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Controverse sur les chiffres du chômage
LE PREMIER ministre remet ça : les chiffres officiels du chômage (10,2 %, soit 54 400 chômeurs) ne reflètent pas la situation de l?emploi dans le pays. Un taux que le Bureau central des statistiques (BCS) obtient en soustrayant le nombre de ceux ayant un travail en 2003 (494 900) d?une population active de 549 300. Mais, estime Paul Bérenger, c?est au nombre d?emplois créés qu?il faut mesurer le recul du chômage. Le Premier ministre joue-t-il sur les mots pour se défiler ? ou est-ce un problème de perception ?
En revanche, le pool de chômeurs se rétrécit quand il y a de nouveaux recrutements, quand des licenciés sont ré-embauchés par leur ex-employeur ou encore quand des chômeurs décident de mettre un terme à leur quête d?emploi (donc se retirent de la population active). Le BCS recense une création nette de 13 100 emplois dans les secteurs non-sucre et non-zone franche en 2003. D?autre part, l?emploi dans la zone franche et le sucre a enregistré une contraction de 5 700 et 2 600 postes respectivement.
Le BCS a recensé 8 400 nouveaux demandeurs d?emploi en 2003. Ils sont en général des jeunes qui viennent de quitter l?école, les universités et les centres de formation technique. En l?absence d?opportunités d?embauche, ils font monter le chiffre des nouveaux sans-emploi. Le départ, volontaire ou forcé, de salariés gonfle aussi ce chiffre. L?emploi a donc augmenté par 4 800 par rapport à l?année précédente mais, en même temps, 8 400 demandeurs d?emploi sont arrivés sur le marché du travail.
Crédibilité éprouvée
C?est au sein des entreprises employant moins de dix personnes que l?on recense le plus grand nombre de jobs créés. Elles ont recruté 1 500 paires de bras supplémentaires en 2003, alors que les large establishments (des unités employant dix personnes ou plus) enregistrent eux une perte de 300 postes pour la même période.
Les chiffres de l?emploi et du chômage ont récemment fait l?objet de polémique. Le gouvernement privilégie l?explication de la création d?empois. Ses opposants contestent les chiffres en question pour bien d?autres raisons. Ils estiment que la population active exclut ceux qui ont opté pour la retraite volontaire dans l?industrie sucrière. Selon l?opposition, ce sont des gens en quête d?une nouvelle embauche. Le BCS admet qu?effectivement certains des ex-salariés de l?industrie sucrière (environ 3 000) souhaitent se recycler et sont donc listés comme tels. Les autres ont décidé de décrocher pour de bon.
Les remous autour du chiffre du chômage sont de bonne guerre, mais toujours est-il que la crédibilité de l?institution qu?est le BCS est parfois mise à rude épreuve. Pourtant, la méthodologie utilisée par le bureau n?a rien de contestable tant dans le fond que dans la forme. Les données du dernier recensement de la population (il remonte à 2000) sont utilisées comme points de départ. D?autres études telles que le Multi-Purpose Household Survey (un exercice annuel), les Surveys of employment and earnings (faits en mars et septembre) et le Labour Survey (tous les cinq ans), alimentent les calculs sur la situation de l?emploi.
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