de ne pas fournir des réponses à plusieurs questions qu?il a soulevées en tant que membre de ce comité. ?Aujourd?hui, mes doutes sur certaines mauvaises pratiques à l?Icac semblent se préciser avec les allégations de Jack Bizlall.?

?Blanchiment d?argent?

Mercredi, le syndicaliste avait déjà accusé ce grand commis de l?Etat d?être associé à une transaction qui serait liée à un blanchiment d?argent. Profitant d?un changement d?affectation, ce dernier aurait vendu sa Mercedes, vieille de trois ans, pour Rs 1,6 million alors que le véhicule était évalué à Rs 1,1 million. Selon Jack Bizlall, l?acquéreur officiel, Mme Vythilingum, serait le prête-nom de Poiniven Somoo, un pilote d?Air Mauritius. Celui-ci aurait admis au syndicaliste avoir payé en cinq tranches et à quatre reprises par des chèques au porteur (office cheques).

Pour le dénonciateur, Poiniven Somoo a été motivé par un souci de blanchir son argent. D?autant que le fisc serait à ses trousses depuis quelque temps. Alors que l?avoué Me Pazhany Rengasamy, l?avoué de Poiniven Somoo, affirme que son client n?est pas concerné par l?affaire et qu?il nie toute implication. ?La vente et la livraison ont été faites par IFRAMAC, le concessionnaire. Ni Poiniven Somoo ni sa tante Mme Vythilingum, au nom de laquelle est enregistrée la voiture en question, n?ont rencontré le haut officiel de l?Icac?, déclare l?avoué.

Pazhany Rengasamy affirme aussi que ce n?est pas son client qui a acheté la voiture, mais un membre de sa famille. ?En l?absence du propriétaire, le véhicule est à la disposition de mon client qui le garde chez lui , précise l?avoué. S?il y avait une intention de blanchiment d?argent, mon client n?aurait pas effectué des paiements par chèques.? Il précise que Poiniven Somoo, qui est de retour au pays aujourd?hui, sera à la disposition de la justice.

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