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Le calvaire des Calou

9 avril 2004, 20:00

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«Mo ti a content qui sa fois-là, la police pou faire zot travay couma bisin et nou fini mort avant zotte sorti dans prison.» La phrase lâchée par Philippe Calou résume toute sa détresse. Victime des hommes de main de Vinay Deelchand, le sexagénaire, encore traumatisé, se rappelle comme si c?était hier des coups de sabre que lui ont infligés à la tête et aux tibias, Veeren Moonsamy et Antoine Chetty le 17 janvier 2000.

Il était 6 heures moins 20. Philippe se rend sur son lieu de travail à vélo. Il entend une voix crier «Antoine, li-même ça! » et reçoit un violent coup de sabre à la tête. En face de lui, deux costauds, qu?il identifie aisément malgré les cagoules qui recouvrent leurs têtes. Antoine et Veeren lui ont rendu visite à plusieurs reprises, chez lui à Le Bouchon. Ils voulaient se renseigner sur cette portion de terrain qui s?étend jusqu?à la plage et qui appartenait à la famille Dupavillon et lui intimer l?ordre de ne plus s?en occuper. «J?étais à terre. Je saignais abondamment et suppliais Veeren de ne plus me frapper. Mo dire zotte gagne pitié.»

Fous de rage, les deux hommes, ne veulent rien entendre. Ils sont venus pour l?achever. Les coups pleuvent, cette fois sur les tibias. «Ça jour-là, mo fine trouve la mort en face. Mo dire bondié, préserve mo la vie.» A cette évocation, son épouse Lucienne, 51 ans, ne peut retenir ses larmes. Philippe poursuit son récit.

Antoine et Veeren, craignant que les cris du vieillard n?aient attiré l?attention des voisins prennent la fuite. Lucienne est vite avertie de l?agression. Elle s?attendait au pire, mais les gémissements de son époux la rassurent. Alors qu?elle souffre d?hypertension, elle réussit à le traîner sur le côté de la route, en attendant le SAMU.

A l?hôpital Jawaharlal Nehru de Rose-Belle, Philippe subira plusieurs interventions chirurgicales pour remettre en place les os brisés de ses tibias et soigner ses blessures au crâne.

Il rentre chez lui un mois plus tard et consigne une déposition au poste de police de Plaine-Magnien. «Mo fine donne zot tous détails lors Veeren et Antoine. Narien pas fine faire ziska jour ki l?ADSU vin annonce ki li fine ferme Veeren Alcatraz. »

Malgré ces arrestations, les Calou et leurs six enfants vivent dans la peur. Car bien avant et après l?agression, les partenaires et amis du notaire-caïd n?ont pas cessé de proférer des menaces contre eux. Ils ont tenté une fois de bulldozer leur maison sur laquelle on a aussi lancé de la dynamite. «Ou croire nou capave vivre tranquille?»

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