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Où en êtes vous ?

13 mars 2004, 20:00

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Les consommateurs dépriment. Voilà ce qu?on aurait tendance à conclure lorsqu?on sonde l?opinion publique sur la situation actuelle. Les prix montent tous les jours, le salaire ne suffit pas à faire contrepoids au coût de la vie, on doit se contenter de l?essentiel? l?optimisme n?est pas au coin de la rue.

Et pourtant les commerçants n?ont pas l?air de se plaindre. Leur chiffre d?affaires ne connaît pas vraiment de fluctuations et ils n?ont pas l?intention de mettre la clé sous le paillasson. Est-ce un trompe-l??il ? En tout cas, il suffit de regarder certains parkings pour constater que les gens fréquentent toujours et régulièrement les grandes et petites surfaces. Comment expliquer ce paradoxe ?

« Le mercredi, j?aime bien aller faire un petit tour dans un hypermarché qui organise une sorte de market day. On fait de bonnes affaires. Les légumes ont l?air d?être plus verts et en même temps, on a droit à des dégustations de croquettes? Mais j?achète surtout des aliments de base », explique une ménagère. « Les consommateurs n?y vont pas forcément pour acheter, certains ne font juste que se promener », affirme Chetragsing Bagratee de Ti Surface réunie. « C?est justement là qu?est le piège. En faisant une petite sortie, les gens se retrouvent en train de se payer un fast food, d?acheter des babioles alors qu?au départ, ils n?avaient pas cette intention », soutient Mosadeq Sahebdin.

En fait, hypermarchés, supermarchés, magasins, entrepreneurs et autres rivalisent d?imagination quand il s?agit d?attirer le client. On aura beau décrier la publicité, la taxer de manipulatrice, mais les consommateurs affirment qu?ils ne sont pas dupes et qu?ils ne souscrivent pas au jeu du marketing.

À voir les choses de plus près, il y a différents types de consommateurs. Il y a ceux qui restent lucides, qui évitent de faire des achats plusieurs fois par semaine et qui sont prudents dans leurs intentions d?achat, au point de ne pas emmener les enfants avec eux lorsqu?ils font les courses. Il y a ceux qui aiment se munir de beaucoup de sachets et qui consomment certains produits, comme pour afficher un statut social. Il y a enfin ceux pour qui la qualité est un facteur déterminant dans leur choix. Qu?ils consomment pour des besoins vitaux ou pour se faire plaisir, en tout cas, les consommateurs en veulent pour leur argent.

Ce que dit le baromètre

Négatif. L?indice de confiance des consommateurs mauriciens, calculé par Analysis Indian Ocean en septembre 2003 montre une tendance à la morosité, et ce depuis mai 2003. Plus de 50 % des consommateurs interviewés ont moins confiance en l?avenir. Presque 50 % des consommateurs interrogés pensent que le moment est défavorable à l?achat de biens d?équipement à cause de la perception que les prix auront tendance à augmenter.

Plus de 60 % d?entre eux considèrent que leur situation financière s?est dégradée dans les six mois précédant septembre et 52 % pensent qu?elle continuera à se dégrader dans les six prochains mois.

« Les consommateurs sont de plus en plus prudents dans leurs achats. Même ceux qui ont les moyens commencent à avoir peur. La confiance flanche, l?impression qu?il n?y aura pas de lendemain meilleur perdure », explique Nathalie Job d?Analysis.

Elle est d?avis que pour pallier le coût de la vie, les gens passent des grandes marques aux marques intermédiaires lorsqu?ils achètent certains produits.

« Quand il s?agit de certains produits courants tels que les produits d?entretien, les consommateurs sont enclins à chercher ce qui est moins cher. Quand il est question de produits qui ont une implication personnelle tels que les soins pour les cheveux, la peau, le bébé, la qualité associée à la marque reste importante. »

Le rapport d?Analysis de septembre 2003 conclut que « le Mauri-cien est encore un consommateur en attente ou en devenir ».

Il a de grandes aspirations car nous vivons dans une société de consommation, mais avec un pouvoir d?achat qui baisse. Le consommateur reste donc sur sa faim et n?arrive pas à combler ses rêves. Le baromètre de septembre montre par ailleurs que 35 % de personnes n?arrivent pas à économiser avec la conjoncture économique.

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